Une coopération économique et sécuritaire prometteuse

L'Algérie et le Mali relancent leur coopération stratégique après quinze mois de crise, marquées par des visites croisées des Premiers ministres et une rencontre entre Sifi Ghrieb et le président Assimi Goïta à Bamako.
Les deux pays privilégient le renforcement de la coordination sécuritaire pour lutter contre le terrorisme, l'extrémisme et la criminalité transfrontalière dans la région du Sahel.
Sur le plan économique, les discussions ont porté sur les atouts miniers et agricoles du Mali — or, lithium, riz, coton, mangue — ainsi que sur des projets structurants comme la route transsaharienne, le déficit énergétique et la coopération universitaire.
Une visite prochaine du général Goïta en Algérie doit sceller cette nouvelle feuille de route, saluée par les médias maliens et régionaux comme un rapprochement pragmatique fondé sur le respect mutuel.
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Le Quotidien d'Oran
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Depuis le 11 juillet, date à laquelle une crise qui aura duré quinze mois a pris fin, les deux pays se sont orientés vers un rapprochement rapide par des visites de haut niveau, notamment celle du Premier ministre malien à Alger fin août, suivie de celle du Premier ministre algérien Sifi Ghrieb à Bamako lundi dernier, posant les bases d’une nouvelle feuille de route sécuritaire et économique pour la région du Sahel.
Dans le cadre de sa visite à Bamako, M. Sifi Ghrieb a été reçu en audience par le général d’armée Assimi Goïta, président de la Transition et Chef de l’État malien, une occasion pour les deux parties de réaffirmer leur volonté de consolider leur partenariat stratégique.
Au cours d’un entretien de haut niveau, M. Sifi Ghrieb a réaffirmé l’intérêt constant d’Alger pour le renforcement des liens historiques de fraternité et de bon voisinage unissant les deux nations, ainsi que pour la promotion conjointe de la sécurité et de la stabilité dans la région du Sahel. Et, de son côté, le Président Assimi Goïta, qui a exprimé sa haute considération pour le Président Tebboune, a salué la solidarité de l’Algérie et réaffirmé la ferme volonté du Mali de poursuivre l’action commune, dans le but d’élever les relations de coopération bilatérale aux plus hauts niveaux d’excellence.
Les dirigeants des deux pays comptent traduire cette dynamique positive engagée entre Bamako et Alger dans les faits, à travers le renforcement de la coordination sécuritaire entre les deux pays, visant un objectif lié à la lutte contre le phénomène du terrorisme dans la région du Sahel, ainsi qu’à la lutte contre l’extrémisme et la criminalité transfrontalière, avec l’ambition d’œuvrer au développement des relations économiques et commerciales, en créant un environnement propice et favorable à la promotion de la coopération frontalière et au développement du continent.
Les dirigeants des deux pays sont en bonne entente quant à la nécessité d’œuvrer à faire de la région «un espace de paix affranchi de toute forme de colonialisme et de domination». La coopération économique n’est pas en reste entre les deux pays.
Lors de la séance de travail entre la délégation algérienne et la délégation malienne, les atouts économiques du Mali ont été mis en avant, dont les opportunités offertes par des secteurs comme l’or, le lithium, le riz, le coton, les services financiers, l’élevage et les agro-industries, ainsi qu’une offre exportable malienne, notamment la mangue, le sésame et l’anacarde.
Assimi Goïta attendu en Algérie
D’autres dossiers structurants ont également été abordés lors de cette séance de travail, comme la route transsaharienne et la desserte d’Air Algérie, évoquées par le ministre des Transports et des Infrastructures, le déficit énergétique du pays, soulevé par le ministre de l’Énergie, ou encore la coopération universitaire, avec un ministre de l’Enseignement supérieur désireux d’élargir aux Maliens boursiers en Algérie un partenariat de recherche renforcé.
Dans ce sillage, M. Sifi Ghrieb a proposé la création d’équipes thématiques chargées d’approfondir chacun de ces dossiers, tout en réaffirmant la disponibilité de l’Algérie à relancer la Grande Commission mixte de coopération entre les deux pays.
Et, toute cette vision de la coopération sécuritaire et économique entre les deux pays sera soumise aux deux chefs d’Etat lors d’une prochaine visite du président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, en Algérie, dont les modalités ont été conclus entre les deux les Premiers ministres des deux pays.
Notons que la visite de M. Sifi Ghrieb, lundi à Bamako, a eu un large écho dans les médias maliens qui ont accueilli favorablement la reprise du dialogue avec l’Algérie, saluant la volonté des deux pays d’aller vers une nouvelle relation fondée sur le respect mutuel et une coopération concrète dans plusieurs domaines.
Une étape de réconciliation et de relance stratégique avec Alger, selon les médias maliens, qui ont mis en avant les secteurs susceptibles de porter le nouveau partenariat, essentiellement l’économie, les investissements dans les secteurs de l’agriculture, de l’énergie, de la sécurité et bien d’autres.
De son côté, le média public malien ORTM a présenté la visite de M. Sifi Ghrieb comme une étape dans la redynamisation des relations entre deux pays liés par une histoire commune et par des intérêts sécuritaires et économiques. Alors que la presse africaine et régionale a mis l’accent sur le caractère «pragmatique» de ce nouveau rapprochement. «Sifi Ghrieb remet une couche sur le nouveau rapprochement pragmatique entre Alger et Bamako», a titré le média panafricain «Afriquinfos», qui souligne la volonté des deux voisins de faire passer leurs relations à un «niveau supérieur» en s’appuyant sur la coopération. ActuNiger a adopté une lecture plus régionale à cette visite, la présentant comme une étape destinée à «acter la réconciliation». Le média nigérien explique que ce rapprochement émane de la volonté de l’Algérie de renforcer ses relations avec les pays du Sahel. Enfin, le média russe Sputnik Africa a relevé une «redynamisation des relations fraternelles et séculaires» entre Alger et Bamako, insistant sur le caractère politique du rapprochement et sur la volonté affichée par les deux parties de renouer un dialogue direct.