Le Caire et Riyadh appellent à garantir la libre navigation

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi ont appelé, depuis Le Caire, à garantir la liberté de navigation en mer Rouge et dans le détroit de Bab el-Mandeb.
Les Houthis contrôlent désormais tout le littoral yéménite sur la mer Rouge, menaçant les exportations pétrolières saoudiennes et les revenus du canal de Suez, déjà amputés de 11 milliards de dollars selon Le Caire.
Le Conseil de sécurité de l'ONU devait se réunir sur cette crise, tandis que Riyadh a reporté une rencontre avec Téhéran, l'Iran niant toute implication dans les décisions des Houthis.
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Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi ont appelé, hier depuis Le Caire, à garantir la liberté et la sécurité de la navigation en mer Rouge, a annoncé la Présidence égyptienne, citée par l’agence AFP.
Les deux puissances régionales ont discuté de la menace que représente le contrôle des combattants yéménites anti-gouvernementaux sur le détroit de Bab el-Mandeb, une voie maritime stratégique à la fois pour l’exportation du pétrole saoudien et les flux commerciaux du canal de Suez. Mohammed ben Salmane et Abdel Fattah al-Sissi «ont souligné l’importance de garantir la liberté et la sécurité de la navigation maritime» dans les détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb, a noté la Présidence égyptienne. Le président Sissi a également réaffirmé, selon la même source, le soutien de l’Egypte aux mesures prises par l’Arabie saoudite «pour protéger sa propre sécurité et sa stabilité». Début septembre, les Houthis ont lancé une grande offensive et se sont emparés de tout le littoral yéménite donnant sur la mer Rouge, dont le détroit de Bab el-Mandeb, menaçant ainsi la circulation des pétroliers d’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole, vers les marchés asiatiques. «Sa fermeture serait catastrophique», a souligné, pour son part, le ministère qatari des Affaires étrangères. «Le monde souffre suffisamment de la fermeture du détroit d’Ormuz», par lequel transitait avant la guerre un cinquième des hydrocarbures mondiaux, «on ne peut donc pas se permettre d’ajouter Bab el-Mandeb à cette équation», a déclaré un responsable du ministère, Ibrahim al-Hashmi. Les Houthis répètent qu’il n’existe aucune menace pour la navigation dans le détroit de Bab el-Mandeb, sauf pour les navires saoudiens. Riyadh a promis de riposter avec «fermeté» après de nouvelles attaques des Houthis. En raison du blocage du détroit d’Ormuz, à l’est de l’Arabie saoudite, consécutif à la guerre entre l’Iran et les Etats-Unis, le détroit de Bab el-Mandeb est devenu ces derniers mois essentiel pour permettre à Riyadh d’exporter son pétrole.
Depuis que les Houthis ont décrété un blocus naval contre le royaume en juillet, l’Arabie saoudite dépend davantage de l’Egypte pour exporter ses hydrocarbures, principalement via l’oléoduc terrestre Sumed. Le pétrole brut est acheminé depuis le port saoudien de Yanbu, sur la mer Rouge, jusqu’à AïnSoukhna en Egypte, puis transporté par voie terrestre via cet oléoduc jusqu’à Sidi Kerir, sur la côte méditerranéenne orientale. Cependant, les attaques des Houthis ont contraint Riyadh à fermer son oléoduc Est-Ouest qui alimente le port de Yanbu.
11 milliards de dollars de pertes
Ces perturbations ont propulsé les cours mondiaux du pétrole au-delà de la barre des 100 dollars. Une perturbation du trafic maritime à hauteur de Bab el-Mandeb pourrait également entraîner de lourdes pertes pour l’Egypte. Outre les perturbations sur les exportations de pétrole saoudien par la mer Rouge à destination de l’Egypte, le ralentissement du trafic maritime dans cette zone pourrait avoir des conséquences fâcheuses sur les recettes en devises que tire Le Caire des droits de passage du canal de Suez. Les recettes générées par cette voie navigable représentent actuellement environ la moitié de ce qu’elles étaient avant que les Houthis ne commencent à attaquer des navires en 2023, au nom de la solidarité avec les Palestiniens dans le contexte de la guerre génocidaire menée par Israël à Ghaza.
Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, a déclaré la semaine dernière que les pertes subies par l’Egypte liées à la baisse de trafic dans le canal de Suez s’élevaient à 11 milliards de dollars.
Le Conseil de sécurité des Nations unies devait se réunir, hier soir, pour évoquer la situation dans le détroit de Bab el-Mandeb.
Dans ce contexte tendu, l’Arabie saoudite avait demandé le report d’une rencontre avec l’Iran, censée réunir, lundi à Oman, les pays du Golfe, selon la diplomatie iranienne, qui a assuré n’avoir rien à voir avec le conflit en cours. «L’Iran n’intervient pas dans les affaires yéménites», a affirmé le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï, affirmant que les Houthis étaient «des acteurs totalement indépendants (qui) prennent leurs décisions en fonction de leurs propres intérêts».
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