Le boulevard historique de Chlef entre effervescence commerciale et perte des anciens repères

Par Ahmed Yechkour•4 min de lecture
Brifa
Le boulevard historique de Chlef entre effervescence commerciale et perte des anciens repères
Résumé IA

Le boulevard historique des Martyrs à Chlef, artère mythique reliant le centre Larbi Tebessi à la cité administrative, a perdu ses repères socioculturels d'avant le séisme de 1980 au profit d'une vocation purement commerciale.

Les anciennes générations regrettent la disparition des cafés traditionnels, du cinéma et du Monoprix, remplacés par une multitude de bazars qui font aujourd'hui le cœur économique battant du centre-ville reconstruit.

Malgré la présence d'infrastructures culturelles comme le centre Larbi Tebessi et ses annexes, un vide culturel persiste, compensé seulement par l'animation nocturne familiale autour du jardin public dont la multiplication des espaces verts devient indispensable.

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Par Ahmed Yechkour

La rue des Martyrs au centre de Chlef est l’une des artères les plus anciennes et les plus mythiques de Chlef ; elle incarne à elle seule un pan important de l’histoire de la ville et témoigne des ruptures urbaines, culturelles et architecturales de ce carrefour stratégique au centre-ouest du pays. Le boulevard, qui s’étend du centre Larbi Tebessi (un lieu culturel et sportif) jusqu’à la cité administrative, la gare ferroviaire et les autres infrastructures publiques nouvellement construites ces quatre dernières décennies.

Cependant, cette grande avenue assure une fonction exclusivement marchande et routière, car les anciens repères, tels que les cafés traditionnels conviviaux, les lieux de culture et les espaces d’animation ont carrément disparu, suite au séisme de 1980, tandis que d’autres ont subi des reconversions de leurs activités initiales, si bien que ce boulevard s’est transformé en espace commercial où grouillent une multitude de bazars et de petits commerces de détail. Mais il reste quand même le cœur battant du centre-ville qui s’est reconstruit sur lui-même après le violent tremblement de terre du 10 octobre 1980 (dont c’est le 46e anniversaire dans quelques semaines).

La rue des Martyrs est devenue un pôle commercial incontournable de la ville de Chlef, tout en restant un lieu chargé de nostalgie pour les anciennes générations qui ont connu l’avant-1980. Ces dernières déplorent néanmoins la perte des repères socioculturels d’autrefois, comme la salle de cinéma, les deux cafés mythiques transformés en commerce, le Monoprix (rasé par le séisme) et d’autres infrastructures incarnant l’ambiance et l’architecture exceptionnelle qui caractérisait l’ancien cadre bâti de la ville.

La reconstruction qui a suivi après 1980 a malheureusement tourné la page de l’ancienne configuration urbaine de cette métropole entre Alger et Oran et de son centre névralgique, privé aussi d’activités culturelles. En effet, si le centre-ville s’est métamorphosé en un pôle commercial dynamique, l’effervescence économique qui y est enregistrée, met en lumière un vide culturel persistant tout au long de l’année, malgré les infrastructures restantes et dédiées à ces activités ,comme la salle de cinéma (transformée heureusement en un lieu de formation musicale), le centre culturel et sportif Larbi Tebessi avec son imposante scène théâtrale, et les annexes culturelles du CCI.

Pourtant, le centre-ville de Chlef s’anime particulièrement en soirée, offrant une ambiance conviviale et chaleureuse. Les familles et les jeunes profitent régulièrement de ces moments pour se détendre en toute sécurité et profiter de la fraicheur nocturne grâce notamment au jardin public et aux espaces verts existants, ce qui rend leur multiplication plus qu’indispensable .

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