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Hocine Ouadah. Courtier en assurances«Les assureurs aiment les entreprises qui gèrent activement leurs risques»

Par Nabil H.•5 min de lecture
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Hocine Ouadah. Courtier en assurances«Les assureurs aiment les entreprises qui gèrent activement leurs risques»
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Le courtier en assurances Hocine Ouadah décrit une période de renouvellement tendue où les assureurs durcissent l'évaluation des risques tandis que les entreprises algériennes cherchent à optimiser leurs budgets.

Les principaux points de friction portent sur la réévaluation des capitaux assurés face à l'inflation, la sinistralité automobile qui fait grimper les primes, et les conditions de paiement, tandis que la perte d'exploitation et le risque cyber restent largement sous-estimés par les dirigeants.

Ouadah conseille d'anticiper les dossiers dès octobre, de mettre à jour les données d'actifs et de valoriser les mesures de prévention pour obtenir de meilleures conditions tarifaires.

Le courtier défend son rôle d'intermédiaire indépendant qui permet une mise en concurrence réelle du marché, un pouvoir de négociation accru et un accompagnement lors du règlement des sinistres.

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À l’approche de la fin de l’exercice annuel, la campagne de renouvellement des polices d’assurance bat son plein. Nous faisons le point avec Hocine Ouadah, courtier en assurances.

  • La période de renouvellement des contrats d’assurance est cruciale pour les entreprises algériennes. Quel est le climat général sur le marché national en cette fin d’année ?

Effectivement, c’est une période intense. Le marché algérien des assurances entreprises connaît actuellement une double dynamique. D’un côté, nous constatons une vigilance accrue des compagnies d’assurances sur la rentabilité de leurs portefeuilles, ce qui les rend plus strictes sur l’évaluation des risques.
De l’autre, les entreprises locales font face à des défis économiques qui les poussent à optimiser chaque centime de leur budget.
Le rôle du courtier est donc plus que jamais d’équilibrer la balance : obtenir la meilleure couverture possible au juste prix.

  • Quels sont les principaux points de friction ou de négociation lors de ces renouvellements ?

Il y en a principalement trois :
La réévaluation des capitaux assurés : avec l’inflation et la fluctuation des coûts des équipements importés ou des matières premières, beaucoup d’entreprises sous-estiment la valeur réelle de leurs actifs. En cas de sinistre, la règle proportionnelle peut faire très mal. Nous insistons pour que les entreprises déclarent des valeurs à jour. La sinistralité de l’année écoulée : une entreprise qui a connu plusieurs sinistres, notamment en flotte automobile ou en transport de marchandises voit ses primes grimper. Notre travail est de valoriser les mesures correctives qu’elle a mises en place pour rassurer l’assureur. Les conditions de paiement : la gestion de la trésorerie est une priorité pour les gestionnaires en Algérie. Nous négocions souvent des facilités ou des fractionnements de prime pour nos clients.

  • En dehors des assurances classiques Incendie, Accidents et Risques Divers, quels sont les risques souvent négligés par les patrons ?

J’en vois principalement deux aujourd’hui :
1/ la perte d’exploitation : beaucoup d’entrepreneurs pensent qu’assurer les biens suffit. Mais si l’activité s’arrête pendant six mois après un sinistre, les charges fixes continuent de tomber. L’assurance perte d’exploitation est celle qui sauve l’entreprise de la faillite dans ce cas-là. Elle est encore trop peu souscrite en Algérie.
2/ le cyber risque : Avec la numérisation accélérée des entreprises algériennes, les attaques informatiques se multiplient. Une assurance cybercriminalité devient incontournable.

  • Quels conseils pratiques donneriez-vous aux directeurs financiers et aux directeurs généraux pour aborder sereinement cette échéance ?

Mon premier conseil tient en un mot : l’anticipation. Il ne faut pas attendre le mois de décembre pour ouvrir les dossiers.
Anticiper de 2 à 3 mois : Commencez l’audit de vos contrats dès octobre.
Mettre à jour vos données : Recensez les changements majeurs de l’année (nouveaux sites, nouveaux véhicules, investissements en machines, évolution du chiffre d’affaires).
Valoriser la prévention : Si vous avez installé des systèmes anti-incendie, renforcé la cyber-sécurité ou formé vos chauffeurs, dites-le ! Les assureurs aiment les entreprises qui gèrent activement leurs risques.

  • Pourquoi une entreprise a-t-elle intérêt à passer par un courtier plutôt que de négocier directement avec sa compagnie d’assurance habituelle ?

La réponse est simple : l’indépendance. Un courtier n’est pas le salarié d’une compagnie ; il est le mandataire de l’entreprise cliente.
Je connais parfaitement les forces et les faiblesses de chaque acteur du marché algérien. En me confiant leur dossier, les entreprises bénéficient d’une mise en concurrence réelle du marché, d’un pouvoir de négociation tarifaire supérieur, et surtout, d’un gain de temps précieux. De plus, mon accompagnement continue après la signature, notamment lors de la gestion et du règlement des sinistres, qui reste le vrai juge de l’assureur.

  • Un dernier mot pour conclure…

Le marché de l’assurance en Algérie se modernise rapidement.
L’assurance ne doit plus être vue par les dirigeants comme une simple obligation administrative ou une taxe, mais comme un bouclier stratégique au service de la croissance de son entreprise.

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