Économie

Algérie : les trois raisons du recul des exportations françaises

Par Ali Aomar•6 min de lecture
Brifa
Algérie : les trois raisons du recul des exportations françaises
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Les exportations françaises vers l’Algérie ont reculé de 600 millions d’euros en 2025, à 4,2 milliards, du fait de tensions bilatérales, de la diversification algérienne et de la production locale accrue.

Une période de tensions entre Alger et Paris de juillet 2024 à février 2026 a pesé sur les décisions d’investissement et coïncidé avec ce repli commercial.

L’Algérie réduit sa dépendance à la France en développant de nouveaux partenariats offrant investissements directs et transferts technologiques, modifiant la part des fournisseurs français.

La montée de l’industrie nationale, notamment pharmaceutique, et des mesures comme le programme prévisionnel d’importation limitent davantage les besoins d’importation depuis la France.

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Les relations commerciales entre l’Algérie et la France ont connu une nouvelle évolution en 2025. Plusieurs secteurs français ont vu leurs ventes diminuer sur le marché algérien. Trois facteurs politiques et économiques permettent d’expliquer ce recul.

Les exportations françaises vers l’Algérie ont diminué de 600 millions d’euros en 2025, passant de 4,8 milliards d’euros en 2024 à environ 4,2 milliards d’euros, selon les chiffres publiés par le ministère français des Affaires étrangères. En 2024, elles avaient enregistré une hausse de 6,6 %.

Les échanges commerciaux entre les deux pays avaient atteint 11,1 milliards d’euros en 2024. La France, qui figurait auparavant au premier rang des partenaires commerciaux de l’Algérie, reste présente sur le marché algérien, mais ses ventes ont reculé dans plusieurs secteurs.

Dans une analyse accordée au quotidien El Khabar, l’économiste Othmane Athamnia établit un lien entre cette baisse et le climat politique entre Alger et Paris. Il indique que les relations algéro-françaises ont traversé une période de tensions allant de juillet 2024 à février 2026 et que leur retour à leur niveau antérieur pourrait prendre du temps.

Selon l’économiste, la stabilité politique et la clarté des politiques publiques influencent les décisions des entreprises et des investisseurs. La baisse des exportations françaises a coïncidé avec les tensions bilatérales, dont les conséquences ont également touché les échanges économiques entre les deux pays.

L’Algérie diversifie ses partenaires commerciaux

La politique algérienne de diversification des partenaires commerciaux constitue une autre raison avancée. L’Algérie cherche à élargir ses relations économiques et à réduire sa dépendance à un nombre limité de marchés. Cette orientation concerne notamment les partenariats permettant de développer l’investissement direct, le transfert de technologies et leur implantation dans le pays.

Selon Othmane Athamnia, la France ne correspond plus entièrement aux nouvelles orientations économiques de l’Algérie. Le développement des relations commerciales avec d’autres pays modifie ainsi la place des fournisseurs français sur le marché algérien.

La baisse enregistrée en 2025 concerne plusieurs catégories de marchandises. Elle touche notamment les produits liés à l’industrie automobile, les machines, les produits chimiques, les produits pharmaceutiques et les denrées alimentaires.

La composition des exportations algériennes vers la France est différente. Celles-ci reposent en grande partie sur les hydrocarbures, notamment le pétrole et le gaz. Leur valeur varie selon les cours mondiaux, sans qu’une hausse ou une baisse des recettes corresponde nécessairement à une évolution similaire des volumes exportés.

La production algérienne couvre une part croissante de la demande

Le développement de la production nationale constitue la troisième raison évoquée. Plusieurs secteurs ont augmenté leurs capacités, ce qui permet de couvrir une part plus importante des besoins du marché algérien avec des produits fabriqués localement. Othmane Athamnia cite notamment l’industrie pharmaceutique.

La disponibilité accrue de produits algériens réduit les besoins d’importation dans certains domaines. Le soutien à la production nationale et la diminution de la dépendance aux produits importés s’inscrivent dans la politique de diversification de l’économie et des sources de revenus hors hydrocarbures.

Les mesures appliquées par le ministère algérien du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations interviennent également dans cette évolution. Parmi elles figure le programme prévisionnel d’importation (PPI), qui impose aux importateurs algériens de présenter des estimations de leurs besoins avant d’effectuer leurs opérations.

D’autres procédures et taxes liées à la protection de la production nationale encadrent également les achats réalisés à l’étranger. Ces dispositions peuvent réduire les volumes importés par l’Algérie et, par conséquent, les exportations de certains partenaires commerciaux, dont la France.

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