Commune de Timezrit (Béjaïa) : Les citoyens interpellent les autorités sur les difficultés du quotidien

Les citoyens de la commune de Timezrit, forte de 42 villages et 35 000 habitants, interpellent les autorités sur un déficit criant d'équipements et de services de proximité.
Ils dénoncent l'état des routes étroites sans trottoirs, les poteaux électriques dangereux, le siège de l'APC vétuste, et réclament un plan global pour décongestionner le centre-ville, déplacer la gare routière et créer une voie de contournement.
Le marché couvert de Thala Yeder reste inoccupé depuis 2015 faute de conditions viables, tandis que des problèmes d'évacuation des eaux pluviales, ayant causé un accident mortel, exigent une intervention urgente des services de la wilaya.
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La commune, composée de 42 villages et comptant environ 35 000 habitants, serait confrontée à un déficit en équipements et de services de proximité. Ils estiment que les moyens disponibles restent insuffisants au regard des besoins exprimés par la population.
La route sinueuse menant au chef-lieu de la commune de Timezrit, à une quarantaine de kilomètres au sud-ouest du chef-lieu de la wilaya de Béjaïa, se rétrécit au fur et à mesure que l’on pénètre dans l’agglomération. Point de trottoirs. Les riverains doivent partager la chaussée avec les automobilistes. A plusieurs endroits, la voie ne permet le passage que d’un seul véhicule, entre nids-de-poule, angles de façades et poteaux électriques. Certains de ces poteaux, «sciés» à leur base, laissent encore dépasser des morceaux d’une cinquantaine de centimètres sur des trottoirs déjà étroits, constituant un véritable obstacle pour les piétons. Au bout de cette route, également escarpée, le chef-lieu affiche un visage peu reluisant. La façade du siège de l’APC, défraichit, reflète les difficultés d’une commune rurale aux ressources financières limitées, où les élus locaux se retrouvent parfois démunis face à l’ampleur des besoins et au nombre des priorités. A El Had, chef-lieu communal, les préoccupations liées au cadre de vie s’accumulent. Les citoyens rencontrés tirent la sonnette d’alarme sur plusieurs problèmes qui, selon eux, continuent de peser sur le quotidien des habitants. De l’état du paysage urbain, au plan de circulation, au manque d’équipements de proximité, en passant par les difficultés d’approvisionnement en eau potable, la liste des insuffisances est longue. Nos interlocuteurs affirment avoir déjà saisi à plusieurs reprises les différents présidents de l’Assemblée locale qui se sont succédé, ainsi que les services de la daïra et de la wilaya, «en vain». Ils rappellent notamment que leurs nombreuses correspondances adressées aux différentes autorités seraient, selon eux, demeurée sans réponse.
Décongestionner le centre
La première revendication concerne l’aménagement «du centre-ville» d’El Had et son prolongement, situé à quelque 260 mètres. Ils demandent l’inscription d’un véritable plan d’aménagement susceptible, selon eux, de redonner de «l’attractivité à cet espace et d’améliorer les conditions de vie des habitants». Ils plaident pour une réflexion globale associant les autorités locales et la population. Pour eux, «l’aménagement du centre-ville ne devrait pas se limiter à des interventions ponctuelles, mais s’inscrire dans une vision plus large du développement de la commune». Parmi les préoccupations figure également la situation de la placette du centre. Les citoyens estiment que «son désengorgement est devenu nécessaire pour permettre une circulation plus fluide des véhicules et des piétons». Ils proposent notamment de transférer la station d’arrêt des bus vers Thala Yeder, avec l’aménagement d’un espace destiné au stationnement des transporteurs de voyageurs et aux marchands ambulants. La plateforme de la placette est aujourd’hui occupée, «par différents commerces et vendeurs ambulants. La présence de vendeurs de fruits et légumes contribue également à la formation d’embouteillages importants pendant et en dehors les heures de pointe». Pour les citoyens, le problème de la circulation ne pourra toutefois être réglé uniquement par le déplacement de la station de bus. Ils proposent également l’ouverture d’un nouvel axe routier secondaire permettant de contourner le centre-ville. Le tracé proposé partirait du prolongement du terrain communal situé à Thala Yeder, en contrebas du centre de santé, pour rejoindre la route communale menant vers Ighzer El Kabla, à hauteur du siège de l’APC. L’objectif pour nos interlocuteurs est de «détourner une partie du trafic du centre et de réduire les bouchons». Dans le même registre, ils demandent l’élargissement du rond-point donnant accès à Thala Yeder, Arouben, Tounef et Tadarth Mokrane. Le passage étroit et le virage existant complique en effet le croisement des véhicules.
Extension du marché couvert
Autre dossier mis en avant, celui du marché de proximité. Implanté à Thala Yeder, à 200 mètres pourtant du centre-ville, les box restent vides. «Les commerçants refusent de s’y installer étant donné que la structure ne présente pas les conditions viables pour une activité commercial», regrette-t-on. En plus de l’exigüité des locaux, aucun espace de stationnement n’est aménagé pour rendre le souk attractif que ce soit auprès des commerçants que chez les citoyens, qui, auparavant, ont proposé son extension sur des poches foncières situées en contre bas. Des habitants sont contraints, selon leurs dires, de se rendre dans les communes voisines, notamment Sidi Aïch, El Kseur et Oued Amizour, pour s’approvisionner dans les marchés hebdomadaires, à plusieurs kilomètres de chez eux. La demande d’un marché couvert n’est pourtant pas nouvelle. Les riverains indiquent que le dossier aurait été sollicité dès le mois d’avril 2015, avant d’être relancé à plusieurs reprises. La commune, composée de 42 villages et hameau, comptant environ 35 000 habitants, est confrontée, selon eux, «à un déficit en équipements et services de proximité. Ils estiment que les moyens disponibles restent insuffisants au regard des besoins exprimés par la population».
A Thala Yeder, notre guide attirent notre attention sur la question des eaux pluviales provenant des terrains situés sur les hauteurs. «Ces eaux convergent vers un ravin avant de rejoindre un tunnel d’évacuation qui traverse la CW04 traversant le chef-lieu au niveau de Thala Yeder». En cas de crue, l’eau déborderait inévitablement sur la voie et dévalera jusqu’à la placette située à quelques encablures, plus bas. A ce propos, les habitants proposent «la réalisation d’un petit ouvrage en béton armé afin de canaliser les écoulements, ainsi que la mise en place d’une grille de protection destinée à empêcher l’entrée de troncs d’arbres, de terre et de déchets». Ils rappellent «qu’un accident mortel s’était produit quelques années auparavant, faisant deux victimes qui tentaient de dégager le tunnel». Autant de dossiers qui, selon eux, nécessitent une intervention et une coordination entre les différents services concernés. En interpellant directement les services de la wilaya, les citoyens d’El Had veulent, disent-ils, que «ces préoccupations sortent du registre des réclamations répétées pour déboucher sur des actions concrètes».
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