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Le ministère des affaires étrangères l’a annoncé jeudi : Alger ferme la porte à Abou Dhabi

Par M. F. Gaïdi•7 min de lecture
Brifa
Le ministère des affaires étrangères l’a annoncé jeudi : Alger ferme la porte à Abou Dhabi
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L’Algérie a annoncé jeudi la rupture de ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis, après avoir épuisé toutes les voies de dialogue face à des agissements qualifiés d’hostiles.

Le ministère des Affaires étrangères a notifié la décision à l’ambassadeur émirati, lui accordant un délai de 48 heures pour quitter le territoire algérien.

Alger reproche à Abou Dhabi son soutien présumé au MAK, l’accueil de personnes recherchées par sa justice et une ingérence dans l’affaire d’extradition d’Ayoub Aïssiou depuis l’Espagne.

Parallèlement, l’espace aérien algérien est fermé aux aéronefs émiratis depuis le 11 septembre, sauf pour les vols commerciaux vers Alger maintenus jusqu’à fin 2026.

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L’Algérie a décidé de rompre ses relations diplomatiques avec les Emirats arabes unis. La décision, annoncée jeudi par le ministère des Affaires étrangères, intervient après, selon Alger, l’épuisement de «toutes les voies permettant de préserver les relations bilatérales».

Elle met fin à une relation progressivement minée par des tensions dont l’Algérie affirme avoir longtemps contenu les effets au nom de la retenue, du respect des principes régissant les relations entre Etats et de la préservation des équilibres arabes.

Le communiqué du ministère des Affaires étrangères ne laisse aucune ambiguïté sur la gravité de la situation. «Face à la multiplication des agissements provocateurs ou hostiles de la part des Emirats arabes unis, l’Algérie a fait montre d’une grande retenue et d’un sens élevé des responsabilités», souligne-t-il. Alger affirme avoir, à plusieurs reprises, appelé Abou Dhabi à mesurer les conséquences de son comportement, dans le respect des principes qui encadrent les relations entre Etats souverains.

Mais ces mises en garde n’auront pas permis d’inverser la trajectoire. «En dépit de ces nombreuses mises en garde, les Emirats arabes unis ont persisté dans leurs agissements qui ont malheureusement atteint les limites de ce qui est admissible ou tolérable dans le cadre de relations entre deux Etats souverains et ne sauraient rester sans réponse», relève le communiqué.

La formulation employée par la diplomatie algérienne situe la décision dans un processus et non dans une réaction à un épisode isolé. Alger affirme avoir privilégié la retenue, les avertissements et la recherche d’une issue permettant de préserver le cadre bilatéral. C’est après avoir considéré ces voies épuisées que le gouvernement a décidé de franchir le pas de la rupture.

«En conséquence, et après avoir épuisé toutes les voies permettant de préserver les relations bilatérales, le gouvernement algérien a pris, ce jour, la décision de procéder à la rupture des relations diplomatiques avec les Emirats arabes unis», souligne le ministère des Affaires étrangères. La notification a été faite immédiatement. L’ambassadeur des Emirats arabes unis a été reçu le même jour au siège du ministère des Affaires étrangères et officiellement informé de la décision. Un délai de 48 heures lui a été accordé pour s’y conformer.

Contentieux aux «ramifications dépassant le registre diplomatique»

La décision s’inscrit dans une nouvelle configuration bilatérale dont les contours sont désormais clairement définis par Alger. La rupture intervient sur fond d’un contentieux dont les ramifications, selon l’analyse de l’ancien ambassadeur Amar Belani, dépassent largement le seul registre diplomatique. Dans une contribution consacrée à cette décision, il estime qu’elle constitue «l’aboutissement d’années d’agressions déguisées en diplomatie» et considère que l’Algérie a longtemps choisi de ne pas exposer publiquement l’ensemble de ses griefs, notamment pour ne pas accentuer les divisions dans le monde arabe.

Parmi les éléments qu’il met en avant figurent des ingérences qu’il qualifie d’inadmissibles dans les affaires intérieures algériennes. Il évoque notamment un soutien attribué aux «Emirats au Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), classé organisation terroriste par les autorités algériennes, ainsi que l’accueil à Abou Dhabi de personnes recherchées par la justice algérienne».

L’affaire Ayoub Aïssiou constitue, dans cette lecture, un épisode particulièrement sensible. L’homme d’affaires, recherché par la justice algérienne, a été arrêté le 25 juillet dernier à l’aéroport de Barcelone-El Prat sur la base d’un mandat d’arrêt émis par les autorités judiciaires. Il a ensuite été placé en détention provisoire en Espagne dans l’attente de l’examen de la demande d’extradition formulée par Alger. Quelques semaines plus tard, une ingérence flagrante est venue donner une dimension supplémentaire à cette affaire.

Selon les sources sécuritaires, les Emirats ont mobilisé en Espagne un homme d’affaires, Bentaaloub Nassir, pour tenter d’empêcher l’extradition d’Aïssiou vers l’Algérie. La même source affirme que cet intermédiaire a été chargé de «faire le forcing» auprès de relais espagnols. L’épisode est d’autant plus sensible que la procédure espagnole porte sur une demande d’extradition officiellement transmise par Alger. La justice espagnole doit déterminer les suites à donner à cette requête, indépendamment des démarches ou pressions politiques qui pourraient être rapportées autour du dossier.

L’affaire Aïssiou s’inscrit ainsi dans un contentieux plus large, tel que le décrit Amar Belani, pour lequel la question n’est plus seulement celle des relations entre deux gouvernements, mais celle d’interférences susceptibles de toucher directement au fonctionnement de la justice algérienne et à la récupération de personnes recherchées par les autorités nationales. Le 10 septembre 2026 restera ainsi comme la date de la fin officielle d’une relation que les tensions avaient progressivement vidée de sa substance. M.-F. Gaidi

Fermeture de l’espace aérien aux aéronefs civils et militaires immatriculés aux émirats

L’Algérie a décidé de fermer son espace aérien, à partir d’hier, 11 septembre 2026, à minuit, à l’ensemble des aéronefs civils et militaires immatriculés aux Emirats arabes unis, en provenance ou à destination de ce pays, a indiqué jeudi un communiqué du ministère de la Défense nationale.
«A la suite de la rupture des relations diplomatiques entre l’Algérie et les Emirats arabes unis, l’Algérie a décidé de fermer son espace aérien, à partir
du 11 septembre 2026
à 00:00 heure, à l’ensemble des aéronefs civils et militaires immatriculés aux Emirats arabes unis, en provenance ou à destination de ce pays, à l’exception des vols commerciaux civils émiratis en provenance ou à destination de l’aéroport international Houari Boumediène d’Alger, qui seront maintenus jusqu’à la fin de l’année 2026, date de fin du contrat», précise la même source.

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