Pour une école moderne et progressiste

Le ministère algérien de l'Éducation a annulé la réforme des programmes du secondaire annoncée fin juillet, à quelques jours de la rentrée du 21 septembre, par décision du président Tebboune en Conseil des ministres.
Cette réforme prévoyait l'abandon du tronc commun, une orientation directe vers les filières spécialisées dès la première année, ainsi que la suppression du français et de la philosophie en troisième année.
Le président Tebboune a exigé que toute réforme scolaire soit désormais discutée exclusivement en Conseil des ministres, préservant l'école de tout courant idéologique et de toute promotion médiatique précipitée.
Le ministre Mohamed Seghir Saâdaoui a présidé une conférence nationale pour appliquer ces orientations, appelant à protéger les établissements de l'extrémisme et des réformes improvisées.
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A quelques jours de la rentrée scolaire, prévue le 21 septembre, le ministère de l’Education nationale a annulé le réaménagement des programmes du secondaire qu’il avait annoncé fin juillet.
Dans un arrêté publié le 9 septembre, Mohamed Seghir Saâdaoui a annoncé l’annulation de la décision n°20 du 28 juillet 2026, portant réforme de l’enseignement secondaire ; les dispositions antérieures restant en vigueur. Les réformes menées par l’ancienne ministre Nouria Benghabrit étaient pertinentes, scientifiques, progressistes et courageuses. Loin d’être un simple ajustement administratif, l’annulation du réaménagement des programmes traduit une décision politique de fond, prise par le président Abdelmadjid Tebboune lors du dernier Conseil des ministres.
La décision annulée prévoyait une refonte en profondeur du cycle secondaire : abandon progressif du tronc commun, orientation directe vers les filières spécialisées dès la première année, redistribution de certaines matières entre les deux premières années du lycée. Dans les sciences expérimentales, le français, la philosophie et la géographie devaient disparaître en troisième année, tandis que le coefficient de l’anglais aurait été porté à 3.
C’est le français et la philosophie qui concentraient l’essentiel des coupes, suscitant de vives réactions chez les pédagogues, qui y voyaient «une décision idéologique» visant, selon certains professeurs, «à éliminer l’esprit critique chez les élèves». Le français, quant à lui, reste «un butin de guerre». Le chef de l’Etat a tranché sans ambiguïté : les établissements d’enseignement doivent être préservés de tout courant idéologique et de tout conflit politique stérile, afin que les discussions au sein du secteur demeurent purement pédagogiques. Il a exigé qu’aucune réforme touchant à l’école ne fasse l’objet d’une promotion médiatique précipitée, chaque mesure devant désormais être exclusivement discutée en Conseil des ministres. Cette orientation mérite d’être saluée pour ce qu’elle est : un choix de fond.
En recentrant la décision au niveau du Conseil des ministres, le président Tebboune impose une discipline institutionnelle salutaire : l’école n’est plus l’otage d’initiatives sectorielles mal pensées, mais l’objet d’un arbitrage réfléchi, au sommet de l’Etat. L’objectif suprême du secteur est une école moderne et ouverte, capable de former des générations dotées des connaissances scientifiques nécessaires et d’un esprit ouvert. Le ministre Mohamed Seghir Saâdaoui, qui a présidé mercredi une conférence nationale consacrée à la mise en œuvre de ces orientations, a repris à son compte la nécessité de protéger les établissements de l’extrémisme et des impasses idéologiques. Ce langage de fermeté, tenu devant l’ensemble des directeurs de l’éducation réunis en visioconférence, envoie un signal clair : l’école algérienne ne sera ni un terrain d’affrontement idéologique ni un laboratoire de réformes improvisées.
Ce cap mérite d’être salué : il fait le choix d’un secteur recentré sur les savoirs scientifiques et technologiques, condition sine qua non pour préparer les générations futures aux exigences de l’économie de la connaissance et du numérique. Il s’accompagne d’une politique linguistique volontariste, articulant l’arabe, le tamazight, l’anglais et le français, une ambition de faire de l’école algérienne un pôle moderne, ouvert sur l’universalité, sans sacrifier les repères nationaux qui en constituent le socle. En annulant des décisions mal engagées plutôt que de s’enferrer dans une défense de principe, le président Tebboune met le cap sur une école moderne et progressiste.
C’est peut-être là la leçon la plus précieuse de cet épisode : une réforme réussie n’est pas celle qu’on entreprend dans l’urgence, mais celle qu’on construit dans la sérénité, au service exclusif de l’élève et de l’avenir du pays.
Par Cherif Lahdiri
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