Presse espagnole : «Aïssiou au centre d’un complot de transport de drogue»

Le journal espagnol El Debate révèle qu'Ayoub Aïssiou, homme d'affaires algérien, serait au centre d'un réseau international de trafic de drogue impliquant le trafiquant portugais Xuxas et des services de renseignement marocains.
Selon une plainte consultée par le journal, ce réseau acheminerait de la cocaïne du Brésil et de Guinée-Bissau vers l'Europe et l'Afrique du Nord via le Maroc, Ceuta, Melilla et les îles Canaries.
L'Audience nationale espagnole a accordé le 4 septembre une libération provisoire à Aïssiou, après que le parquet a retiré son réquisitoire d'incarcération, sous contrôle judiciaire strict avec interdiction de quitter le territoire.
Arrêté en juillet sur mandat d'extradition algérien pour faux, association de malfaiteurs et blanchiment, il était détenu à la prison Brians 1 près de Barcelone avant cette décision.
Publié par
El Watan
Publié le
Article Original
Contenu complet de la source
Dans son édition du 18 septembre, le journal espagnol El Debate, sous la plume de son journaliste Alejandro Entrambasaguas, titre : «Le parquet change de position et libère un homme d’affaires accusé de trafic de drogue et lié à des espions marocains».
Rendant compte des déboires d’Ayoub Aïssiou avec la justice espagnole, le journaliste en question révèle : «Outre cette procédure d’extradition, le journal a obtenu une copie d’une plainte déposée contre lui, l’accusant d’être lié au Maroc et de faire partie d’un réseau international de trafic de stupéfiants.
Selon le document, ce réseau ‘vise à acheminer clandestinement des stupéfiants du Brésil et de Guinée-Bissau vers l’Europe et l’Afrique du Nord, en utilisant le Maroc, Algésiras, les îles Canaries et les villes de Ceuta et Melilla comme voies de passage stratégiques’.» Selon toujours Alejandro Entrambasaguas, «le document nomme explicitement trois individus impliqués dans l’opération : le célèbre trafiquant de drogue connu sous le nom de Xuxas, Ayoub Aïssiou, un ressortissant algérien récemment libéré provisoirement en Espagne, et des membres des services de renseignement marocains». Xuxas, de son vrai nom Rubén Oliveira, est considéré comme le trafiquant de drogue le plus puissant, le plus dangereux et le plus efficace de l’histoire du Portugal. Sa dangerosité résidait dans sa capacité à faire entrer clandestinement des tonnes de cocaïne en Europe grâce à des réseaux logistiques internationaux complexes liés aux cartels sud-américains, ainsi que dans son pouvoir financier lui permettant de corrompre des fonctionnaires dans des secteurs stratégiques, tels que le port et l’aéroport de Lisbonne.
La plainte déposée contre Ayoub Aïssiou décrit cette combinaison de noms comme «une structure géopolitique à haut risque qui cherche à utiliser le territoire et les identités liées à la région pour dissimuler des opérations illicites» et place Aïssiou directement au sein de ce réseau, liant sa récente libération en Espagne à l’activité du réseau.
Le journal rappelle que «l’Audience nationale espagnole a accordé la libération provisoire à Ayoub Aïssiou, un homme d’affaires algérien recherché par les autorités de son pays et accusé d’appartenir à un réseau international de trafic de stupéfiants lié au Maroc, qui achemine la drogue via Ceuta, Melilla et les îles Canaries.
Cette décision intervient après que le parquet a revu sa position, ayant initialement requis son incarcération avant de se rétracter quelques semaines plus tard. Il a été arrêté en juillet en application d’un mandat d’extradition émis par les autorités algériennes, qui le recherchent pour des faits de faux et usage de faux, de participation à une organisation criminelle et de blanchiment d’argent. Il a été placé en détention provisoire le 26 juillet à la prison Brians 1 (Sant Esteban Sasroviras, Barcelone), et le Tribunal central d’instruction n°1 de l’Audience nationale a confirmé cette détention, sans possibilité de libération sous caution, le 28 juillet.
Toutefois, dans un nouvel arrêt du 4 septembre, la même cour a cassé cette décision et lui a accordé une libération provisoire, considérant que la détention sans caution n’était plus proportionnée.
La cour a imposé plusieurs mesures conservatoires, notamment la désignation d’une adresse fixe avec obligation de signaler tout changement, des comparutions bihebdomadaires devant le tribunal le plus proche de son domicile, l’interdiction de quitter le territoire et la confiscation de son passeport.
Chahredine Berriah
Posez votre question à la rédaction
Votre question…
Prénom ou pseudo *
Adresse e-mail * Votre e-mail ne sera pas publié.
Votre question * 0/1000
Envoyer Annuler