Instantané / Ralentisseurs ou traquenards ?

Les ralentisseurs censés sécuriser les abords d'écoles et zones urbaines sont trop souvent installés sans respecter le décret 05‑499 ni l'arrêté de 2006.
Hauteur, forme, signalisation et peinture réfléchissante font défaut, transformant ces équipements en pièges qui endommagent les véhicules et mettent en danger les conducteurs.
La commission technique présidée par le wali est interpellée pour faire appliquer les normes en vigueur.
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Installés dans le but de dissuader les chauffards et les jeunes conducteurs des deux-roues de faire dans la vitesse excessive, les ralentisseurs ou les dos-d’âne sont supposés réduire les risques d’accidents graves surtout à hauteur des établissements scolaires et dans les agglomérations.
Cela permet aussi aux personnes âgées dont le geste alerte fait défaut de traverser la chaussée sans courir le péril de se faire renverser. Des accidents de cette nature, on en a déjà vus et entendus, ici et là ou par-ci, par-là. Mais la législation en vigueur concernant la mise en place de cet équipement dans la voirie est-elle respectée ? Bien que le décret exécutif n°05-499 du 29 décembre 2005 définissant l’usage des ralentisseurs ainsi que les conditions de leur implantation, conjugué à l’arrêté ministériel du 9 avril 2006 fixant leurs caractéristiques techniques, soient très clairs, il n’est pas rare de relever l’installation des ralentisseurs à l’emporte-pièce, ce qui transforme la voirie en «traquenard» meurtrier pour les automobilistes.
Ce type d’équipement dans la voirie est dans nombre de cas loin d’obéir aux critères techniques stricts. Ni la hauteur, ni la longueur, ni la forme ne répondent trop souvent aux normes destinées à garantir la sécurité des usagers de la route. Nombre d’automobilistes se sont vu surprendre d’avoir les quatre jantes en l’air, faute d’avertisseur visuel (panneau de signalisation) et de peinture réfléchissante sur les ralentisseurs. Le soir, lorsque l’éclairage public est blafard, par endroits, le conducteur est surpris par de vilains «boudins» noirs installés de manière anarchique, ce qui peut abîmer – s’il s’en sort à bon compte bien évidemment – le bas de caisse et faire péter le pot d’échappement de son carrosse.
Les automobilistes ont beau se plaindre des dommages que subissent leurs bagnoles à cause de ces ralentisseurs placés de manière anarchique et qui, il n’est pas déplacé de dire, génèrent davantage de dégâts qu’ils sécurisent les piétons. La commission technique présidée par le wali ou son représentant et composée des directeurs des travaux publics, des transports, de l’habitat et de l’urbanisme, des représentants de la Sûreté nationale et de la Gendarmerie nationale ainsi que du président de l’Assemblée populaire communale est interpellée, une nouvelle fois, afin de veiller à ce que les normes d’installation de pareil équipement répondent à la réglementation en vigueur.
Par Farouk Baba-Hadji
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