Centenaire de la naissance de Jean Sénac en Algérie : La voix de la liberté

L'Institut français d'Algérie célèbre le centenaire du poète engagé Jean Sénac (1926-1973) par une tournée culturelle dans quatre villes algériennes du 12 septembre au 8 octobre.
| Ville | Date(s) | Heure | Programme principal |
|---|---|---|---|
| Alger | Samedi 12 septembre | 16h / 17h | Projection Le Soleil assassiné puis spectacle-dialogue avec Lamis Saidi et Salah Badis |
| Annaba | Mercredi 16 septembre | 18h | Récital Poésie sur tous les fronts (Meriem Medjkane, Oussama Becissa) |
| Oran | Mardi 6 et mercredi 7 octobre | 18h | Deux jours : poésie, musique, cinéma, lectures |
| Tlemcen | Mercredi 8 octobre | 18h | Lectures chorales, instants musicaux, projections thématiques |
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Pour marquer le centenaire de la naissance de Jean Sénac, l’Institut français d’Algérie déploie une série d’événements culturels d’envergure. Cet hommage pluridisciplinaire sera célébré dans plusieurs antennes du pays.
Par Nacima Chabani
Figure emblématique de la poésie engagée, Jean Sénac a profondément marqué son époque. Aujourd’hui encore, sa voix libre et ses textes vibrants continuent de résonner intensément au cœur de la culture algérienne. Il demeure un véritable modèle d’engagement et de ferveur pour tous les amoureux des mots. La célébration de ce centenaire d’envergure nationale s’invitera à travers un parcours itinérant qui traversera quatre villes du pays : Alger, Annaba, Constantine, Oran et Tlemcen. Créations poétiques, mélodies, récitals et cinéma… Une immersion unique pour redécouvrir un patrimoine profondément algérien, autonome et fraternel, et faire résonner son message autrement. Le coup d’envoi des célébrations sera donné à Alger le samedi 12 septembre. Les festivités s’ouvriront à 16h par la projection du film dramatique Le Soleil assassiné d’Abdelkrim Bahloul (2003), retraçant le destin et l’engagement du poète.
Ce rendez-vous sera suivi à 17h par le temps fort littéraire de la journée : un spectacle-dialogue exclusif mené par la poétesse Lamis Saidi et l’écrivain-traducteur Salah Badis. Ce duo proposera un échange en derdja et arabe classique autour de lectures inédites des poèmes de l’auteur. La tournée se poursuivra à Annaba le mercredi 16 septembre dès 18h.
L’événement phare de cette soirée prendra la forme d’un récital inédit intitulé Poésie sur tous les fronts, porté par la voix de Meriem Medjkane et les notes d’oud d’Oussama Becissa, mêlant l’intensité du verbe à la musique. L’escale suivante fera vibrer Oran les mardi 6 et mercredi 7 octobre à partir de 18h. Pendant deux jours, la cité d’El Bahia se transformera en un grand carrefour artistique. Les spectateurs s’immergeront dans l’univers de l’écrivain grâce à une programmation croisant vers poétiques, interludes musicaux, séances de cinéma et lectures choisies. Ce double rendez-vous entend faire rayonner, sous le signe de la fraternité, la plume insoumise et l’ancrage profondément algérien de cette figure magistrale des lettres. Enfin, Tlemcen accueillera l’ultime étape de cet hommage national le mercredi 8 octobre à 18h. Les visiteurs y partageront un moment unique associant lectures chorales, instants musicaux et projections thématiques. Cet événement de clôture ambitionne de faire résonner une dernière fois, dans un esprit de partage et de souvenir, les mots et l’écriture rebelle de cette icône de la littérature algérienne.
Né en 1926 à Béni Saf d’une mère d’origine espagnole et de père inconnu, Jean Sénac fait le choix définitif de l’Algérie en se revendiquant comme un «Algérien d’origine européenne». Dès les années 1950, il s’engage activement pour la cause indépendantiste à travers ses écrits et entretient des correspondances majeures avec de grandes figures littéraires comme René Char et Albert Camus, avec lequel il rompra en raison de leurs divergences sur l’avenir du pays. Après l’indépendance en 1962, il s’impose comme une figure centrale de la vie culturelle algéroise en animant des émissions de radio dédiées à la jeune poésie, en fondant la Galerie 54 pour soutenir les plasticiens locaux, et en publiant une œuvre poétique puissante axée sur la liberté, la fraternité et l’édification d’une nation ouverte. Jean Sénac est mort tragiquement à Alger dans la nuit du 29 au 30 août 1973 dans sa cave de la rue Didouche Mourad. Il a laissé derrière lui héritage impérissable l’empreinte d’un artiste libre, artisan du beau et profondément dévoué à son pays.
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