Rentrée des classes : La bourse des ménages mise à rude épreuve

Par Farouk Baba Hadji•5 min de lecture
Brifa
Rentrée des classes : La bourse des ménages mise à rude épreuve
Résumé IA

Plus de 12 millions d'élèves font leur rentrée scolaire en Algérie, imposant aux familles des dépenses lourdes en fournitures, cartables, tabliers et vêtements.

La police a évacué les vendeurs informels des grandes artères commerçantes d'Alger, ne laissant que les boutiques fixes pour l'achat du matériel scolaire.

Un père de trois enfants témoigne débourser plus de 30 000 DA pour la rentrée, tandis qu'un sac à dos turc coûte 3 500 DA, poussant certains ménages vers des produits locaux moins onéreux.

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Au sortir d’une saison estivale caniculaire et à forte teneur hygrométrique, plus de 12 millions de potaches dont ceux qui font leur baptême du feu scolaire vont devoir rejoindre les bancs de l’école, du collège et du lycée. Pour les parents, dure est la rentrée des classes dès lors qu’ils se voient contraints de faire face aux dépenses générées par les besoins scolaires de leurs enfants, qui rejoignent les structures éducatives dans les trois cycles ou paliers.

Un ménage qui a trois ou quatre enfants scolarisés doit s’escrimer pour les outiller en kit scolaire. «Les prix flambent et nous avons une peine à répondre aux charges que requiert la rentrée des classes en matière de fournitures et de matériel didactique, sans compter les effets vestimentaires», dira en soupirant un jeune ménage, sur le perron du magasin Printemps, un espace commercial consacré à la vente de vêtements pour enfants, qui élit ses quartiers à l’entrée de la rue Bab Azzoun.

Le long de la rue Bab el Oued, Zoudj Ayoun, la voie piétonne Amar-El Kama ou encore les rues Ahmed-Bouzrina, Ali-Amar, réputées comme des voies à forte fébrilité commerciale, la circulation est fluide. Depuis presqu’une année, ces rues commerçantes, réceptacle de la ménagère notamment, sont libérées de l’emprise des petits revendeurs qui déballent sans bourse délier des ballots de produits qui s’adaptent aux besoins spécifiques et aux circonstances, comme lors des jours précédant les fêtes de l’Aïd, de la célébration du Mawlid Ennabaoui, durant le mois de Ramadhan ou encore à l’approche de la rentrée scolaire où tout un attirail d’articles scolaires est exposé.

Pour cette année, les squatters de rue n’ont pas l’aubaine de réaliser de juteux gains en étalant leurs éventaires d’articles scolaires à même le trottoir où chaque empan est investi. L’omniprésence des Tuniques bleues renseigne sur la ferme autorité publique, décidée d’agir face à ceux qui s’obstinent à réoccuper la voie publique ; des policiers en faction veillent désormais à ce qu’on désigne par fausse pudibonderie négoce informel ne reconquière plus l’espace urbain, congestionnant les artères, outre la concurrence déloyale envers les proprios de magasins physiques alentour. Sans compter évidemment le manque à gagner pour le Trésor public.

Des mamans en quête de «bonnes affaires»

Des mamans, flanquées de leur ribambelle, sillonnent les rues et arpentent les espaces commerciaux pour dénicher les «bonnes affaires», autrement dit débourser le moins possible pour des «caddies» bien garnis d’articles destinés au cursus scolaire de leurs mioches. Et ce n’est pas évident lorsqu’un père de famille se voit «invité» à débourser plus de trente mille dinars comme fournitures scolaires, cartables et tabliers pour ses trois enfants. Au détour d’un rayon d’un espace commercial bien achalandé en fournitures scolaires, le papa tient à confier : «Chaque rentrée des classes, je dois me décarcasser pour honorer les listes d’achat d’articles scolaires que me tendent mes enfants (…) Cela sans compter l’enveloppe que je dois mobiliser pour l’achat d’effets vestimentaires, outre la tenue d’écolier, bien entendu, comme le port du tablier obligatoire.» Et de renchérir plus loin sur un ton amer : «C’est la saignée, je me vois obligé, après les grandes vacances d’été de siphonner ma réserve d’argent.»

Dans un autre espace commercial dédié, lui aussi, aux articles scolaires et outils didactiques, dont le parascolaire, une dame abonde dans le même sens. «C’est cher ! Très cher même», tonne-t-elle, avant de se faire relayer par une autre femme qu’accompagnent trois mômes. «Un sac à dos d’assez bonne qualité made in Turkish ne coûte pas moins de 3500 DA, un prix qui n’est pas à la portée de toutes les bourses», fulmine-t-elle, tout en examinant le produit. Comptant et recomptant les sous qu’elle tire de sa besace, la cliente ne peut offrir cet article pour ses enfants et finit par se rabattre sur un produit local dont le tarif est visiblement accessible.
Farouk Baba-Hadji

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