Le bombardier d’eau et la prévention
Les bombardiers d’eau sont quasi introuvables sur le marché international, avec des délais d’attente de plusieurs années pour les rares commandes passées auprès du Canada.
La production artisanale canadienne, qui mobilise 200 ouvriers pour assembler à la main 50 000 pièces par appareil, et l’absence de stock expliquent cette pénurie structurelle.
Face à l’aggravation des incendies liée au changement climatique, la priorité doit aller à la prévention et à la sensibilisation des populations installées en zones montagneuses plutôt qu’à l’acquisition d’avions.
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Le Quotidien d'Oran
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Puis, on commence par en vouloir aux autorités face au manque de ces appareils très convoités par de nombreux pays où la menace des incendies pèse constamment sur les espaces boisés. Les bombardiers d’eau ne sont pas faciles à trouver sur le marché, et il faut parfois attendre des années pour en dénicher un. Certains pays, qui possèdent une industrie aéronautique très développée, comme la France et cinq autres pays européens, dont l’Espagne et l’Italie, qui ont passé commande auprès du Canada, attendent leurs bombardiers d’eau depuis 2024. Ces pays doivent patienter jusqu’en 2027 pour avoir le premier appareil, qui sera destiné à la Grèce, les autres attendront encore jusqu’en 2030. Pourquoi cette indisponibilité des bombardiers d’eau sur le marché international ? Il faut savoir que contrairement à d’autres avions destinés à un usage commercial ou militaire, fabriqués presque à la chaîne, à cause d’une demande omniprésente, les bombardiers d’eau ne sont pas très demandés par la clientèle. On peut acheter un bombardier d’eau, deux ou trois, et cela suffirait pour plusieurs années, voire pour toujours quand l’entretien est à la perfection. Cela fait que les industriels du secteur aéronautique ne fabriquent aucun appareil sans commande préalable. Cela fait également qu’on ne peut trouver aucun bombardier d’eau qui attend acquéreur sur le marché, même à 35 millions euros l’unité. Certains fabricants ont carrément abandonné le métier pour sa non-rentabilité.
Selon un récent reportage effectué par une télévision française, la fabrication des bombardiers d’eau est assez lente à cause d’un processus artisanal adopté par les fabricants canadiens. Ces derniers engagent près de 200 travailleurs qui assemblent à la main les 50.000 pièces qui composent chaque bombardier d’eau, qui a subi une modernisation sur le plan de la capacité de largage ainsi qu’en matière d’installation d’instruments de dernière génération. Ainsi, les esprits ne doivent pas être guidés vers les bombardiers d’eau pour éteindre les feux mais vers la prévention pour se prémunir contre ces incendies qui seront de plus en plus ravageurs avec les changements climatiques en cours. Et, surtout, vulgariser cette culture préventive chez les populations, nombreuses en Algérie, qui ont élu domicile dans les zones montagneuses. Les moyens de lutte contre les incendies doivent être renforcés, inévitablement, mais le meilleur moyen reste la prévention pour limiter les dégâts.