«Les bailleurs de fonds ne se sont pas manifestés cette année»

Les Rencontres cinématographiques de Béjaïa, plus ancien festival de cinéma d'Algérie géré par des bénévoles, traversent une grave crise financière après le désengagement de leurs bailleurs de fonds habituels.
L'APC de Béjaïa a cessé tout financement après avoir réduit sa contribution de 5 millions à 400 000 dinars, laissant une dette de 2,5 millions de dinars de l'édition précédente.
Le ministère de la Culture a versé 3 millions, l'APW 1 million, et l'ANDA a contribué, mais le directeur Hacen Kraouche appelle à un soutien accru des institutions et entreprises locales.
Le festival, qui anime culturellement Béjaïa et ses villages pendant une semaine, risque de ne plus pouvoir fonctionner sous cette pression financière persistante.
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Pour assurer sa pérennité, cette manifestation culturelle annuelle s’appuie habituellement sur une dizaine de partenaires fidèles, parmi lesquels le ministère de la Culture et des Arts et ses démembrements locaux, l’ANDA, l’APW de Béjaïa, entre autres organes publics ainsi que des établissements hôteliers privés.
Plus ancienne manifestation cinématographique du pays et seul événement de ce genre organisé indépendamment par des bénévoles, les Rencontres cinématographiques de Béjaïa (RCB) continuent de survivre tant bien que mal. Malgré leur popularité auprès du public, des médias et leur ancrage dans le paysage culturel national, sa longévité, 21 ans déjà, cache une situation financière qui préoccupe ces organisateurs. Lors de son intervention, Hacen Kraouche, directeur des RCB, n’a pas caché son inquiétude face «au désengagement» de certains bailleurs de fonds. «Les bailleurs de fonds, grâce auxquels les RCB ont tenu aussi long temps, ne se sont pas manifestés cette année. Leur absence pèse énormément», a-t-il regretté. Cette situation laisse notamment à l’organisation une dette de 2,5 millions de dinars, contractée depuis la précédente édition. Pour le responsable, les membres de l’association qui portent l’événement à bout de bras pourraient pourtant faire davantage si les conditions financières le permettaient. «Nous sommes capables de faire beaucoup plus, si nous ne sommes pas confrontés à cette asphyxie financière», laisse-t-il entendre, appelant au soutien des partenaires institutionnels et économiques. Pour assurer sa pérennité, cette manifestation culturelle annuelle s’appuie habituellement sur une dizaine de partenaires fidèles, parmi lesquels des organismes publics, notamment le ministère de la Culture et des Arts et ses démembrements locaux, ainsi que des établissements hôteliers privés. Cette année, les organisateurs déplorent le retrait de l’APC de Béjaïa, qui était auparavant l’un des principaux bailleurs de fonds de la manifestation. «Elle apportait auparavant 5 millions de dinars chaque année, avant de réduire sa contribution à 400 000 dinars lors de l’édition 2025, puis à ne plus rien accorder cette année», regrettent-ils. L’APW de Béjaïa demeure, pour sa part, parmi les soutiens de l’événement. Hacen Kraouche constate, avec dépit, «une sorte de désintéressement vis-à-vis de la chose culturelle portée pourtant par des bénévoles». Une situation d’autant plus regrettable que les RCB contribuent, durant une semaine, à sortir Béjaïa et plusieurs de ses villages de l’inertie culturelle, en proposant projections, rencontres et échanges autour du septième art. Le directeur des RCB en appelle également aux grandes entreprises implantées dans la wilaya, les invitant à accompagner davantage les initiatives culturelles locales et à ouvrir leurs portes aux porteurs de projets. Pour lui, le mécénat et le soutien du secteur économique pourraient constituer un relais indispensable pour permettre à des manifestations indépendantes de poursuivre leur travail. En attendant que les services de la wilaya et l’APC de Béjaïa donnent suite aux demandes d’audience introduites par les organisateurs, plusieurs partenaires ont répondu présents. Le ministère de la Culture et des Arts a apporté 3 millions de dinars, l’APW de Béjaïa 1 million de dinars, tandis que l’ANDA ainsi que d’autres organismes publics et privés ont également contribué au financement de cette édition. Combien de temps encore une manifestation de cette envergure, portée essentiellement par des bénévoles, pourra-t-elle fonctionner sous la pression d’une telle fragilité financière ?
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