L’Ukraine et un air de diversion
L'Europe concentre son attention sur la guerre en Ukraine tout en ignorant les drames du Moyen-Orient, malgré leur impact économique majeur.
La situation politique dans l'UE devient corrosive, risquant des explosions sociales alors que les populations réclament la priorité aux besoins essentiels comme le carburant et l'alimentation.
Les critiques dénoncent le financement militaire privilégié au détriment des besoins vitaux, tandis que la dissuasion nucléaire apparaît davantage comme un sédatif pour calmer les colères internes qu'un avertissement à la Russie.
L'aveuglement européen face aux actions israélo-américaines au Moyen-Orient suggère un consentement tacite, motivé par la crainte du retour de bâton américain et de la colère populaire.
Publié par
Le Quotidien d'Oran
Publié le
Article Original
Contenu complet de la source
La mobilisation engagée est accompagnée par un mutisme flagrant vis-à-vis de ce qui se déroule de catastrophique au Moyen-Orient, pourtant source outrageusement évidente de la majorité de la débâcle économique mondiale.
Un air de diversion plane sur le Vieux Continent où la mélasse politique dans la plupart des pays de l’UE est si corrosive qu’elle laisse préfigurer de sérieuses déflagrations sociales.
Les populations sont à bout et ne cessent d’affirmer dans des manifestions de protestations que la priorité pour leur sécurité passe d’abord par les docilités des stations d’essence et des étals des marchés. La guerre en Ukraine et ses conséquences ne sont certes pas à sous-estimer. Son incidence a largement participé à la dépravation économique, politique et sociale d’une frange européenne et a induit un sérieux dérèglement de l’ordre des échanges commerciaux mondiaux établis. L’Europe a donc toutes les raisons de s’inquiéter de la très discutable volonté guerrière russe contre l’Ukraine. Cependant, son rabâchage appuyé sur la mise en avant de dissuasion nucléaire n’incite pas à attendre des jours meilleurs. De plus, des avis formulés en contrepoint ne manquent pas de souligner l’inadéquation d’une démarche inconséquente privilégiant le renforcement des financements militaires au détriment des besoins élémentaires des populations manquant de ressources essentielles. Mais ce qui interroge est la curieuse cécité européenne face aux grands drames qui se déroulent au Moyen-Orient, comme si l’effacement de l’Europe dans cette région en feu était le témoignage d’un consentement pour des dégâts provoqués par l’insoutenable hardiesse guerrière israélo-américaine.
La crainte du retour de la manivelle américaine adjointe à la colère populaire européenne seraient-elles ainsi si fortes pour que l’embarras des pouvoirs politiques du Vieux Continent n’ait comme seule ressource que la devanture de la dissuasion nucléaire ? Auquel cas, elle serait plus un sédatif pour calmer les colères internes qu’un avertissement contre la Russie.