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Spécialisation des ports : Un moyen d’améliorer les performances

Par Kamel Benelkadi•6 min de lecture
Brifa
Spécialisation des ports : Un moyen d’améliorer les performances
Résumé IA

L'Algérie lance une stratégie de spécialisation portuaire avec le port de Mostaganem comme phase pilote pour rationaliser la logistique commerciale et décongestionner les hubs maritimes.

D'importants investissements structurants sont engagés : un troisième bassin de 25 milliards de dinars pour atteindre 15 mètres de tirant d'eau et accueillir les navires Panamax, une première plateforme logistique de 3,1 milliards ajoutant 10 000 EVP de capacité, et 8 milliards pour le renouvellement des équipements de manutention.

La modernisation intègre la dématérialisation complète de la chaîne logistique via un système d'information centralisé, un guichet unique et une interconnexion entre Douanes, Sûreté nationale, Gendarmerie et autorités locales.

Cette politique vise à transformer les ports de centres de coûts subis en vecteurs d'efficience macroéconomique, réduisant le fret à la tonne, les surestaries et créant des corridors logistiques spécialisés connectés aux réseaux ferroviaire et autoroutier.

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L’orientation décidée quant à la spécialisation des infrastructures portuaires nationales marque un tournant dans l’efficience de la logistique commerciale en Algérie. Visant la rationalisation des flux de marchandises, la réduction des coûts surconsommés liés au stationnement des navires et la décongestion des hubs maritimes, cette politique s’ouvre par une phase pilote au port commercial de Mostaganem.

Ce choix repose sur une analyse précise des indicateurs de performance de l’infrastructure, caractérisés par une hausse continue du chiffre d’affaires, du volume marchandise traité et du trafic de conteneurs au cours des trois derniers exercices.
L’inspection de terrain conduite par le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, accompagné des directeurs généraux de la Sûreté nationale, Ali Badaoui, et des Douanes, Abdelhafid Bekhouche, ainsi que du wali de Mostaganem, Ahmed Boudouh, a mis en évidence les limites physiques du modèle actuel. L’opération de dragage engagée sur les premier et deuxième bassins pour atteindre une profondeur de 9 mètres s’avère insuffisante au regard des exigences du transport maritime moderne et des gains de productivité recherchés. Pour dépasser ce goulot d’étranglement, la réalisation d’un troisième bassin s’impose comme un investissement structurant prioritaire. Le dossier technique, dont les études dépassent 50% d’avancement, prévoit un investissement public prévisionnel d’environ 25 milliards de dinars et une rupture tirant d’eau/gabarit d’une profondeur portée jusqu’à 15 mètres, ouvrant l’accès aux navires de grande capacité (Panamax et Post-Panamax de 60 000 à 80 000 tonnes). L’impact économique direct est appréciable : une réduction drastique du fret maritime à la tonne grâce aux économies d’échelle et à l’augmentation de la capacité d’accueil brute de l’infrastructure. Afin d’optimiser l’évacuation et le traitement des marchandises au sein de la zone sous douane, le port a substantiellement enrichi son actif en y intégrant de nouvelles surfaces logistiques stratégiques. Dans cette perspective, la mise en service de la première plateforme logistique, concrétisée pour un montant de 3,1 milliards de dinars, constitue un levier d’action majeur. Cet aménagement accroît la capacité statique du port de 10 000 conteneurs équivalent vingt pieds (EVP) tout en permettant le stockage de 700 000 tonnes de marchandises diverses supplémentaires. Cette extension spatiale s’accompagne d’un programme de modernisation axé sur les infrastructures d’amarrage existantes. Confiée à des entreprises et des bureaux d’études nationaux, la réhabilitation des postes 6 et 7 ainsi que du quai sec participe activement au redressement des performances opérationnelles du site.

Efficience macroéconomique

Ces interventions génèrent un gain capacitaire additionnel évalué à 1400 EVP et 300 000 tonnes de fret. Enfin, la dynamique de renforcement logistique se poursuit avec les travaux engagés sur la plateforme spécialisée n°2. S’étendant sur une superficie de 5 hectares, cet espace en chantier est spécifiquement orienté vers la prise en charge de segments à forte valeur ajoutée. Il disposera d’aires aménagées pour maintenir la chaîne du froid destinées aux remorques frigorifiques, d’espaces sécurisés pour les matières sensibles et les opérations de contrôle, d’aires dédiées au transit des véhicules, tout en offrant une capacité d’entreposage complémentaire de 700 EVP. L’efficience opérationnelle du port s’appuie sur une enveloppe budgétaire de 8 milliards de dinars allouée au renouvellement et au renforcement des équipements de manutention (chariots élévateurs, distributeurs de conteneurs, ensembles électromécaniques) et à l’acquisition d’un scanner de contrôle haute performance pour accélérer les flux d’inspection.
Parallèlement au volet matériel, la modernisation intègre la dématérialisation intégrale de la chaîne logistique : mise en place d’un système d’information portuaire centralisé et d’une salle de contrôle intégrée, implantation d’un guichet unique destiné à réduire le temps de séjour des marchandises à quai et à abaisser les coûts administratifs de transaction et aménagement parallèle de la gare maritime voyageurs pour rationaliser les flux mixtes (fret/passagers).
Ce dispositif repose sur une interconnexion renforcée entre la Direction générale des Douanes, la Sûreté nationale, la Gendarmerie nationale et les autorités locales, transformant le port de Mostaganem en un pôle logistique à haute performance compétitive. La spécialisation des infrastructures portuaires à l’échelle nationale veut transformer la chaîne logistique algérienne d’un centre de coûts subis en un vecteur d’efficience macroéconomique. En effet, en mettant fin à la polyvalence systématique des ports et aux engorgements récurrents, cette politique pourra générer des retombées structurantes à plusieurs niveaux de l’économie nationale.
La réduction du coût de transport à la tonne abaisse le prix final des biens importés et améliore la compétitivité des produits nationaux. La rationalisation des flux réduit immédiatement les frais de surestaries. Chaque port spécialisé devient le pivot d’un corridor logistique spécifique, connecté au réseau ferroviaire et autoroutier national.

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