Projet de Réforme agricole : L’efficacité en ligne de mire

Le président Abdelmadjid Tebboune a relancé la réforme agricole lors du conseil des ministres du 20 septembre en exigeant efficacité et allocation des terres selon les besoins réels pour réduire les importations.
La flambée des prix alimentaires, notamment +13,2 % pour les produits frais en juillet, et les perturbations logistiques internationales imposent d'atteindre l'autosuffisance.
Pour la filière céréalière stratégique, il a ordonné un bulletin mensuel de production, la numérisation immédiate des paiements OAIC et un suivi rigoureux par les walis.
Un programme national de cartographie des sols et la récupération de 60 % des eaux usées pour l'irrigation doivent mettre fin à la dépendance aux précipitations.
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Le dossier de la réforme du secteur agricole est remis sur le devant de la scène nationale en cette rentrée sociale. Près de neuf mois après avoir amorcé la refonte et après la présentation des premières orientations aux acteurs du monde agricole entre décideurs, experts et organisations professionnelles, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, revient à la charge.
Il a appelé lors de la réunion du dernier conseil des ministres, tenu ce 20 septembre à miser sur l’efficacité. De même qu’il a insisté sur la mise en place de mécanismes permettant d’affecter les superficies cultivées aux cultures annuelles en fonction des besoins. Une manière de mettre l’accent sur les moyens à même d’assurer la sécurité alimentaire. «Réduire les importations et s’orienter vers l’autosuffisance dans le secteur». Telle est l’orientation principale adressée au premier responsable du secteur comme souligné dans le communiqué rendu public à l’issue de la réunion du conseil du gouvernement. Une orientation qui s’impose dans ce contexte de perturbations des canaux de transport maritime à l’échelle internationale avec notamment la crise au Moyen-Orient et la guerre en Ukraine. L’urgence de mécanismes efficace dans le secteur agricole s’explique aussi par le besoin de mettre en œuvre des mesures susceptibles de garantir un approvisionnement régulier du marché soumis à des crises cycliques dans certaines filières comme c’est le cas actuellement dans la filière des viandes blanches et des viandes rouges avec une flambée des prix sur le marché. Une hausse qui affecte également les produits agricoles frais. Le dernier bilan de l’Office national des statistiques pour le mois de juillet relève d’ailleurs une augmentation pour cette catégorie de produits de 13,2% en une année.
Cela pour dire que le travail à faire pour freiner cette augmentation des prix et assurer un équilibre entre l’offre et la demande s’annonce important. Il appelle à l’implication de tous les acteurs en amont et en aval mais de la production agricole.
Par ailleurs, pour ce qui est la filière céréalière dans laquelle l’objectif est d’améliorer les rendements pour réduire la dépendance aux marchés extérieurs, le président de la République a ordonné au ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche d’«élaborer un bulletin mensuel».
«Numérisation immédiate…»
Dans ce cadre, les walis sont chargés «d’assurer un suivi rigoureux, afin de déterminer les niveaux et volumes de production des différentes variétés de céréales, notamment le blé tendre et le blé dur». Il s’agit en somme de travailler sur l’amélioration des outils de suivi de cette filière stratégique. Dans ce sens, Abdelmadjid Tebboune a relevé l’importance de procéder à «la numérisation immédiate du système de paiement des récoltes agricoles au niveau des agences régionales de l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC)» et de «travailler en étroite collaboration avec l’Office national des statistiques». De même qu’il a instruit de «revoir le rôle de l’OAIC et des instituts spécialisés du secteur de l’agriculture pour améliorer leurs performances et les moderniser et lutter contre toutes les formes de dérives dans le secteur de l’agriculture, du développement rural et de la pêche».
Il est question aussi de «lancer un programme national de cartographie et d’étude des sols, en coordination avec les laboratoires, pour déterminer et classifier la nature des terres agricoles dans toutes les zones cultivées et de s’orienter vers l’utilisation des eaux usées dans l’irrigation». L’objectif étant d’«en finir avec la mentalité de la dépendance totale aux précipitations, avec l’impératif de labourer et de préparer la terre en toutes circonstances, sachant que le secteur de l’irrigation vise à récupérer 60% des eaux usées». Il reste à définir les mécanismes de mise en œuvre de ces instructions. C’est à ce niveau que l’apport des experts et des professionnels du secteur est fortement attendu.
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