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France : ce que fera Ségolène Royal pour l’Algérie si elle est élue en 2027

Par Riyad Hamadi•5 min de lecture
Brifa
France : ce que fera Ségolène Royal pour l’Algérie si elle est élue en 2027
Résumé IA

Ségolène Royal a promis, lors d'une interview à AL24 News, de restituer les biens spoliés à l'Algérie — effets de l'Emir Abdelkader, archives et documents sur les essais nucléaires — si elle est élue présidente en 2027.

L'ancienne ministre, qui doit d'abord remporter la primaire socialiste le 9 octobre, juge « urgentissime » de rétablir de bonnes relations entre Paris et Alger, tout en respectant la souveraineté algérienne.

Elle dénonce une « algérophobie » devenue stratégie électorale pour certains politiques français, estimant que le monde des affaires a compris l'Algérie là où les politiques restent « figés dans un passé néocolonial ».

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Ségolène Royal n’est pas encore candidate à l’élection présidentielle française -il faudra pour cela qu’elle gagne la primaire socialiste le 9 octobre- mais elle a accepté de répondre à une question de la chaîne algérienne AL24 News concernant le premier geste qu’elle ferait pour l’Algérie si elle est élue présidente au printemps prochain.

« Le premier geste sera la restitution des biens spoliés, les effets de l’Emir Abdelkader, des archives et aussi des archives sur les essais nucléaires, et ça, je crois que ce sera fait tout de suite, très vite, bien sûr », a-t-elle promis.

La présidente de l’association France-Algérie (AFA) est constante dans ses positions. C’est en effet à ces gestes qu’elle n’a pas cessé d’appeler ces derniers mois pour sortir de la crise Algérie-France.

« C’est urgentissime de rétablir de bonnes relations », a-t-elle de nouveau plaidé, réaffirmant que la France a intérêt à s’entendre avec les autres pays de la Méditerranée, avec le Maghreb et avec l’Afrique.

« La façon dont parfois la France réactive les oppositions entre ces pays n’est pas acceptable. Même les pays du Maghreb ont intérêt à s’entendre », a-t-elle ajouté.

Selon elle, l’Algérie et la France peuvent avoir de bonnes relations sans que l’une ne s’aligne sur les positions diplomatiques de l’autre.

Ségolène Royal : « Le monde des affaires a compris l’Algérie, les politiques non »

C’est cette notion de souveraineté de l’Algérie qu’une partie de la classe politique française n’arrive pas à intégrer, déplore Ségolène Royal. Les diplomates l’ont compris, les hommes d’affaires aussi, mais pas les politiques qui pensent « trouver un fonds de commerce dans l’agressivité contre l’Algérie ».

Ils ne voient pas que « l’Algérie a beaucoup changé et qu’elle se développe économiquement, que sa jeunesse est extrêmement bien formée », dit-elle, citant l’exemple des écoliers algériens qui se distinguent aux concours de mathématiques dans le monde.

Le monde des affaires, lui, a compris que « la dégradation de la relation avec l’Algérie portait préjudice à ses partenariats » et les entrepreneurs algériens ont aussi envie de partenariat avec leurs homologues français. Mais « avec cette rupture, ils se tournent vers d’autres pays ».

« Ce n’est pas la chasse au foulard qui va faire baisser le prix de l’essence »

S’agissant des attaques contre l’Algérie, c’est l’œuvre, a souligné Mme Royal, de certains qui « continuent à remuer des relents néo-coloniaux dans un contexte où les Français ont d’autres préoccupations ». La finaliste de la présidentielle de 2007 a estimé que « l’algérophobie est devenue une véritable stratégie électorale pour certains acteurs politiques, qui continuent de remuer les séquelles du colonialisme, dans un contexte où les Français ont désormais bien d’autres préoccupations. »

« Ce n’est pas la chasse au foulard qui va faire baisser le prix de l’essence ou éradiquer la pédocriminalité », a-t-elle asséné.

« Ils sont restés figés dans un passé néocolonial pour grappiller quelques voix, je ne sais pas lesquelles d’ailleurs », a-t-elle ajouté.

L’ancienne ministre de l’Écologie a appuyé en affirmant que la classe politique « fait diversion », surtout celle qui a été au pouvoir et qui « n’a pas correctement géré le pays et qui doit faire face aujourd’hui à un bilan calamiteux ».

« Il y a un discours de division qui espère capitaliser des voix en faisant peur, c’est comme ça que commencent les régimes qui privent de liberté », a-t-elle fustigé.

Quant à elle, c’est la même « offre politique » qu’elle a toujours défendue qu’elle présentera aux électeurs du Parti socialiste et éventuellement aux Français, même si cela lui « coûtera des voix ». « Je n’ai aucun calcul ou arrière-pensée, aucune revanche à prendre », a assuré Ségolène Royal.

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