L’Algérie muscle sa riposte contre le cancer : 52 nouveaux traitements introduits

L'Algérie renforce sa lutte contre le cancer avec l'introduction de 52 traitements innovants, principalement immunothérapies et thérapies ciblées, annoncée par le ministre de la Santé lors du 2e Congrès international du patient atteint de cancer à Alger.
Face à plus de 56 000 nouveaux cas en 2023, soit une hausse de 34 % en dix ans, le Fonds de lutte contre le cancer dispose désormais de 73 milliards de dinars dont 40 milliards annuels récurrents.
Le réseau public s'appuie sur 15 centres spécialisés, 24 unités de radiothérapie et 61 accélérateurs, avec 25 nouveaux services et 16 accélérateurs supplémentaires prévus d'ici 2028.
La stratégie nationale 2025-2035 mise sur la digitalisation via dossiers médicaux électroniques, rendez-vous automatisés et pilotage centralisé pour améliorer la prévention, le dépistage précoce et la gestion des soins.
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Face à la montée constante de l’incidence du cancer dans le pays, les autorités sanitaires algériennes opèrent un virage stratégique majeur.
Présent au 2ᵉ Congrès international du patient atteint de cancer à Alger, le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Aït Messaoudene, a officialisé l’intégration de 52 traitements innovants dans la pharmacopée nationale, ciblant en priorité l’immunothérapie et les thérapies ciblées.
Cette offensive thérapeutique entend répondre à une situation épidémiologique alarmante : le réseau national des registres a comptabilisé plus de 56 000 nouveaux cas au cours de l’année 2023, concrétisant un bond de plus de 34 % en l’espace d’une décennie.
Pour contenir cette vague, le gouvernement revoit son plan d’attaque en misant sur l’accès rapide aux soins, le diagnostic de pointe et une refonte complète du suivi des malades.
Une manne financière pour sécuriser le parcours de soins
L’extension de l’arsenal thérapeutique s’adosse à un effort budgétaire d’une ampleur inédite. Le Fonds de lutte contre le cancer capte désormais plus de 73 milliards de dinars, alimenté par une dotation récurrente de 40 milliards de dinars par an.
Pour l’exercice 2026, l’enveloppe spécifiquement dédiée aux traitements oncologiques s’élève à 40 milliards de dinars.
L’objectif explicite de cette ligne de crédit est de rationaliser l’approvisionnement, d’anticiper les tensions logistiques et d’éradiquer les ruptures de stocks de médicaments et de consommables qui pénalisent la continuité des soins.
Sur le terrain infrastructurel, l’appareil de santé publique s’appuie sur 15 centres spécialisés (CLCC), 24 unités de radiothérapie et un parc de 61 accélérateurs linéaires.
Les capacités du réseau doivent s’accroître d’ici 2028 grâce au déploiement de 25 nouveaux services et à l’acquisition de 16 accélérateurs supplémentaires.
Par ailleurs, la mise en service du PET Scan de Tizi Ouzou est annoncée d’ici la fin de l’année, après sa réimplantation dans un cadre hospitalier mieux adapté.
Virage numérique et stratégie décennale
Au-delà de la réponse médicamenteuse et matérielle, le ministère entend moderniser la gouvernance clinique en application des directives de la présidence de la République fixées en mai 2026.
L’action publique s’inscrit désormais dans le cadre de la stratégie nationale 2025-2035, qui fait de la prévention et du dépistage précoce ses priorités cardinales.
Cette feuille de route repose largement sur le levier de la digitalisation. Le secteur de la santé engage la généralisation du dossier médical électronique, la gestion automatisée des rendez-vous et la traçabilité numérique des protocoles de radiothérapie pour résorber les listes d’attente.
Enfin, un outil de pilotage centralisé permet désormais de suivre en temps réel l’état du matériel médical, la gestion des pannes et les indicateurs de performance des établissements à travers le territoire national.