Les bases américaines sévèrement touchées

L'Iran convoque les ministres des Affaires étrangères du Golfe à Oman pour discuter de la sécurité du détroit d'Ormuz, mais Bahreïn refuse d'y participer.
Les États-Unis reconnaissent que leurs bases à Bahreïn et en Jordanie ont subi de lourds dégâts lors de frappes iraniennes récentes.
Washington accuse la Chine d'avoir fourni à Téhéran des images satellites haute résolution ayant facilité l'attaque contre la base jordanienne de Muwaffaq Salti.
L'Arabie saoudite a fermé son oléoduc Est-Ouest après une attaque de drones lancée depuis l'Irak, selon Ryad.
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Le Quotidien d'Oran
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A l’initiative de l’Iran, les ministres des Affaires étrangères des pays du Golfe se réunissent ce lundi à Oman pour discuter des questions régionales, notamment la sécurité des voies de navigation à travers le détroit d’Ormuz.
Les Etats-Unis reconnaissent que leurs bases militaires en Jordanie et à Bahreïn ont été sévèrement touchées. Des responsables américains accusent la Chine d’avoir facilité l’attaque contre la base Muwaffaq Salti en Jordanie en livrant à l’Iran des images satellites haute définition. En Arabie saoudite, l’oléoduc Est-Ouest a été fermé après une attaque de drones vendredi soir. Riyad a accusé des drones venus d’Irak.
Discussion sur la sécurité de la navigation du détroit d’Ormuz
A l’initiative de l’Iran, le Sultanat d’Oman accueillera, demain lundi, une réunion régionale des ministres des Affaires étrangères des États du Golfe dont l’Irak afin d’aborder des questions régionales, notamment la sécurité des voies de navigation dans le détroit d’Ormuz, a annoncé, vendredi, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baghaei
M. Baghaei a précisé que la réunion portera, outre les questions régionales, sur les résultats des pourparlers irano-omanais concernant l’établissement de routes maritimes sécurisées pour les navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz.
L’initiative d’organiser cette réunion est une étape importante pour promouvoir la confiance et la coopération entre les pays de la région, et pour favoriser la paix et la stabilité dans la région, sans «ingérence destructrice et source de division» d’acteurs transrégionaux, selon les termes du porte-parole rapportés par l’agence chinoise Xinhua.
Le ministère bahreïni des Affaires étrangères a annoncé hier que le Royaume «ne participera pas à la réunion ministérielle proposée sur la situation dans le détroit d’Ormuz et ne participera à aucune réunion de groupe incluant l’Iran». «Le dialogue ne peut ignorer les faits. Le Royaume a été la cible d’attaques visant ses infrastructures et ses installations civiles, dont l’une a failli provoquer une catastrophe majeure en visant un réservoir de stockage d’ammoniac», ajoute la déclaration rapportée par Al Jazeera.
Des dégâts importants dans les bases américaines en Jordanie et à Bahreïn
Un responsable américain, cité vendredi par Al Jazeera English (AJE), a reconnu que la base navale près de Manama a subi de lourds dégâts au cours des récents mois de combats contre l’Iran. «Ils ont complètement démoli [les installations de] Bahreïn», a déclaré Hung Cao, le secrétaire par intérim de la marine américaine, lors d’un entretien avec «The Epoch Times» publié mercredi.
AJE révèle que des images «provenant de sources ouvertes indiquent que la base de soutien naval (NSA) des États-Unis à Bahreïn a subi d’importants dégâts lors de frappes de représailles iraniennes». Hung Cao a également indiqué que les dégâts causés à la base avaient également affecté les opérations impliquant le porte-avions USS Abraham Lincoln, laissant l’équipage «sans port d’attache où accoster».
Des frappes iraniennes menées dans la nuit de mardi à mercredi derniers ont également touché la base aérienne Muwaffaq Salti en Jordanie, connue sous le nom de base d’Al-Azraq, endommageant plusieurs avions militaires américains. Les forces armées jordaniennes ont indiqué que 18 des 20 missiles avaient été interceptés, deux autres étant tombés dans des «zones dégagées».
Toutefois, les frappes ont tout de même endommagé plusieurs avions militaires américains, a rapporté CBS News. Un avion d’attaque A-10 Thunderbolt surnommé «Warthog» a été touché et a perdu une aile, et huit F-15 ont subi des dommages légers et ont été remis en service, a indiqué le média en citant des sources.
Le Wall Street Journal (WSJ), citant des responsables américains, rapporte qu’avant de mener l’attaque qui a coûté la vie à trois soldats américains en juillet dernier, l’Iran avait obtenu des images satellites haute résolution de la base aérienne de Muwaffaq Salti, en Jordanie, auprès de sources chinoises.
«Nous avons soulevé la question des images relatives à l’attaque du 17 juillet auprès de nos homologues chinois, et les autorités chinoises ont exigé des preuves», affirment les sources du WSJ. La Chine a systématiquement rejeté les accusations de Washington.
Ryad ferme l’oléoduc Est-Ouest après une attaque de drones
Dans un communiqué officiel, le ministère saoudien de l’Energie a indiqué que des drones en provenance d’Irak ont attaqué, dans la matinée du 10 septembre, l’oléoduc Est-Ouest dans les régions de Ryad et de Médine, faisant état de victimes et de dégâts matériels en cours de réparation. Une source officielle du ministère saoudien de l’Énergie avait auparavant indiqué que l’oléoduc avait été arrêté «par précaution», a rapporté l’AFP. L’oléoduc qui «relie Abqaiq, près du Golfe, au port de Yanbu, sur la mer Rouge», constitue depuis le début de la guerre au Moyen-Orient un «itinéraire de substitution pour acheminer du pétrole saoudien vers l’ouest», suite à la fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran.
Toujours selon l’AFP, Ryad a indiqué avoir différé toute riposte immédiate à la demande du Premier ministre irakien Ali al-Zaïdi. Baghdad a annoncé le limogeage du commandant chargé de la province méridionale de Missan, après confirmation que les attaques contre l’Arabie saoudite étaient parties d’un site situé dans cette province.