Nouvelles explosions et démolitions au Sud-Liban : Beyrouth réclame le retrait israélien et l’aide financière des pays arabes

Les forces israéliennes poursuivent leurs opérations de démolition et d’explosions contrôlées dans plusieurs villages du Sud-Liban, notamment à Kounine, Majdel Zoun, Bayada et Marjeyoun, empêchant le retour des habitants malgré la baisse d’intensité des combats.
Le Premier ministre Nawaf Salam a réclamé devant le Parlement le retrait total d’Israël et une aide arabe pour financer une reconstruction estimée entre 3 et 4 milliards de dollars, le Liban n’ayant plus les moyens d’assumer seul ce coût.
Salam a affirmé que la décision de guerre ou de paix doit relever exclusivement de l’État, dans une allusion au Hezbollah, tout en soulignant la nécessité de renforcer l’autorité de l’armée libanaise sur l’ensemble du territoire.
Parallèlement, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi s’est entretenu avec le président du Parlement Nabih Berri pour coordonner la réponse face aux violations israéliennes, réaffirmant le soutien de Téhéran à la résistance libanaise.
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Israël maintient une présence militaire dans le sud du Liban, multipliant les explosions, les démolitions et mettant les villages sous tension. Hier, Les forces d’occupation sionistes ont procédé hier à de violentes explosions dans notamment à Kounine, dans le district de Bint Jbeil, et à Majdel Zoun, dans le district de Tyr, a rapporté mardi l›agence de presse libanaise ANI. Beyrouth réclame le retrait des forces israéliennes et une aide des pays arabes pour reconstruire un pays qui n’a plus les moyens de payer seul le prix de la guerre.
A Majdel Zoun, les détonations ont été suffisamment puissantes pour être ressenties à Tyr, à plus de quinze kilomètres, jusque dans les villages environnants. A Qounine, les bombardements se sont inscrits dans une série d’opérations qui touchent régulièrement le sud du pays. A Majdel Zoun, les démolitions et destructions y sont devenues récurrentes depuis plusieurs mois. Les autorités et les médias libanais font état, presque quotidiennement, de frappes, de tirs d’artillerie ou d’opérations de destruction dans différentes zones du Sud. Dans le secteur d’Arid, à Marjeyoun, un drone israélien a par ailleurs largué une grenade assourdissante en direction d’un berger. Dans le village de Bayada, au sud de Tyr, les forces israéliennes ont détruit ce qui restait de plusieurs maisons déjà endommagées. Ces opérations s’accompagnent de démolitions, d’explosions contrôlées et de destructions d’habitations, dans des villages où les habitants cherchent pourtant à revenir. Le Sud-Liban vit ainsi dans un entre-deux qui n’a rien d’un retour à la paix. Certes, l’intensité des combats a diminué par rapport aux phases les plus meurtrières de la guerre, mais la guerre continue de s’inscrire dans le paysage. Le Premier ministre Nawaf Salam affirme que le Liban, en raison de ses ressources limitées, ne peut assumer les coûts de reconstruction liés à l’offensive israélienne contre le pays et a besoin du soutien de ses alliés arabes.
Beyrouth appelle à l’aide financière
Dans un discours prononcé devant le Parlement, Nawaf Salam a déclaré : «Le Liban a été plongé dans une guerre qu’il n’a pas choisie et qui nous a été imposée, et dont le coût s’élève entre 3 et 4 milliards de dollars. Nous nous sommes efforcés de renforcer les capacités de nos forces armées et nous collaborons avec nos partenaires arabes et internationaux afin de leur apporter davantage de soutien». Et de poursuivre : «Il n’y aura ni sécurité ni stabilité dans le pays tant que la guerre se poursuivra dans le sud ; notre objectif est le retrait d’Israël de tous nos territoires et le retour des personnes déplacées».
Pour lui, «la discipline budgétaire n’est pas une option, mais une condition de la stabilité monétaire et un rempart pour la capacité de dépense de l’Etat». Dans une pique adressée au Hezbollah, il souligne : «La décision de faire la guerre ou la paix doit relever exclusivement de la compétence de l’Etat». Le gouvernement libanais se retrouve dans une situation particulièrement difficile. Il affirme vouloir renforcer l’autorité de l’État, faire du gouvernement le seul détenteur de la décision de guerre et de paix et permettre à l’armée libanaise de jouer pleinement son rôle. Mais cette ambition se heurte à au fait qu’une partie du territoire national reste soumise à une présence militaire israélienne, tandis que l’Etat libanais manque des moyens nécessaires pour assurer seul la sécurité de la frontière et reconstruire les régions détruites. A cela s’ajoute le fait que le Liban sort à peine de plusieurs années de crise économique, après l’effondrement de son système bancaire, la dépréciation de sa monnaie et l’affaiblissement considérable de ses institutions publiques. «La taille des destructions est bien supérieure à la capacité de l’Etat à les supporter seul», a reconnu Nawaf Salam, appelant à un financement extérieur important.
La chaîne iranienne Press TV a rapporté, par ailleurs, que le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, s’est entretenu par téléphone avec le président du Parlement libanais, Nabih Berri, afin d’évoquer l’actualité régionale et la nécessité d’une coordination renforcée face à «l’agression et au bellicisme israéliens». Au cours de cet entretien, Araghchi a réaffirmé «l’attachement de l’Iran à la souveraineté et à l’intégrité territoriale du Liban», tout en soulignant le «soutien total de la République islamique à la résistance libanaise», a indiqué Press TV. En réponse, Nabih Berri a remercié l’Iran pour son soutien et a informé Araghchi de la situation dans le sud du Liban, soulignant la «responsabilité juridique et morale de la communauté internationale et des pays islamiques» de mettre fin aux «violations israéliennes et de demander des comptes aux auteurs de ces actes».
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