Le souk des troubadours / Fin d’une errance estivale…

Le chroniqueur Chahreddine Berriah met fin à sa rubrique estivale « Le souk des troubadours », publiée quotidiennement dans El Watan depuis début août, mêlant humour, critique littéraire et détente culturelle.
Pendant plus d'un mois, il a évoqué des auteurs, comédiens et metteurs en scène connus, dont Waciny Laredj et Yasmina Khadra, dans des textes teintés de fiction et d'autodérision qui ont tous été bien accueillis.
Plusieurs lecteurs lui ont suggéré de regrouper ces chroniques en un ouvrage, mais le journaliste préfère promettre le retour de cette « traversée estivale » dès l'été prochain.
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Par Chahredine Berriah
La littérature et la société, aspergées d’humour et d’autodérision, avec comme devise Ne vit pas celui qui ne rit pas de soi : voilà ce que j’ai essayé de produire, depuis la parution de cette chronique, début août, dans la rubrique C’est l’Eté.
Des pages de détente et de culture (tourisme, patrimoine…). Un accompagnement culturel et de délassement dans un contexte de fortes chaleurs, ponctuées des heurs et malheurs qui ont marqué notre Algérie. Loin de toute forfanterie, Le souk des troubadours, était aussi un exercice de style. Je m’y plaisais tout en espérant procurer du plaisir aux lecteurs qui m’ont adopté durant quasiment tout l’été. Leurs commentaires et leurs suggestions m’encourageaient à persévérer pour les «rencontrer» quotidiennement avec bonheur sur cet espace.
Durant plus d’un mois, j’ai titillé des auteurs, des comédiens et des metteurs en scène connus dans des recensions mêlant modestement la critique littéraire et l’absurde, l’insolite, parfois. Des figurants discrets, également, mais très marquants. Dans mes récits ou courtes nouvelles, -quelques uns de mes textes avaient cette forme – j’ai introduit un brin de fiction pour leur donner le goût d’une lecture d’été, au bord de la mer, sur le quai d’une gare, dans une salle d’embarquement. Ou chez soi pour ceux qui n’avaient pas le moyen de se mouvoir. Aucune de mes «cibles», à l’image de l’écrivain Waciny Laredj et Yasmina Khadra n’a mal réagi, peut-être parce qu’elles avaient saisi la substance de mes mots et le fond de ma pensée, probablement que même heurtées légèrement, certaines n’avaient pas jugé nécessaire de «m’intenter un procès», car simplement, cela ne valait pas la peine.
C’était affectueux. Et puis, il faut le souligner, il est fort possible que ces bonnes gens taquinées ignoraient complètement l’existence de cette chronique. Toujours est-il que tous les commentaires des lecteurs, des personnages «hameçonnés» aussi, ont été bienveillants. Je n’ai pas souvenance d’avoir évoqué une personnalité à laquelle ne me liait pas une relation d’amitié ou de respect. Des intellectuels qui méritent toute ma reconnaissance pour leur talent et leur patriotisme. J’ai écrit sur les gens que j’apprécie, en partant du proverbe Qui aime bien, châtie bien.
J’ai parlé de moi, beaucoup de moi, mais en vérité je parlais des autres, aussi qui se reconnaissaient dans mes histoires. J’ai parlé de mes évasions pour inspirer les autres, briser leurs appréhensions et de leur donner le goût de l’aventure.
Les faire rêver, tout court. A vrai dire, je rêvais avec eux. Les textes de la chronique avaient suscité de l’intérêt, si bien que beaucoup d’entre eux m’ont carrément suggéré de les publier dans un ouvrage. Peut-être, pourquoi pas, mais rien ne remplacerait cette «rencontre quotidienne» avec des gens que je connaissais déjà, que j’ai connus lors de cette «traversée estivale» que j’ai gagnés comme lecteurs, vite devenus de grands amis.
Le souk des troubadours, un amour d’été qui ressuscitera l’été prochain inchallah. J’aurai vieilli d’un an, mais j’aurai gagné en sagesse, j’espère. Merci pour tout…
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