Sondage Ifop sur les musulmans en France : les Émirats pointés du doigt

- Le sondage Ifop sur les musulmans de France, publié en novembre, provoque une vive controverse et des révélations sur son commanditaire, Global Watch Analysis via Ecran de veille, qui aurait des liens avec les services de renseignement des Émirats arabes unis (d’après Mediapart en 2023).
- Dans le débat, la droite et l’extrême droite ont utilisé les résultats pour attaquer les musulmans, tandis que la gauche dénonce une stigmatisation accrue de cette population.
- Libération a publié une enquête sur le sponsor, et des figures comme Clémence Guetté (LFI) ont accusé une ingérence étrangère, évoquant aussi des soupçons liés à Tracfin sur le député Insoumis Bilongo.
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TSA Algérie
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Les Émirats arabes unis sont pointés du doigt d’être derrière le sondage controversé de l’Ifop sur les musulmans de France qui a provoqué une vive controverse dans ce pays.
D’un côté, la droite, l’extrême droite et leurs puissants relais médiatiques qui se sont saisie de ses résultats pour s’attaquer violemment à une cette partie de la population française. De l’autre, la gauche qui a dénoncé un sondage qui stigmatise davantage les musulmans de France.
Élément de contexte qui n’est jamais mentionné au sujet de cette étude de l’@IfopOpinion : son commanditaire, la société @GWAnalysis, a des liens avec les services de renseignement des Émirats arabes unis, comme l’avait révélé @Mediapart en 2023.👇https://t.co/aAWsT1UxUL https://t.co/xyXHkINt3g
— Antton Rouget (@AnttonRouget) November 20, 2025
Qui est le commanditaire du sondage Ifop sur les musulmans ?
Dévoilés le 18 novembre, les résultats de cette étude controversée par sa méthodologie et son interprétation, ont provoqué de vifs débats en France. Dans la foulée, certains se sont intéressés aux liens de son commanditaire la revue peu connue Ecran de veille qui est la déclinaison papier de Global Watch Analysis avec les Emirats arabes unis.
« Élément de contexte qui n’est jamais mentionné au sujet de cette étude de l’Ifop : son commanditaire, la société Global Watch Analysis a des liens avec les services de renseignement des Émirats arabes unis, comme l’avait révélé Mediapart en 2023 », a écrit le journaliste Antton Rouget sur X.
Ces révélations ont provoqué un tollé à gauche. Le député Paul Vanier a dénoncé l’implication des Etats-Unis dans une opération de stigmatisation de nos compatriotes musulmans.
« L’opération de stigmatisation de nos compatriotes musulmans pilotée par Ifop et amplifiée par Le Pen et toute l’extrême droite française a été commanditée par une officine liée aux services de renseignements des Émirats », a-t-il dénoncé sur X.
Sur Mediapart, Hania Chalal, militante associative engagée sur les enjeux de justice et d’égalité et actrice du changement social, a relevé un élément intriguant : personne sur les plateaux TV où le sondage a été abandonné commenté à charge contre les musulmans ne s’est intéressé à son commanditaire. Pourtant, rappelle-t-elle, « son nom apparaît dans une fuite de données au cœur d’un dossier publié en 2023 par Mediapart et le European Investigative Collaborations (EIC) ».
« Cette enquête avait pourtant mis en lumière une vaste campagne de diffamation visant plus de 1000 personnalités et des centaines de structures musulmanes en Europe », précise encore Hani Chalal.
Les Émirats accusés d’ingérence en France
La député Clémence Guetté de La France insoumise (LFI), le parti de Jean-Luc Mélenchon, a porté de graves accusations contre les services de renseignements émiratis.
« Nous apprenons aujourd’hui qu’elle a été commanditée par une officine liée aux services de renseignement des Émirats arabes unis. Pendant combien de temps laisserons-nous des puissances étrangères répandre la désinformation et monter les Français les uns contre les autres ? », a-t-elle demandé.
Le quotidien Libération a lui publié une enquête sur la revue Ecran de veille qui a commandité le sondage qui a semé la peur et accentué la stigmatisation des musulmans en France.
Ce n’est pas la première fois que les Emirats arabes unis sont accusés d’ingérence en France.
Le 20 octobre dernier, le média d’investigation l’Informé a fait état de soupçons sur l’implication d’Abu Dhabi dans une enquête de Tracfin, l’organisme français qui traque l’argent sale, sur le député Insoumis Martens Bilongo qui a réagi en dénonçant « un scandale d’Etat » et une « ingérence étrangère ».