Développement durable et tourisme au Maghreb : Entre enjeu climatique et défi de la diversification économique

Un atelier sur le tourisme durable en Méditerranée se tient du 21 au 25 septembre à Monastir, en Tunisie, à l'initiative de l'association Africa 21 et de l'UNESCO.
La Méditerranée accueille annuellement 400 millions de touristes représentant 30 % des recettes mondiales, mais fait face à des défis climatiques croissants, dont les Canicules et les incendies.
L'Algérie, où le tourisme ne dépasse pas 3 % du PIB malgré un potentiel énorme, est appelée à élaborer un plan d'action couvrant les segments balnéaire, de montagne et saharien.
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Monastir (Tunisie)
De notre envoyée spéciale
Intégrer la problématique du développement durable dans une région qui enregistre annuellement un flux de 400 millions de touristes représentant 30% des recettes du tourisme mondial et 15% des emplois générés à travers le monde.
Les épisodes caniculaires qui ont marqué au cours de l’été qui s’achève les pays du pourtour méditerranéen et les incendies qui ont fortement impacté plusieurs pays de la région, notamment l’Algérie, remettent sur le tapis la nécessité d’adopter des stratégies d’adaptation au changement climatique en cours. Mais aussi des plans pour renforcer la résilience des différents secteurs face à ces bouleversements. C’est le cas pour le tourisme dont les professionnels sont plus que jamais appelés à concilier entre préservation des ressources et développement du secteur pour améliorer l’indice de sa durabilité dans la région. Autrement dit, intégrer la problématique du développement durable dans une région qui enregistre annuellement un flux de 400 millions de touristes représentant 30% des recettes du tourisme mondial et 15% des emplois générés à travers le monde. Donc, assurer une intersection entre les sphères économique, sociale et environnementale à travers une gouvernance efficace. C’est justement sur cette question que se penchent depuis le 21 septembre et jusqu’au 25 du même mois les participants à un atelier sur le tourisme durable en Méditerranée à Monastir (Tunisie), à l’initiative de l’association Africa 21 qui œuvre au développement durable sur le continent africain, en collaboration avec l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture. «Le tourisme occupe une place particulière en Méditerranée. Il représente une activité économique majeure, mais il dépend aussi directement des écosystèmes qui font l’attractivité de nos territoires», explique Julien Chambolle, secrétaire général d’Africa 21 pour souligner l’importance de la thématique. D’autant que le réchauffement en Méditerranée dépasse la moyenne mondiale, alors que les problèmes de stress hydrique, de perte de biodiversité, de pollution, d’érosion des côtes et d’événements climatiques extrêmes s’intensifient. «La question climatique impose de repenser le modèle», estime à ce sujet Robin Degron, expert associé à Africa 21, qui qui rappellera que l’environnement finit par se venger et impacte la réalité du tourisme. «Les pays de la région ont les compétences nécessaire pour assurer leur souveraineté, économique, sociale et environnementale», dira-t-il lors du débat entre journalistes maghrébins et experts. Un débat qui aborde dans ce cadre plusieurs thématiques liées à ce dossier de l’heure. Entre les enjeux-clés de la région, l’état des lieux du tourisme dans les trois pays du Maghreb (géographie et dynamique économiques) et les perspectives de développement. Des perspectives porteuses notamment en Algérie où le potentiel est énorme, mais la contribution du tourisme au PIB ne dépasse pas les 3%, selon les experts qui ont animé le débat.
Algérie : Valoriser les potentialités
L’Algérie a donc une marge de manœuvre importante pour prendre en considération les trois facteurs-clés du développement durable dans sa stratégie touristique, à savoir l’économie, l’environnement et l’aspect social. Mais faudrait-il assurer dans ce cadre une impulsion gouvernementale pour valoriser les territoires. A ce sujet, rappelons que le chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune, a instruit la première responsable du secteur en juillet lors d’une réunion du Conseil des ministres pour l’élaboration d’un plan d’action dédié au développement du secteur à travers ses différents segments (balnéaire, de montagne ou saharien).
Il s’agit en fait de travailler pour structurer durablement en «valorisant l’ensemble des potentialités touristiques dont regorge le pays, à travers une meilleure coordination et une coopération renforcée»,
Pour cette feuille de route, l’Algérie est appelée à tirer profit des expériences des pays de la région, à l’image de la Tunisie où le cap a été sur le développement du tourisme de masse avec toutes les conséquences sur l’environnement. Ce que Mohamed Souissi, docteur en géographie du tourisme et chercheur en mise en tourisme des territoires, a souligné dans son intervention sur la pression de pratique touristique et la gouvernance. Il a relevé que les trois modèles d’aménagement touristique adoptés en Tunisie ont engendré «un alignement et une concentration spatiale». D’où les conséquences sur la côte à travers l’érosion des plages notamment. M. Souissi rappellera dans ce sillage qu’ avec 90% des hébergements regroupés à travers quatre sites touristiques (Hammamet, Sousse, Monastir et Djerba), la Tunisie accueille annuellement 11 millions de touristes, dont 4 millions d’Algériens et 4 millions en provenance de Libye.
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