Économie

Blé, gaz, automobile : comment l'Algérie rebat les cartes face à la France

Par Ali Aomar•4 min de lecture
Brifa
Blé, gaz, automobile : comment l'Algérie rebat les cartes face à la France
Résumé IA

Les relations économiques entre l'Algérie et la France se recomposent au profit de nouveaux concurrents dans l'énergie, l'automobile, les investissements et les céréales.

Échanges et énergie (2024)

IndicateurValeur
Commerce bilatéral11 Md € (5 % PIB Algérie)
Part hydrocarbures dans échanges> 50 %
Importations françaises depuis Algérie (énergie)~90 %
Gaz algérien dans importations France12 % (4ᵉ fournisseur)
Pétrole algérien dans importations France9 % (4ᵉ fournisseur)
Production TotalEnergies en Algérie60 000 barils/jour
Premier client hydrocarbures AlgérieItalie (depuis partenariats 2022/2026)

Automobile : Renault vs Fiat à Oran

ConstructeurStatut usineObjectif production 2026
RenaultBloquée depuis 2020 (différend intégration 30 %)—
Fiat (Stellantis)Autorisée, site Tafraoui90 000 véhicules/an

Investissements directs étrangers (2023)

PaysStock investissementsNombre entreprises
France2,8 Md €~500 (40 000 emplois)
Turquie4 Md €>800 (1ᵉʳ investisseur)
Maroc / Tunisie (comparatif France)—~2 000 entreprises françaises chacun

Blé : évolution parts de marché Algérie

PériodePart FrancePrincipal bénéficiaire
Avant 201980–90 %—
2024 (estimation)~30 %Russie

Environ 5 000 entreprises françaises exportent vers l'Algérie, dont un tiers y réalise plus du quart de son chiffre d'affaires, et près de 600 ont fait faillite durant la crise de 2025.

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Les échanges économiques entre l'Algérie et la France évoluent dans plusieurs secteurs. Sur le marché algérien, les entreprises françaises font face à la concurrence d'autres partenaires, notamment dans l'énergie, l'automobile et les céréales.

Les échanges commerciaux entre la France et l'Algérie ont atteint 11 milliards d'euros en 2024, soit environ 5 % du produit intérieur brut algérien, selon une note de l'Institut Montaigne. Les énergies fossiles représentent plus de la moitié de ces échanges et près de 90 % des importations françaises en provenance d'Algérie. Les autres importations comprennent principalement des produits chimiques, dont des engrais azotés et des gaz industriels.

L'Algérie fournit 12 % du gaz naturel et 9 % du pétrole importés par la France, ce qui en fait son quatrième fournisseur pour chacune de ces ressources. Le groupe français TotalEnergies reste présent dans l'exploitation pétrolière en Algérie, où il produit 60 000 barils par jour. En 2023, il a formé avec Sonatrach un consortium pour exploiter le champ gazier de Tin Fouyé Tabankort, dans le sud du pays.

L'Italie renforce sa position sur le gaz algérien

L'Italie consomme deux fois plus de gaz que la France et produit 40 % de son électricité dans des centrales à gaz. Après la conclusion d'un partenariat avec Alger en avril 2022, renforcé en mars 2026, elle est devenue le premier client des hydrocarbures algériens.

Dans la région d'Oran, l'usine française Renault est empêchée de fonctionner depuis 2020 en raison d'un différend sur la part de composants produits localement. L'obligation d'intégration locale de 30 % concerne également le constructeur italien Fiat. En 2024, Fiat a obtenu l'autorisation de lancer une usine à Tafraoui, près d'Oran. Pour 2026, ce site vise une production de 90 000 véhicules par an.

Investissements et blé : la part de marché française recule

Les investissements directs français en Algérie représentaient un stock de 2,8 milliards d'euros en 2023. Quelque 500 entreprises françaises y sont implantées, et ces investissements génèrent environ 40 000 emplois directs. La note dénombre, en comparaison, près de 2 000 entreprises françaises au Maroc et autant en Tunisie. La Turquie revendique la première place parmi les investisseurs étrangers en Algérie, avec 4 milliards d'euros d'investissements et plus de 800 entreprises.

Jusqu'en 2019, la France fournissait 80 à 90 % du blé importé par l'Algérie. Sa part est désormais évaluée à 30 %, notamment au profit de la Russie, selon l'Institut Montaigne. La France reste présente sur ce marché, mais n'assure plus la majorité des approvisionnements algériens.

Les échanges avec l'Algérie concernent environ 5 000 entreprises exportatrices françaises. Pour un tiers d'entre elles, les ventes vers ce pays représentent plus du quart de leur chiffre d'affaires. La note fait également état d'environ 600 faillites d'entreprises françaises exportatrices vers l'Algérie pendant la crise de 2025.

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