Guerre contre l’Iran : Le Pentagone reconnaît une «pénurie de munitions»

Un rapport de l'inspecteur général du Pentagone révèle une pénurie de munitions dans la guerre contre l'Iran, l'opération «Fureur épique» ayant coûté 33,4 milliards de dollars dont 22,3 milliards en munitions.
Le document indique qu'il faudra environ trois ans pour reconstituer les stocks de missiles avancés, contredisant les dénis répétés du Pentagone sur l'existence de pénuries.
Donald Trump a répliqué sur Truth Social en affirmant une production record d'armes sophistiquées, pendant que le rapport documente la destruction de centaines de bâtiments sur des bases américaines dans huit pays du Golfe.
La base navale de Bahreïn, hub logistique majeur, a été «complètement détruite» selon le secrétaire par intérim à la Marine, forçant un réacheminement des approvisionnements via Diego Garcia avec des cycles de 14 à 18 jours.
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Bien avant la publication du rapport de l’Inspecteur général du Pentagone, des experts US avaient alerté sur le fait «qu’il faudrait environ trois ans aux sous-traitants militaires pour reconstituer les stocks de missiles de pointe et d’intercepteurs de missiles défensifs afin de revenir aux niveaux d’avant-guerre», rapporte Associated Press.
Le ministère américain de la Défense l’avoue : l’armée américaine souffre d’une «pénurie» de munitions alors que depuis près de sept mois, les Etats-Unis sont embourbés dans une guerre contre l’Iran. Un rapport de l’Inspecteur général du Pentagone, rendu publié lundi, «estime qu’entre le 28 février et le 30 juin, l’opération «Fureur épique» contre l’Iran a coûté environ 33,4 milliards de dollars, dont 22,3 milliards dépensés uniquement en munitions tirées», indique l’AFP. «Les dépenses en munitions lors de l’opération Fureur épique ont provoqué une pénurie sur les inventaires stratégiques et révélé des goulots d’étranglement au sein des industries pour le renouvellement des munitions», révèle le rapport. Le même document assure que le Pentagone «s’efforce de rationaliser les procédures d’acquisition et les délais de production, et de constituer des stocks de matériaux, de composants et de munitions spécifiques essentiels». Cependant, l’augmentation des capacités de production nécessite «des délais de mise en oeuvre importants», insiste le rapport cité par l’AFP.L’agence américaine Associated Press (AP) précise qu’il s’agit là du «premier rapport sur l’impact de la guerre en Iran» et signale que sa publication «a été annoncée pour la première fois par NBC News».
«Le bilan officiel le plus complet»
Ce document, souligne l’agence de presse américaine, «s’appuie sur des données fournies par les organismes de contrôle des départements de la Défense et d’État, ainsi que par l’Agence américaine pour le développement international».
«Si la plupart de ces informations avaient déjà été relayées au cours des six derniers mois, le rapport de l’Inspecteur général du Pentagone constitue à ce jour le bilan officiel le plus complet des coûts du conflit en termes de vies américaines, de fonds publics et de dégâts matériels», affirme AP. Le rapport de l’Inspecteur général du Pentagone reconnaît des «lacunes en matière d’armement de pointe» et «offre un premier aperçu public des dégâts subis par les avions, les bases et les postes diplomatiques américains au Moyen-Orient», note Associated Press.
Bien avant la publication de cet inventaire critique, des experts US avaient alerté sur le fait «qu’il faudrait environ trois ans aux sous-traitants militaires pour reconstituer les stocks de missiles de pointe et d’intercepteurs de missiles défensifs afin de revenir aux niveaux d’avant-guerre», écrit AP. Mais l’administration Trump a toujours fait fi de ces alertes, et le ministère américain de la Défense lui-même était dans le déni. «Le Pentagone a démenti à plusieurs reprises les informations faisant état d’une pénurie de munitions», rappelle l’agence de presse, ajoutant que le Pentagone a régulièrement soutenu que l’armée américaine «disposait de toutes les armes nécessaires pour mener n’importe quel conflit».
Des dégâts importants dans les bases américaines
A peine le rapport de l’Inspecteur général du Pentagone rendu public, Donald Trump a aussitôt contrattaqué. Dans un message posté avant-hier sur Truth Social, le président américain a tenu à rassurer : «Je viens de recevoir un rapport indiquant que les Etats-Unis produisent actuellement davantage d’armes sophistiquées et de pointe que jamais auparavant dans notre histoire. Celles-ci sont livrées quotidiennement à nos forces au Moyen-Orient et au-delà. Nos usines du secteur de la défense fonctionnent 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, tout en construisant, en moyenne, 4 à 5 installations flambant neuves de grande envergure chacune ! L’un des principaux axes de cette production porte sur les Patriots, les systèmes THAAD (Terminal High Altitude Area Defense, un système de défense antimissile, ndlr), les Tomahawks et d’autres systèmes de missiles standard, dont nous disposons déjà en grand nombre dans nos stocks.»
Le rapport du Pentagone ne s’est pas attardé uniquement sur les capacités militaires de l’armée américaine et son manque de munitions. Il a également évoqué les pertes essuyées au niveau des bases américaines implantées dans le Golfe. «Le rapport de l’organisme de surveillance, qui couvre la période du 1er avril au 30 juin, reconnaît également que les frappes iraniennes ont endommagé et détruit des centaines de bâtiments et d’autres structures dans des bases américaines au Koweït, à Bahreïn, au Qatar, aux Émirats arabes unis, en Arabie saoudite, en Irak, à Oman et en Jordanie», explique Associated Press. Le document révèle notamment que «la base navale américaine de Bahreïn, plaque tournante logistique de la Marine dans la région, a été prise pour cible par des drones et des missiles balistiques iraniens».
Cela a obligé le Commandement central de l’armée américaine au Moyen-Orient (Centcom) à «réorienter ses lignes d’approvisionnement vers des centres alternatifs situés beaucoup plus loin, notamment Diego Garcia, une base américano-britannique qui se trouve sur une île de l’océan Indien». Il a fallu des «cycles logistiques de 14 à 18 jours» pour soutenir les opérations au Moyen-Orient, précise un passage du rapport cité par Associated Press.
AP reprend, pour une finir, une déclaration du secrétaire par intérim à la Marine, Hung Cao, qui, dans une interview accordée à The Epoch Times la semaine dernière, était obligé d’admettre que les Iraniens «ont complètement détruit (la base américaine de) Bahreïn».
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