Intelligence artificielle, les inquiétudes des Nations unies
L'ONU tire la sonnette d'alarme sur les risques existentiels de l'intelligence artificielle et appelle à une coopération internationale urgente pour encadrer son développement.
Des experts, dont un ancien chercheur d'Anthropic, et le Haut-Commissaire aux droits de l'homme Volker Türk ont récemment mis en garde contre une progression technologique hors de contrôle.
Le secrétaire général Antonio Guterres a jugé la coordination mondiale indispensable et annoncé une réunion de haut niveau lors de la 81e Assemblée générale à New York fin septembre.
Guterres exhorte les pays leaders en IA à instaurer des garde-fous communs pour éviter une course au moins-disant aux conséquences planétaires.
Publié par
El Watan
Publié le
Article Original
Contenu complet de la source
L’intelligence artificielle avance à une vitesse vertigineuse. Elle est devenue le moteur invisible de notre quotidien numérique et professionnel. Mais, qui doit fixer les règles d’une technologie dont les effets dépassent largement les frontières ?
Les inquiétudes et les alertes sont telles que devant l’accentuation des risques ces dernières semaines, le 8 septembre, un ancien chercheur de l’entreprise d’IA Anthropic a notamment averti que les progrès de cette technologie pourraient, selon lui, «représenter une menace existentielle pour l’humanité».
Le 1er juillet, un groupe d’experts a publié dans son premier rapport préliminaire les progrès rapides des capacités de l’IA, notamment en matière de raisonnement, de programmation et de recherche scientifique. «Ces avancées ouvrent des perspectives considérables, mais s’accompagnent également de risques : désinformation, discrimination, atteintes à la vie privée, cyberattaques et développement de systèmes toujours plus autonomes, jusqu’au scénario d’une ‘’superintelligence’’ potentiellement difficile à contrôler».
Plusieurs dirigeants d’entreprises à la pointe du secteur ont, eux aussi, récemment mis en garde contre les risques que son (IA) «développement effréné font peser sur l’humanité». Lundi, le Haut-Commissaire des Nations unis aux droits de l’homme, Volker Türk, a appelé à une «action urgente face à des garde-fous qui peinent à suivre».
Il n’en fallait pas plus pour l’Organisations des Nations unis de sonner l’alerte, en considérant que les « risques de cette technologie ne peuvent être traités uniquement à l’échelle nationale. Il faut au contraire réunir les pays autour de principes communs et de règles permettant de favoriser un développement de l’IA qui soit sûr, sécurisé et responsable».
La réponse, selon l’institution onusienne, passe par une coopération internationale capable de permettre aux pays de tirer parti des promesses de l’IA tout en maîtrisant ses risques.C’est tellement sérieux que, mercredi dernier, Antonio Guterres, le secrétaire général de l’ONU a déclaré, lors d’une conférence de presse que «l’action nationale est essentielle, mais la coordination mondiale est indispensable (…) Nous avons besoin d’une compréhension commune de la manière de favoriser un développement sûr, sécurisé et responsable», appelant, également, à «identifier les moments où des systèmes plus puissants pourraient nécessiter des garde-fous renforcés».
L’enjeu est tel qu’une réunion de haut niveau concernant l’Intelligence artificielle et ses risques pour la sécurité mondiale s’inscrit dans le cadre de la 81e Assemblée générale des Nations unies du 21 au 23 septembre à New York. Un sommet réunissant l’ensemble des acteurs concernés — gouvernements, entreprises, scientifiques et société civile — afin de «faire progresser une réglementation internationale». Un rendez-vous salutaire qui examinera, notamment les effets de l’IA sur la capacité d’agir des êtres humains…
«Les pays disposant des capacités les plus avancées à la pointe de l’IA devraient, à mon sens, mettre en place des mécanismes de contact, échanger des informations et définir des garde-fous communs afin d’éviter une course au moins-disant qui pourrait un jour déboucher sur une catastrophe planétaire majeure», a souligné, en outre, M. Guterres. Aujourd’hui, dans ce contexte, les humains que nous sommes, partageons un même destin, un même avenir lié à cette technologie, qui est un bien commun mondial. Une ressource maîtrisable, loin de la fascination et de la panique, si nous privilégions l’esprit de l’intérêt général et agissons pour l’humanité…
Posez votre question à la rédaction
Votre question…
Prénom ou pseudo *
Adresse e-mail * Votre e-mail ne sera pas publié.
Votre question * 0/1000
Envoyer Annuler