Génocide commis dans la Bande de Ghaza : L’ONU réclame un accès pour des enquêteurs pour la «collecte de preuves»

Le haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Volker Türk dénonce la découverte de nombreux restes humains sous les décombres de Gaza et réclame l'accès d'enquêteurs internationaux pour collecter des preuves de crimes de guerre.
La Défense civile palestinienne a extrait plus de 800 corps depuis novembre et estime à plus de 8000 le nombre de disparus sous les décombres, dont une majorité de femmes et d'enfants.
Türk accuse Israël de détruire délibérément les preuves avec des engins lourds et rappelle son obligation légale de rechercher les disparus et récupérer les corps, alors que les équipes manquent de matériel.
L'OCHA signale la mort de neuf enfants et d'une femme enceinte la semaine dernière, portant le bilan total à 73 786 martyrs et 174 771 blessés depuis octobre 2023.
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Volker Türk a indiqué que «la découverte de nombreux restes humains sous les décombres de la ville de Ghaza ravive les inquiétudes concernant les crimes de guerre et autres atrocités».
Le haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, a fait, hier, des déclarations accablantes sur la situation prévalant dans la bande de Ghaza. Dans un communiqué de l’HCDH, il a entre autres révélé des faits et atrocités perpétrés par l’armée sioniste. «On exhume actuellement sur des sites pulvérisés par les attaques israéliennes les restes de ce qui semble être des familles entières. Il est déchirant de voir les pires craintes des proches des personnes disparues depuis si longtemps se confirmer seulement maintenant», a-t-il déploré. Il a également affirmé que «la récupération minutieuse d’un grand nombre de restes humains à Ghaza, principalement des enfants et des femmes, près de trois ans après que leurs maisons ont été lourdement bombardées par les forces israéliennes, ravive de graves préoccupations quant au respect du droit international et la possibilité que de graves violations, y compris des crimes de guerre, aient été commises». M. Türk a en outre exprimé ses vives inquiétudes concernant ces macabres découvertes. «Je crains que les restes retrouvés jusqu’à présent ne représentent que la partie émergée de l’iceberg. Une grande partie de Ghaza a été rasée par les bombardements israéliens ou par des opérations de démolition et de déblaiement à l’aide d’engins lourds et d’explosifs», a-t-il fait savoir.
Destruction des preuves
Ainsi, après avoir mené une guerre génocidaire contre les populations de la bande de Ghaza, l’armée sioniste sévit encore en engageant des engins lourds pour tout raser «sans aucun respect pour les morts ensevelis sous les décombres». Cette stratégie vise entre autres à effacer toute preuve qui pourrait accabler l’armée criminelle. Conscient de cet état de fait, le haut-commissaire a appelé à «préserver les preuves de violations, y compris sur les sites détruits compte tenu des procédures judiciaires en cours concernant la conduite des hostilités à Ghaza».Volker Türk a indiqué que «la découverte de nombreux restes humains sous les décombres de la ville de Ghaza ravive les inquiétudes concernant les crimes de guerre et autres atrocités». Il a en outre demandé à ce que «des enquêteurs internationaux soient autorisés à accéder à toutes les parties de Ghaza afin de contribuer à la collecte de preuves».Par ailleurs, dans le même communiqué de l’HCDH, il a été rapporté que la Défense civile palestinienne a fait état «de plus de 800 corps et autres restes humains extraits des décombres de bâtiments détruits à travers Ghaza depuis novembre. Elle estime à plus de 8000 le nombre total de personnes portées disparues sous les décombres». Pour le haut-commissaire, «tout doit être mis en œuvre pour documenter et identifier ces victimes, préserver les données médico-légales et les échantillons biologiques, consigner les lieux de sépulture et informer les familles».
La Défense civile palestinienne a également signalé qu’entre le 27 juin et le 27 août, «407 corps sous 20 bâtiments, principalement dans la ville de Ghaza, avaient été retrouvés». Parmi ces victimes, on compte 74 enfants et 106 femmes. En outre, 96 corps et des restes humains sur un site à Az Zeitoun, au sud-est de la ville de Ghaza, qui aurait été touché en novembre 2023, ont été retrouvés ce mois-ci. Parmi les personnes retrouvées, 58 étaient des enfants et 23 des femmes. Le communiqué précise que «la plupart des restes ont été récupérés les mains nues».
Enfants et femmes sous les décombres
«Ces efforts de reconstruction minutieux nous rappellent brutalement la gravité et l’ampleur des destructions survenues il y a trois ans, aggravées aujourd’hui par les souffrances et la misère prolongées engendrées par des années d’incertitude», a déclaré le haut-commissaire. Il a ajouté que «le droit des familles de connaître le sort de leurs proches ne s’arrête pas à l’identification et à une inhumation digne. Elles méritent de connaître toute la vérité». Malheureusement, même les opérations de récupération des corps ont été entravées par le refus d’Israël d’autoriser l’entrée d’engins lourds pour le déblaiement. Les équipes de la Défense civile palestinienne signalent qu’il ne leur reste «qu’une seule pelleteuse et qu’elles sont parfois contraintes de fouiller les décombres à mains nues», a déclaré à la presse à Genève Ajith Sunghay, responsable des activités du Bureau des droits de l’homme de l’ONU dans les territoires palestiniens occupés. «A ce rythme, il faudra au moins dix ans de plus, voire davantage pour achever la récupération des corps restants», a-t-il averti. De son côté, M. Türk a indiqué qu’Israël a «l’obligation claire, en vertu du droit international, de prendre toutes les mesures nécessaires pour rechercher les personnes disparues et faire le point sur leur sort, ainsi que pour rechercher, récupérer et évacuer les corps des défunts».
L’OCHA se dit préoccupé par la poursuite des agressions
Le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) s’est dit préoccupé par des informations faisant état de la mort et de la blessure de civils dans des frappes de l’armée de l’occupation sioniste ayant ciblé des zones habitées à travers la bande de Ghaza. Le Fonds des Nations unies pour l’enfance a indiqué que neuf enfants, dont deux sœurs, étaient tombés en martyrs au cours de la semaine écoulée, tandis qu’au moins 13 autres enfants ont été blessés. L’organisation onusienne a également fait état de la mort en martyrs d’une femme enceinte et de son fœtus après des tirs de l’occupation sioniste. Préoccupé par ces agressions, l’OCHA a réaffirmé «la nécessité de protéger les civils et les biens de caractère civil en toutes circonstances, y compris le personnel humanitaire, ainsi que leurs biens et leurs approvisionnements». Par ailleurs, le Bureau onusien, citant des partenaires chargés de la sûreté et de la sécurité, a rapporté que les attaques militaires sionistes se sont poursuivies dans différentes régions de la bande de Ghaza durant le week-end dernier, notamment à l’ouest de ce qui est appelé la «ligne jaune». Le bilan de l’agression sioniste contre la bande de Ghaza, depuis le 7 octobre 2023, s’est alourdi à 73 786 martyrs et 174 771 blessés, avaient indiqué lundi les autorités sanitaires palestiniennes.
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