LA DEUXIÈME «GUERRE DU FEU»
Les incendies en Algérie sont de plus en plus récurrents, violents et meurtriers, particulièrement durant la saison estivale, dans un phénomène qualifié de deuxième « guerre du feu ».
Si 90 % de ces feux sont liés aux activités humaines, le changement climatique a engendré des incendies d'un genre nouveau, d'une grande intensité et à propagation rapide, accompagnés de tornades sèches et d'orages aggravants.
Face aux incendiaires relevant de la criminalité organisée, l'Algérie n'a pas aboli la peine de mort, appliquant un moratoire de facto depuis 1993, tandis que des spécialistes réclament l'application rapide des études existantes sur l'aménagement des territoires.
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Le Quotidien d'Oran
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Le feu a toujours attiré l’être humain et ce, depuis la nuit des temps. L’homme a, par le passé, tellement et tellement souffert du froid avant de le découvrir puis de le dominer, jusqu’à en faire d’abord un outil de subsistance et de protection puis une arme de destruction. Certainement pour dé-diaboliser (ou pour s’y habituer) les feux de l’enfer promis par les textes sacrés.
Ici, le traitement psychiatrique se trouve largement recommandé, afin que les pulsions malsaines et à la limite criminelles soient éradiquées.
Les incendiaires ? Des personnes qui allument volontairement le feu ou un objet conçu pour provoquer un sinistre. Là, ce «beau monde» mérite bien plus qu’une consultation médicale, car cela relève purement et simplement de la criminalité organisée, préméditée. Mille et une raisons dont les règlements de comptes, les manipulations et les complots extérieurs. Donc aux grands maux, les grands moyens. La peine capitale ? Elle existe déjà. Exécutée ? A débattre ?* même si la gouvernance du pays a déjà décidé de la mise en application (devant concerner aussi les ravisseurs de mineurs et les auteurs de sévices sur mineurs et ne manque plus que les féminicides )
Mais tout cela va-t-il régler totalement le problème des incendies déclarés tout particulièrement en été ? Des incendies (trop) récurrents et de plus en plus violents et meurtriers.
Car, tout ceci dit, il est, par ailleurs, certainement évident que les causes principales des incendies de ce type – pour 90 % liés aux activités humaines, comme partout à travers le monde – viennent de l’inadaptation ou/et de la Méconnaissance et/ou de la mauvaise application -lorsque les mécanismes existent sur papier- des règles les plus élémentaires du respect, de l’entretien et de la protection de la nature et des environnements (campagne, forêts, montagnes, villes et villages...). Grave !
D’autant que les conditions climatiques enregistrés ces dernières années -qui ont généré des méga-feux et des méga-incendies dans bien des pays dits développés du Nord- ont grandement changé. Températures élevées, humidité au plus bas, pluies quasi-absentes, un cocktail connu de tous et pourtant encore mal évalué car…Car, le feu a «évolué». Le vent aussi. «On a, désormais, des incendies d’un genre nouveau, d’une grande intensité, avec une vitesse de propagation rapide», constate une experte en environnement et changement climatique. Selon elle, cette évolution s’accompagne de phénomènes naturels qui n’avaient pas été observés auparavant, notamment les tornades sèches et certains types d’orages susceptibles d’engendrer ou d’accentuer l’intensité des feux.
Conclusion: Habituellement, si la vengeance est un plat qui se mange froid, cette fois-ci, la nature, trop «violée», mais toujours indomptée, mange très «chaudement» sa vengeance. Alors que l’homme, cet animal qui ne pense plus beaucoup, est resté figé dans ses connaissances basiques sur l’aménagement des territoires (dont la forêt et les mouvements et agissements des populations), désormais obsolètes. Pourtant bien des études et des recommandations de haute facture existent menées par des spécialistes Algériens **. Faut-il encore qu’elles soient lues, toutes lues, assimilées et appliquées. Rapidement, car le climat, dans sa nouvelle version ne pardonne plus.
*: Selon Me Fayçal Drioueche, avocat agréé à la Cour suprême et au Conseil d’Etat,, l’Algérie n’a pas aboli la peine de mort dans sa législation. « Les tribunaux algériens prononcent toujours des peines de mort. L’Algérie a suspendu l’exécution de cette peine à partir de l’année 1993 mais il faut savoir que l’Algérie n’a pas adopté ou promulgué un texte de loi qui abolit la peine capitale ou un article qui interdit son exécution », détaille-t-il. L’avocat a rappelé en ce sens, qu’il a été procédé à l’arrêt effectif de l’exécution soit « un moratoire de facto ». Il a rappelé que l’Algérie a ratifié en 1989 le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, conformément à l’article 49 de la charte des Nations unies. Ce pacte, qui est entré en vigueur le 23 mars 1976, vise à promouvoir le respect universel et effectif des droits et libertés de l’homme. «L’Algérie n’a pas ratifié le deuxième protocole facultatif se rapportant au Pacte et visant à abolir la peine de mort, le Pacte lui-même n’interdit pas la peine de mort de manière absolue pour les États qui ne l’ont pas abrogée. Cependant, l’article 6, paragraphe 2, stipule qu’elle ne peut être prononcée que pour les «crimes les plus graves», tout en garantissant à toute personne condamnée à mort, en vertu du paragraphe 4 du même article, le droit de demander la grâce ou la commutation de la peine, précise-t-il, plaidant pour la nécessité de définir les crimes les plus graves dans le cadre de l’amendement.
**Jeudi matin 3 septembre, entendu à la Chaîne III (radio nationale) une magnifique intervention d’une spécialiste, le Dr Meddour Sahar Ouahiba, de l’Université M.Mammeri (T-O). A ré-écouter!