L’Axe Atlantique en crise face au reste du monde
L'Axe atlantique traverse une crise structurelle majeure, confronté à trois foyers insolubles — Palestine, Iran, Ukraine — où les intérêts géopolitiques antagonistes excluent toute issue négociée viable.
La France illustre l'effondrement économique occidental avec une dette dépassant 120 % du PIB, une croissance quasi nulle, un chômage à 9 % et un service de la dette supérieur au budget de l'Éducation.
La légitimité politique s'effrite partout en Europe : 84 % des Français rejettent le président, les exécutifs allemand et britannique sont fragilisés, et les alternances sans alternative menacent de rompre.
L'Union européenne, paralysée par ses divisions internes et l'absence de souveraineté stratégique, demeure un espace de confrontation plutôt qu'un acteur autonome.
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Le Quotidien d'Oran
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En vérité, ce thème est récurrent depuis la fin du XIXème siècle et encore plus depuis la fin de la Première Guerre mondiale, troublée par la naissance de l’Union soviétique et, évidemment, encore plus net après 1945, avec le début de la fin des empires coloniaux européens, couvert par l’émergence « triomphale » de la puissance américaine qui recycle à son profit toutes les conquêtes européennes depuis les Croisades et 1492.1 Dans les années 1970, le retour de l’Allemagne et du Japon, les deux vaincus de la derrière guerre, suivi après 1990 par la chute de l’URSS a fait illusion. « La fin de l’histoire » a marqué le début des histoires.
Aujourd’hui, l’Axe Atlantique a le sentiment d’être menacé de tous côtés. L’Europe et l’Amérique du Nord redécouvrent le modèle de la Cité grecque. Des « Murs » partout, érigés pour protéger des « havres de civilisation éclairée, cernés par un océan de désordres ».
Le contexte.
1.- Crises politiques internationales chroniques avec des débordements militaires à haute intensité. Trois foyers dominent l’actualité : Palestine (1948), Iran (1979), Ukraine (2004).
La principale propriété de ces crises est qu’elles paraissent ne pas admettre de solutions. Les intérêts en jeu paraissent structurellement antinomiques. Qu’est-ce à dire ?
* L’existence d’un Etat palestinien et d’Israël, pour être viables, postule et suppose qu’ils soient géométriquement et géopolitiquement convexes2. Or, ici, la convexité de l’un exclut celle de l’autre. On sait que la viabilité d’un pays en deux morceaux n’est ni pérenne ni concevable. On a vu, par exemple, ce qu’il en fut de la Prusse orientale après 1919 et ce qu’il est advenu du Pakistan après 1947. L’idée d’un pays unique avec des droits égaux pour tous est limitée par une dynamique démographique inégale, à l’avantage des Palestiniens.
Autre hypothèse : le retour à 1948 qu’Israël ne peut accepter, disposant (aujourd’hui) des moyens (militaires et géopolitiques) de récuser l’idée même de l’existence d’un Etat ou d’un peuple palestinien.
* L’Iran des mollahs, en tant que régime, est intolérable pour la puissance américaine dans cette région du monde géostratégiquement primordiale, compromettant son contrôle :
- des flux commerciaux entre l’Asie, l’Europe et le reste du monde,
- des mers, océans et détroits critiques,
- de la production et de la commercialisation d’énergie,3
- des relations entre trois continents (Asie, Europe, Afrique).
La vocation des empires est de s’interposer à leur profit entre tous les espaces de prédation.
* Les plans russe et ukrainien de résolution du conflit sont strictement orthogonaux. Ni Kiev, et encore moins Moscou, ne renoncent au Donbass, à la Crimée et à tout point de repli de leur vis-à-vis… Le plan en dix points proposé par V. Zelenski le 15 novembre 2022 au G20 réuni à Bali (Indonésie) est inacceptable pour Moscou. Inversement, le plan russe4 postule la disparition de l’actuel régime politique aux affaires à Kiev. Et c’est justement pour ne pas légitimer l’ordre né à Maïdan en 2014 que V. Poutine refuse l’idée même de croiser son homologue qui court vainement derrière un sommet.
La crise ukrainienne vue de Washington (quelles que soient les ruses et les confusions scénarisées du président américain actuel), n’a qu’un seul but originel, toujours d’actualité : la chute du régime actuel au Kremlin, avec un retour à 1990. Entre Biden et Trump il y a au mieux une différence de style, pas d’objectif fondamental.
Subalterne, l’Europe a cessé depuis longtemps d’être un acteur. Elle n’a jamais cessé d’être un espace de confrontation.
L’Union Européenne, comme espace autonome de décision, a fait illusion. Sa principale erreur est de s’être donnée des normes sans définir ses objectifs. Un vaste marché ouvert aux quatre vents, sans carte ni cap.
La situation française, à maints égards, bien que préoccupante, n’est pas unique. Elle révèle un dérèglement global qui affecte avec plus ou moins de sévérité l’ensemble des pays occidentaux, y compris l’Allemagne et le Japon, en passant par les Etats-Unis. Il ne faut pas confondre controverses domestiques et intérêts géostratégiques fondamentaux. La France subit de plein fouet toutes les contraintes (de toute nature, locales et globales, chroniques et nouvelles) qui convergent gravement pour avoir été longtemps repoussées. Sous cet angle, l’état et l’évolution de la France sont exemplaires. Tous les voyants sont au rouge.5
1.- Hausse importante du prix des hydrocarbures (du pétrole ET du gaz) et maintien de ces prix à un niveau relativement élevé, sans perspectives d’amélioration.
2.- Réchauffement climatique et sécheresse (-1% de PIB français)
3.- Baisse des taux de croissance (prévision optimiste de l’INSEE : 0.4%)
4.- Hausse prévisible du taux de chômage à près de 9% l’an prochain.
5.- Hausse (procyclique) des taux d’intérêt (+0.25%) par la Banque Centrale Européenne pour juguler une inflation interne sur les salaires (spirale) qui n’existe pas mais qui aggrave la consommation, l’investissement, l’emploi et un taux de croissance déjà handicapé par la hausse des prix de l’énergie qui rogne le pouvoir d’achat de tous.
6.- Dépassement budgétaire (>5%) et endettement élevé (>120%), bien au-delà des normes prescrites par l’Euroland (3% et 60%). La France, ayant épuisé le recours au marché financier et la patience de ses partenaires, pourrait être pénalisée par les agences de notation. Elle a perdu son triple A en janvier 2012 et Fitch lui retire son double A en septembre 2025.
7.- Il s’ensuit que le taux d’intérêt appliqué à la dette française, ne cesse de monter (à 4.5%, en septembre) alourdissant les contraintes précédentes (budget et endettement). Service de la dette supérieur à 60 Md€ et au budget de l’Education nationale (64.5 Mds€).
8.- Spread franco-allemand proche de 100 points de base (en hausse continue).
9.- La France, désindustrialisée, affiche logiquement un déficit commercial structurel.
10.- Seul le budget des armées échappe à la raison politique et économique. Il passe de 32,3 Md€ en 2017 à environ 57 Md€ en 2026, avec une trajectoire prévue vers près de 67 à 69 Md€ à l’horizon 2030. Tout se passe comme si la France s’armait jusqu’aux dents à crédit. Là non plus, elle n’est pas seule à faire la fortune des complexes militaro-industriels, unanimement défendus sur les plateaux de télévision par des généraux à la retraite et des « experts » chargés de crédibiliser une guerre que la France, ni d’ailleurs aucun autre pays européen, n’a pas les moyens d’entreprendre. Les vrais enjeux sont ailleurs.
11.- Pendant ce temps-là, les services publics au plus grand nombre : les salaires, le logement, la santé, l’éducation, les transports, l’environnement, les retraites… se dégradent.
12.- Comment s’étonner dès lors de voir s’élever et se multiplier les mécontentements et, à l’instabilité socio-économique, s’ajoute l’instabilité politique ?
Ce qui implique que 84% des français éconduisent le président et à 80% son premier ministre. Si légalement nul ne peut les chasser du pouvoir dont ils disposent constitutionnellement, leur légitimité politique est largement entamée et devrait les inviter à le quitter.
Les exécutifs sont fragilisés dans la plupart des pays européens et en particulier dans les deux principaux d’entre eux : Allemagne et France avec des exécutifs qui ont perdu la confiance de leurs citoyens.
Cette crise n’épargne pas, hors Union, la GB qui change régulièrement de Premier ministre mais, sous quelque étiquette politique qu’il se présente, demeure la plus fidèle supplétive de l’Amérique conforme au pacte signé entre Roosevelt et Churchill en août 1940.6
Ils sont menacés de ruptures qui remettraient en cause le jeu traditionnel des alternances sans alternative que les régimes européens connaissent depuis des décennies.
A ces difficultés, l’Europe ajoute des conflits d’intérêts qui paralysent leurs décisions et brouillent leur image.
L’Union à la carte. Les Européens sont divisés sur la plupart des projets sous le poids des intérêts nationaux aussi bien dans le domaine militaire, commercial, spatial, industriel… que diplomatique.7
A l’exception des Insoumis français, et sans oublier les partis de gauche de plus en plus influents (comme Die Linke par exemple en Allemagne), la plupart des partis qui se présentent au seuil du pouvoir dans ces différents pays sont classés à « l’extrême-droite ».
Il faut se méfier cependant de ces catégorisations et des qualificatifs qui leur sont appliqués. Tous, selon des modalités différentes et des discours différents, sont portés par les mêmes causes et les mêmes besoins. Mais pas toujours la même histoire ni le même credo politique.
Globalement, ils découlent d’un processus qui a été entamé au lendemain de la chute de l’ex-URSS et du triomphe sans bornes de l’ultralibéralisme au début des années 1990 qui a fait exploser les institutionnalisations et références politiques traditionnelles.
14.- Ironiquement, les ex-« pays du Club Med » semblent être en meilleure posture et sont donnés en exemple8, même si leur situation est aussi fragile et leurs libertés d’action limitées sans compter le prix payé pour se conformer aux normes prescrites. L’état de la Grèce en témoigne.
15.- Les pays « frugaux » (Allemagne, Pays-Bas, Danemark…) sont inquiets de la situation française qui se dégrade. Leurs représentants ne sont sans doute pas étrangers à la hausse récente des taux d’intérêt que la BCE a décidé ce 10 septembre.
Continueront-ils à être dissuadés par le « too big to fail » dont abusent les Français et par la peur de l’explosion de l’Union ? C’est peu probable.
Ils veilleront, quel que soit le futur président en avril 2027, à ce qu’aucune concession ne lui soit accordée. Les exécutifs français successifs depuis les 20 dernières années ont régulièrement trahi leurs engagements. Il est peu probable que Bruxelles et Francfort soient « compréhensifs » après avril 2027 et tiendront à ce que soit prescrit aux Français un Plan d’Ajustement Structurel similaire à ceux que le FMI impose aux pays « en développement ».9
Ce plan serait d’autant plus facile à mettre en œuvre que de nombreuses personnalités classées à droite (E. Philippe, par exemple) y sont favorables en prenant bien soin de ne pas le clamer haut et fort avant la prochaine élection.
Evolution géostratégique
La fin de l’Union Soviétique marque une étape décisive qui a induit en erreur. Deux imprévus vont se manifester au cours de la décennie 2010 et clairement, après.
1.- La renaissance de la Chine considérée pendant longtemps comme un simple pays-usine dont on a capturé la valeur ajoutée qui y était réalisée et profité des normes en matière salariale, sociale, fiscale, environnementale… s’affranchissant des mêmes normes en Amérique du Nord et en Europe. Cette cupidité a sous-estimé l’intelligence politique chinoise et ouvert imprudemment la porte de ce pays à l’OMC (11 décembre 2001).
Nous assistons aujourd’hui non pas à un rattrapage, mais à un tremblement de terre.
La Chine est passée en moins d’une trentaine d’années de l’état d’un pays pauvre du Tiers-Monde à, virtuellement, la première puissance économique, commerciale, financière, technologique… de la planète. On peut évoquer les dépôts de brevets, la formation d’ingénieurs, la maîtrise des technologies critiques, la production de terres rares, d’automobiles électriques… Un exemple :
PIB en PPA en milliards de dollars 10
Chine : 44 300
États-Unis : 32 380
Cette évolution met à bas tous les modèles de « rattrapage » proposés depuis les années soixante-dix aux pays « en retard » (perpétuel) désireux de se hisser à la hauteur des pays développés. Aucune parade ne peut être envisagée dans un contexte géostratégique conditionné par un armement atomique disséminé dont les effets sont impossibles à contrôler.
Entre août 1945 et août 1949, les bombes et leurs vecteurs ont définitivement scellé la porte des saloons ou des bacs à sable dans lesquels on pouvait organiser « des règlements de comptes à OK Coral ». A moins que les Dr Folamour prévoient un générique de « fin » pour tous.
Tout cela relègue la conjecture romanesque de Graham Allison en 201711, à une aimable spéculation intellectuelle. Il n’y aura pas de réédition de la « guerre du Péloponnèse ».
L’Amérique devra s’y faire, apprendre à être toisée de plus haut… et de consentir à la multilatéralité. Avec un peu de temps, elle apprendra à y venir, avec tous ses supplétifs…
2.- La Russie, le retour gradué
En mars 2000, lors d’une visite de Bill Clinton à Moscou, Vladimir Poutine avait suggéré l’idée d’une adhésion de la Russie à l’OTAN. Ce à quoi le président américain, sans doute surpris, aurait répondu poliment et positivement sur le moment.
V. Poutine souhaitait que la Russie rejoigne l’organisation en tant que « partenaire égal ». Il n’a pas pris garde au fait que l’OTAN n’est pas une organisation réunissant des « alliés » à part égale, mais un système de défense dirigé depuis sa naissance par un général américain qui ne relève que de l’autorité du président des Etats-Unis d’Amérique, pour garantir en Europe les intérêts de son pays. Tous les autres titres sont honorifiques permettant aux dirigeants européens de faire accepter leur adhésion subalterne à leurs opinions publiques.
L’idée de « codécision » dont les Français s’étaient, un temps, bercés a été observée avec une condescendance amusée par une Amérique qui ne connaît et ne reconnaît que les règles du poker. Pour codécider, il faut être de taille égale. Alors que le Général en avait été convaincu dès son séjour à Londres sous les V2, Paris, sous J. Chirac, avait cru se hisser à la hauteur de son puissant allié. Très vite, il est rentré dans le rang, le doigt sur la couture du pantalon, même après février-mars 2003. N. Sarkozy, à peine élu, n’a pas perdu de temps à s’interroger sur l’identité du maître de céans.12
* 10 février 2007. V. Poutine revient à la charge et intervient calmement, mais fermement, à la Conférence sur la sécurité à Munich, déplore l’interventionnisme des États-Unis hors de leur territoire et exprime son inquiétude face à l’expansionnisme de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord en direction des frontières de la Russie, en violation des assurances (verbalement) données à M. Gorbatchev13.
Cette intervention a été reçue que comme une sorte d’impertinence d’un pays « vaincu » qui réclame un siège auquel il ne saurait avoir droit, à une table administrée par une Amérique triomphante, pays unique d’une classe unique. La Russie devait se trouver une place parmi les très nombreux vassaux qui se bousculent dans l’antichambre de l’Empire. Le discours de V. Poutine a suscité plus une irritation qu’une réelle inquiétude.
Depuis, le discours du président russe est diversement interprété selon l’actualité et les péripéties de la vie politique occidentale. Pourtant, il ne disait rien de plus que ce qu’aujourd’hui des hommes d’Etat européens lorsqu’ils font semblant de dénoncer publiquement « l’hyperpuissance unilatérale » des Etats-Unis quand il s’agit du Groenland, des droits de douane ou des « amitiés » poutiniennes. La plupart critiquent l’insupportable comportement versatile et égoïste de D. Trump qui change d’avis au gré des circonstances et du sentiments qu’il a de ses intérêts, qui signe un accord un jour et le révoque le lendemain.
Réinitialisation.
Samedi 26 février 2022, deux jours après avoir lancé son Opération spéciale » en Ukraine, V. Poutine s’adresse « aux citoyens du monde » dans une lettre aujourd’hui oubliée qui mérite, pour la compréhension de ce qui a motivé son action et les événements qui suivent, d’être longuement citée.
« J’arrive au pouvoir dans un pays exsangue, abattu par l’humiliante défaite subie face à l’Occident, qui a non seulement réussi à disloquer l’empire qui existait depuis plus d’un demi-siècle, mais en plus, à intégrer les Républiques sœurs dans son camp. L’économie est par terre, les populations peinent à nouer les deux bouts, plus personne ne respecte les Russes, dont le Président est un alcoolique reconnu. La Fédération de Russie, en ce début de 21ème Siècle, est la pire manifestation de ce qu’est un non Etat. (…).
« Je demande donc l’adhésion de mon pays à la grande organisation militaire réunissant les pays d’Europe et d’Amérique, convaincu que dans la coopération et l’entente, nous pourrions ensemble créer un monde plus sûr et sans hégémonie nocive. Mais George Bush, Président des USA, me répond par la négative. »
« Je décide donc de redonner aux Russes le sentiment de fierté nationale qui doit être à la base de tout projet d’émancipation, et qui manque cruellement aux pays d’Afrique notamment.
« … j’ai proposé une solution toute simple, à laquelle on a déjà eu recours lors de la Guerre froide : la constitution de l’Ukraine comme Etat neutre, sur le modèle de la Finlande à l’époque. Ce qui est resté dans l’histoire comme la Finlandisation est à mon sens, une voie de sortie d’une logique implacable. »
Principaux perdants et heureux de l’être : les Européens.
Traiter les Français de « malades », serait une mauvaise querelle acceptable faite aux « mangeurs de grenouilles » si le reste de l’Europe était florissant, cohérent, paisible, stable, honnête, respectueux des valeurs qu’ils ne cessent de jeter à la tête du reste du monde. Coincés entre la subordination à l’égard de l’Amérique, après avoir avalisés la fable qu’elle les a libérés d’eux-mêmes, contractant ainsi une dette perpétuelle, et de très mauvais de calculs géoéconomiques, les Européens ne savent plus à quel saint se vouer. Il est un fait : contre leurs intérêts et ceux de leurs citoyens, ils ont « consentis ».
Entre Américains et Européens, un jeu à somme nulle. On sait qui perd et qui gagne.
- Les Européens, et notamment les Allemands, ont renoncé à une mutuelle dépendance : un gaz russe bon marché, acheminé par gazoducs, protégé par des contrats à long terme. Ils ont préféré un GNL (gaz de schiste) américain, sans égard pour l’environnement, à équiper coûteusement leurs ports et payer un prix élevé, fluctuant selon les lois du marché, en réalité selon les déclarations de D. Trump et ses initiatives militaires au Proche-Orient.
Capture d’écran, LCI, D. 13 septembre 2026.
En pourcentage, les ventes algériennes et norvégiennes ont très légèrement augmenté. Le principal changement tient au basculement Russie/Etats-Unis. Pour tenter compromettre les recettes extérieures de la Russie.14
- Outre cela, les Etats-Unis fournissent des armes payées par les Européens aux industriels américains (système PURL).
En privatisant et la guerre et en armant l’espace, les Etats-Unis se sont lancés dans une fuite en avant dangereuse.
En face, le monde se recompose, face à une Amérique qui n’abdiquera pas.
Un pas. Le 11 et le 12 septembre, les BRICS se sont réunis à New Delhi. Même si tous leurs intérêts ne sont pas conjugués, leurs différends aplanis, leur complémentarité assurée… pour la première fois, aussi générale soit leur déclaration, elle fut unanime, signée par tous. A New Delhi il y avait là la moitié de l’humanité. La moitié de la richesse mondiale et la promesse d’un avenir en gestation. Mais prenons garde aux égarements : si l’axe Moscou-Pékin est consolidé par des intérêts communs objectivement indiscutables, les liens entre et avec les autres membres des BRICS sont fragiles et ne sont garantis que par la peur d’un Occident qui trahit tous ses principes, viole son propre droit et ses propres valeurs. Ghaza en est témoin.
Le plus difficile est à construire.
Notes:
1 Inéluctable « dégénérescence », bien résumée par la synthèse dystopique du très conservateur Oswald Spengler (1918-1922) : « Le déclin de l’Occident. Esquisse d’une morphologie de l’histoire universelle ». Dernière version française en 2021 en 2 volumes chez Gallimard (526 et 1120 p.). Le travail désabusé d’un médecin légiste.
2 Un espace est dit convexe lorsque tous les points d’un segment de cet espace reliant deux points quelconques lui appartenant y sont contenus. La sphère, le cube, le cercle ou le triangle sont des espaces convexes.
3 Les Etats-Unis sont auto-suffisants en matière d’énergie. Mais veulent maintenir leur contrôle sur la production des hydrocarbures du Proche-Orient pour peser sur la sécurité de l’Europe et du Japon. C’est la raison pour laquelle est illusoire toute spéculation imprudente sur la présence américaine dans le monde. Aucun retrait de ses forces militaires n’est envisageable parce qu’il est constitutif de la domination que Washington tient à conserver sur toute la planète. « La nation indispensable » dont parlait Madeleine Albright en 1998 ou, si l’on préfère, « le patron du monde libre » la formule forgée par Harry Truman le 12 mars 1947.
4 Cf. Mémorandum russe fourni à l’Ukraine, lors des pourparlers à Istanbul, lundi 02 juin 2025. Rappelons que Boris Jonhson s’est appliqué à torpiller les germes d’accords conclus au printemps 2022 en Turquie.
5 Le 13 septembre 2026, Alexandra Föderl-Schmid n’a pas hésité à appliquer à la France le qualificatif régulièrement infligé à son pays dans la Süddeutsche Zeitung (Allemagne) en publiant un article intitulé : « Frankreich, der neue kranke Mann Europas ? » (« La France, le nouvel homme malade de l’Europe ? »).
6 Lundi 14 septembre, sur un air de décolonisation, réunis à Cardiff, Gallois, Ecossais, et Irlandais ont affirmé dans une déclaration commune : « Pour la toute première fois, l’Écosse, le Pays de Galles et l’Irlande du Nord sont dirigés par des Premiers ministres partisans de l’indépendance. (…) Westminster doit se préparer à un avenir sans le Royaume-Uni ». « Nous sommes résolument unis par le principe d’autodétermination. », a lancé l’Ecossais John Swinney. Qui se souvient de l’empire victorien sur lequel le soleil ne se couchait jamais ?
7 Exemple de la téléphonie par satellite. Au lieu d’unir leurs forces, les Européens se divisent et concluent chacun de son côté des alliances avec des partenaires américains : l’allemand Deutsche Telekom avec Starlink, le britannique Vodafone avec AST SpaceMobile, le français Orange avec Skylo. Et étant donnée l’implication militaire de ces technologies… Sans avertir aucun de ses alliés, Washington a décidé dans le cadre du programme Artemis, d’annuler en mars 2026 la principale partie du projet pour laquelle les Européens ont contribué en 2017 : Lunar Gateway. Septembre 2026 : D. Trump interdit aux patrons de l’espace américain de participer au « Sommet de l’espace » organisé à grand bruit par E. Macron à Paris. Le « sommet » sera déserté aussi par les principaux partenaires de la France. Ni Merz, ni Meloni, ni Sanchez ne daigneront y assister.
8 C’est plus particulièrement le cas du Portugal en excédent budgétaire de 0.7% en 2024 et 2025, dette sur PIB passée de 135% en 2020 à 89,7% en 2025.
9 Les objectifs de réduction des dépenses imposés par le Fonds monétaire international (FMI) aux Etats soumis aux programmes d’aide, comme l’avait été l’Algérie de Chadli après 1986, ont quadruplé depuis 2018, faisant craindre un retour aux ajustements budgétaires des années 80, qui avaient aggravé la pauvreté, a alerté jeudi 10 septembre 2026 Oxfam dans un communiqué.
10 IMF, World Economic Outlook (April 2026)
11 « Vers la guerre. L’Amérique et la Chine dans le Piège de Thucydide. » Odile Jacob, 2019,408 p.
12 La chronologie de sa reddition diligente en atteste :
Le 06 mai 2007 Sarkozy est élu président.
Le 07 novembre 2007, sans même consulter les Français, il annonce le retour des forces armées de son pays sous commandement américain dans un discours au Congrès à Washington.
Le 08 avril 2008, il essuie une motion de censure. Qu’à cela ne tienne.
Le 17 mars 2009, il finit par obtenir un vote de confiance à l’Assemblée nationale.
Les 03 et 04 avril 2009, ce retour devient effectif lors du sommet de l’OTAN à Strasbourg-Kehl.
Aucun de ceux qui lui succèderont, ni F. Hollande, ni E. Macron, ne remettent en cause ce choix. C. de Gaulle, dont la mémoire est revendiquée par tous, y compris par ceux qui avaient juré sa perte, est définitivement enterré en grande pompe.
13 Des controverses persistantes tournent autour de ces concessions accordées au président russe de l’époque. Lire avec profit : « Le piège. Helsinki et la chute du communisme », de Jacques Andréani (ambassadeur de France, acteur à Helsinki), O. Jacob, 2005, 272 p. (Cf. « La troisième corbeille, 1969-1972 » pp. 47-50.)
14 Le nouveau Premier ministre hongrois Péter Magyar a battu son prédécesseur Viktor Orbán, pour lutter contre la corruption et tourner la Hongrie vers l’Union dont il espère les 19 Md€ de fonds européens, mais n’entend pas pour autant se passer du pétrole russe moins cher et plus sécurisé (90% de la consommation de la Hongrie) qui arrive via l’oléoduc de Droujba et du gaz par le gazoduc TurkStream. C’est le cas aussi de la Slovaquie. Les grands principes s’arrêtent là où commencent les intérêts de chacun. Au grand désespoir de V. Zelenski.