Comble du cynisme, les Emirats réclament l’embargo sur les armes au Soudan

Les Émirats arabes unis ont demandé au Conseil de sécurité l'extension de l'embargo sur les armes à tout le Soudan, tout en étant accusés de soutenir activement les Forces de soutien rapide.
Un rapport de l'ONU révèle que 1 500 à 2 000 mercenaires colombiens recrutés par une société émiratie combattent aux côtés des FSR depuis une base à Nyala.
L'ancien ambassadeur auteur de la tribune dénonce une posture de « pompier-pyromane » qui place une milice criminelle au même niveau que l'État souverain.
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TSA Algérie
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TRIBUNE. Lors de la réunion du Conseil de sécurité du 11 septembre, les Émirats arabes unis ont demandé l’extension de l’embargo sur les armes à l’ensemble du Soudan. Un embargo qui, aujourd’hui, ne s’applique qu’au Darfour.
Protection des civils, aide humanitaire, fin de la guerre. Sur le papier, le discours est irréprochable. Mais qu’il vienne d’Abou Dhabi confine au cynisme pur.
Au Soudan, les Emirats jouent aux pompiers-pyromanes
Depuis le début du conflit, les Émirats arabes unis soutiennent activement la milice des Forces de soutien rapide (FSR), via des livraisons d’armes, des mercenaires et des réseaux logistiques déployés dans toute la région.
Le dernier rapport des enquêteurs de l’ONU ne laisse guère de place au doute. Il évoque entre 1 500 et 2 000 mercenaires colombiens recrutés par Global Security Services Group, une société basée aux Émirats.
Surnommés les Desert Wolves, ces mercenaires ont installé une base à Nyala dès mars 2025. Ils ont combattu aux côtés des FSR, engagé des drones, et pris part au siège puis à la chute d’El-Fasher, au Darfour.
C’est dans ce contexte, précisément, qu’Abou Dhabi, pompier-pyromane, exige aujourd’hui un embargo visant « toutes les parties » au Soudan.
La ficelle est grosse. Cette posture lui permet d’endosser le costume du défenseur de la paix, tout en se dispensant de répondre aux accusations qui le visent directement.
Le procédé touche à l’indécence. Mettre tous les belligérants dans un même sac pour mieux noyer les questions sur ses propres réseaux.
Un embargo digne de ce nom doit désigner ceux qui fournissent les armes, ceux qui les acheminent, ceux qui financent ces circuits. Si Abou Dhabi est sincère, qu’il appuie une enquête internationale sur ces réseaux.
Qu’il accepte des sanctions contre tous les fournisseurs identifiés, y compris ceux qui entretiennent des liens avec les Émirats. Qu’il accepte un contrôle international des sociétés et des circuits soupçonnés d’alimenter les FSR.
Les Emirats arabes unis nourrissent la guerre fratricide au Soudan
Même duplicité sur la transition civile. Abou Dhabi appelle de ses vœux un Soudan libéré de l’influence des parties au conflit, plaçant ainsi une milice criminelle sur le même plan que l’autorité souveraine de l’État.
Le cynisme culmine ici. Se poser en médiateur tout en étant celui qui nourrit la guerre fratricide.
Le Soudan n’a pas besoin de parrains reconvertis en médiateurs au gré des communiqués. Il a besoin que ceux qui alimentent la guerre cessent de le faire.
*Ancien Ambassadeur
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