France – Algérie : Macron désapprouve la méthode Retailleau

- Macron, en marge du G20 à Johannesburg, a confirmé la volonté de rapprochement avec l’Algérie après plus de 15 mois de crise, indiquant qu’un processus est en place avec des discussions techniques et des réunions ministérielles à venir.
- Il a désavoué clairement le courant anti-algérien en France, affirmant que faire de l’Algérie une question de politique domestique handicape le progrès et appelant à une approche respectueuse et exigeante.
- Il a comparé sa méthode à celle de Bruno Retailleau, saluant Laurent Nuñez pour une ligne plus apaisée et citant la libération de Boualem Sansal comme premier signe positif, tout en réclamant de la constance pour régler les questions de sécurité, migratoire et économique.
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TSA Algérie
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Le président français Emmanuel Macron a confirmé la volonté de rapprochement avec l’Algérie après une crise de plus de 15 mois.
À Johannesburg, où il participait au sommet du G20, Macron n’a pas rencontré son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune qui n’a pas fait le déplacement, mais il a tenu des propos très apaisés sur la relation avec l’Algérie.
Il a surtout désavoué d’une manière, on ne peut plus claire le courant anti-algérien en France, qu’il a accusé de faire de l’Algérie « une question de politique domestique française ». « Si on laisse ces gens-là de chaque côté faire l’agenda, il n’y a aucune chance qu’on avance », a-t-il déclaré aux médias samedi 22 novembre en marge du sommet. Deux jours auparavant, la secrétaire générale du Quai d’Orsay, Anne-Marie Descôtes, s’est déplacée à Alger pour la première visite de ce rang entre les deux pays depuis avril dernier.
« Il y a un processus que j’ai décidé en réunissant les ministres et les services concernés il y a plusieurs semaines, c’est celui qu’on applique. Il a conduit à des réengagements de discussions au niveau technique de nos directeurs des services, au niveau de nos secrétaires généraux des ministères des Affaires étrangères », a indiqué Emmanuel Macron, annonçant au passage qu’il y a aussi « des réunions entre ministres qui vont se tenir ».
« Sur beaucoup de sujets sécuritaires, migratoires, économiques, on n’est pas dans une situation satisfaisante de part et d’autre, et on a beaucoup de défis communs », a-t-il ajouté.
Macron : la crise avec l’Algérie, « c’est un sujet qu’on doit régler »
Ce sont ces mêmes thématiques qui ont été au menu de la visite de la SG du ministère français des Affaires étrangères jeudi à Alger.
« Il s’agit d’une visite de travail qu’elle mène dans le cadre des priorités exprimées par le ministre, qui sont à la fois le rétablissement de la coopération en matière migratoire, le rétablissement de la coopération en matière de sécurité et aussi la relance de la coopération économique », a déclaré le même jour un porte-parole du Quai d’Orsay.
Dans ses déclarations à Johannesburg, Emmanuel Macron a tenu à se démarquer de la méthode prônée vis-à-vis de l’Algérie par l’ancien ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau et tout le courant anti-algérien.
« Moi, j’ai toujours eu la même méthode : le respect et l’exigence. Le respect, parce que quand on veut avancer avec quelqu’un, on a rarement des résultats en l’insultant », a-t-il dit.
Bruno Retailleau, adepte du « rapport de force » avec l’Algérie, a été remplacé début octobre par Laurent Nuñez, qui a apporté un nouveau discours, plus apaisé, et a entrepris de mettre en œuvre une nouvelle méthode.
« On a déjà eu des premiers résultats, et la libération de Boualem Sansal est un premier résultat dont il faut se féliciter », a souligné le président français, qui a ajouté, « avec humilité et respect », qu’il faut maintenant « avoir beaucoup de constance ». « Pour moi, c’est un sujet qu’on doit régler », a-t-il conclu.
Sous la pression du courant extrémiste, Emmanuel Macron était tenté un moment par la méthode Retailleau.
En août dernier, il a instruit le gouvernement de François Bayrou d’agir « avec plus de fermeté et de détermination » vis-à-vis de l’Algérie.
En dehors du courant anti-algérien, cette méthode est aujourd’hui unanimement décriée comme un fiasco.