Voile en France : Chems-Eddine Hafiz dénonce la stigmatisation permanente des musulmans

Le recteur de la Grande mosquée de Paris, Chems-Eddine Hafiz, dénonce dans une tribune au Monde la stigmatisation permanente des musulmans de France par l'extrême droite et la droite.
Il qualifie de « injuste, inapplicable et anticonstitutionnelle » le projet du Rassemblement national d'amender le port du voile dans l'espace public.
Hafiz rappelle que les musulmans sont des citoyens à part entière, non des hôtes, et que la mosquée elle-même symbolise la dette de la France envers les soldats musulmans morts pour elle.
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TSA Algérie
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Le recteur de la Grande mosquée de Paris, Chems-Eddine Hafiz, s’est à nouveau exprimé sur le projet du Rassemblement national de sanctionner par une amende le port du voile dans l’espace public en France pour dénoncer la stigmatisation permanente des musulmans.
Dans une tribune publiée dans le quotidien Le Monde ce samedi 12 septembre, cet avocat honoraire a appelé à cesser de discriminer les musulmans de France, une entreprise à laquelle s’attellent, depuis des années, l’extrême droite et la droite françaises.
« Les musulmans de France ne sont pas les hôtes de la République. Ils en sont les citoyens », a-t-il dit.
Le recteur de la Grande mosquée de Paris a déjà qualifié « d’injuste, d’inapplicable et d’anticonstitutionnelle » la mesure préconisée par le RN si sa candidate Marine Le Pen accède à l’Elysée à l’issue des présidentielles de 2027. Dans le journal Le Monde, il revient à la charge, en pointant les dangers de l’interdiction du voile islamique dans l’espace public.
« Depuis 2004, les restrictions et les controverses relatives aux signes religieux se sont succédé, presque toujours avec le foulard pour point de fixation », dénonce Chems-Eddine Hafiz, qui pointe l’absence de bilan de cette politique.
Tout en affichant son opposition à la tenue d’un référendum sur le port du voile dans l’espace public, le recteur de la Grande mosquée pointe les dangers de ce qui s’apparente à un acharnement contre une partie de la population française.
Chems-Eddine Hafiz dénonce les campagnes successives contre les musulmans de France
« Il faut mesurer ce que produit cette répétition. Depuis trop longtemps, une partie de nos concitoyens musulmans semble sommée de répondre à une même question, quels que soient les mots employés pour la formuler : jusqu’où êtes-vous vraiment des nôtres ? », a-t-il déploré.
Pour lui, « cette question ne devrait plus être posée. » « Les musulmans de France ne sont pas les hôtes de la République. Ils en sont les citoyens. La France ne leur fait aucune faveur en leur reconnaissant les libertés communes ; elle demeure simplement fidèle à elle-même », a tranché Chems-Eddine Hafiz.
Le recteur de la Grande mosquée de Paris a entamé sa tribune en rappelant la symbolique de la Grande mosquée, une institution créée par la France en 1926 pour marquer sa « reconnaissance envers les soldats musulmans qui avaient combattu et étaient morts sous son drapeau. »
Dénonçant les campagnes successives contre les musulmans français, Chems-Eddine Hafiz rappelle aussi que la Grande mosquée de Paris « n’est pas née d’une revendication ». « Elle est née d’une dette de reconnaissance », a-t-il souligné en réponse à ceux qui pointent, régulièrement, les musulmans de France, comme un problème à résoudre.
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