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L’Algérie mobilise son capital scientifique mondial

Par Cherif Lahdiri•4 min de lecture
Brifa
L’Algérie mobilise son capital scientifique mondial
Résumé IA

L'Algérie a créé un Haut conseil de la communauté scientifique nationale à l'étranger pour mobiliser sa diaspora de chercheurs et d'ingénieurs, transformant la «fuite des cerveaux» en actif stratégique.

L'organisme consultatif, doté de personnalité morale et d'autonomie financière, comptera 39 membres bénévoles dont 30 experts expatriés, six représentants ministériels et trois dirigeants d'entreprises, présidé pour trois ans renouvelable.

Ses missions incluent le lien entre la diaspora et le système national de recherche, le développement du capital humain, l'appui aux projets prioritaires et l'alignement sur les standards internationaux de l'enseignement supérieur.

Le modèle s'inspire de l'expérience indienne privilégiant la mobilité virtuelle, la co-tutelle de thèses et le mentorat à distance, tout en dotant l'Algérie d'un instrument de diplomatie scientifique dans la course à l'innovation.

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L’Algérie mobilise son capital scientifique mondial représenté par sa diaspora. La création d’un haut conseil de la communauté scientifique nationale à l’étranger consacre une ambition stratégique longtemps différée : réconcilier le pays avec ses compétences dispersées de par le monde.

Pendant des décennies, l’expatriation des chercheurs, ingénieurs et universitaires algériens a été perçue à travers le prisme unique de la perte, celui d’une «fuite des cerveaux» vécue comme un renoncement national.

Le nouveau dispositif inverse ce récit. En instituant un organisme consultatif auprès du président de la République, doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière, l’Etat affirme que cette diaspora n’est pas un capital perdu, mais un actif à mobiliser, dont il organise le retour utile, du conseil au transfert d’expertise, en passant par l’investissement.

La solidité du dispositif mérite d’être soulignée. Le haut conseil sera dirigé par un président nommé pour trois ans, renouvelable une fois, choisi parmi les compétences les plus reconnues, sur proposition conjointe des ministères de l’Enseignement supérieur et des Affaires étrangères. Sa composition dessine une architecture équilibrée : 39 membres bénévoles, dont 30 compétences nationales à l’étranger, six représentants des ministères régaliens et trois dirigeants d’entreprises algériennes établies hors du pays, reliant savoir, Etat et économie dans une même instance.

Les missions confiées au conseil donnent sa pleine mesure au projet : relier la diaspora au système national d’enseignement supérieur, de recherche et d’innovation, développer le capital humain et soutenir un développement multidimensionnel. Il formulera aussi des visions sur les projets prioritaires et accompagnera la mise aux standards internationaux de l’enseignement supérieur, traduisant une conscience aiguë des enjeux de la transition vers l’économie de la connaissance, seule voie soutenable pour diversifier une économie encore trop dépendante des hydrocarbures.

De nombreux pays ont déjà créé de tels conseils consultatifs de la diaspora. Les modèles les plus efficaces promeuvent la «mobilité virtuelle», les co-tutelles de thèse, les projets de recherche conjoints et le mentorat à distance, plutôt que d’exiger un retour physique définitif. L’Algérie peut ainsi s’inspirer du modèle indien, dont la réussite tient à son pragmatisme : statut juridique attractif, incitations financières, canaux de communication institutionnalisés et ouverture au secteur privé.

Ce modèle repose sur une forte intégration entre la diaspora et l’écosystème entrepreneurial national, celle-ci ayant créé des ponts directs avec la Silicon Valley, facilitant investissements, mentorat et transferts de technologies, l’Inde encourageant la co-invention plutôt qu’un retour physique définitif.

Enfin, la dimension internationale de ce nouvel organisme ne doit pas être sous-estimée. En le chargeant de la veille stratégique sur les technologies avancées et du dialogue scientifique international, l’Algérie se dote d’un instrument de diplomatie du savoir, une manière de faire entendre sa voix dans les grandes discussions scientifiques et de s’affirmer comme acteur du Sud global dans la course à l’innovation.

Ce décret pose ainsi les bases d’une politique cohérente de valorisation du capital humain expatrié, alliant rigueur institutionnelle, ambition économique et rayonnement diplomatique.

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