Une bataille qui dépasse l’hôpital

La deuxième Conférence internationale de la FAAPAC sur la lutte contre le cancer s'est ouverte en Algérie autour d'un message de responsabilité collective, mobilisant professionnels de santé, associations de patients et société civile.
Douze pays, dont plusieurs nations africaines, participent aux travaux pour partager leurs expériences et renforcer la coopération internationale en matière de lutte contre le cancer.
Les débats portent sur le dépistage précoce, l'innovation thérapeutique, la numérisation du parcours de soins et la souveraineté pharmaceutique, avec pour ambition de placer le patient au centre du dispositif.
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Au-delà des chiffres et des équipements, le message porté par cette deuxième édition de la Conférence est celui d’une responsabilité collective. La lutte contre le cancer implique les professionnels de santé, mais aussi les associations de patients, les organismes de sécurité sociale, les structures de solidarité, la société civile, les chercheurs et les partenaires internationaux.
La présidente de la FAAPAC, Hamida Kitab, a rappelé que le choix du slogan de cette édition traduit précisément cette volonté de placer le patient au centre de l’approche nationale. L’objectif est de réunir les différents secteurs autour d’un parcours allant «de la sensibilisation et du dépistage précoce jusqu’à la garantie d’un traitement complet, d’un soutien psychologique et d’une prise en charge optimale». Une vision qui donne aux associations de patients une place particulière dans le dispositif. Leur rôle ne se limite plus à l’accompagnement social : elles entendent contribuer à l’identification des difficultés rencontrées par les malades et à l’amélioration concrète de leur parcours. La dimension internationale constitue également l’un des axes forts de la Conférence. Des participants issus de 12 pays prennent part aux travaux, avec une attention particulière portée à la coopération africaine. Des associations venues notamment du Burkina Faso, de Côte d’Ivoire, de Libye, du Soudan, du Niger, du Nigeria, de Mauritanie et de Tunisie doivent partager leurs expériences de terrain. Pour les organisateurs, cette coopération doit favoriser le partage des connaissances, des expertises et des bonnes pratiques. L’Algérie entend ainsi renforcer sa participation aux réseaux internationaux spécialisés dans la lutte contre le cancer et contribuer davantage aux dynamiques africaines.
De la vision à l’action
Durant deux jours, la Conférence se veut à la fois un espace d’évaluation, de prospective et de planification stratégique. Une session inaugurale de haut niveau doit notamment examiner les modalités permettant de traduire la vision présidentielle en action intersectorielle coordonnée. Les débats porteront notamment sur la stratégie nationale de dépistage des cancers les plus répandus, la pérennité de la prise en charge et la réinsertion socioéconomique des patients, la numérisation du parcours thérapeutique ainsi que la solidarité et la coopération africaines.
Deux autres tables rondes seront consacrées à l’économie de la santé et au dépistage précoce, ainsi qu’à l’innovation thérapeutique et à la recherche clinique. La prise en charge des enfants atteints de cancer, les expériences pilotes de dépistage et les nouvelles approches thérapeutiques compléteront les travaux. Parmi les intervenants figurent notamment des experts algériens et internationaux venus d’Afrique, d’Europe, des Etats-Unis et du Moyen-Orient. Au terme de leurs interventions, les ministres de la Santé et de l’Industrie pharmaceutique ont convergé sur un même impératif : renforcer la complémentarité entre les différents maillons de la lutte contre le cancer. Prévention, dépistage, diagnostic, équipements, médicaments, recherche, innovation, numérisation et accompagnement du patient sont désormais les différentes composantes d’un même parcours. La stratégie ne doit donc plus être pensée uniquement à travers le traitement de la maladie, mais comme un continuum, allant de la prévention au dépistage, du diagnostic à l’innovation thérapeutique, puis à l’accompagnement médical, psychologique et social.
Le développement de la production pharmaceutique nationale ajoute à cette démarche une dimension de souveraineté : assurer la disponibilité des traitements, développer les matières premières, renforcer la recherche et réduire progressivement la dépendance extérieure. C’est précisément sur cette complémentarité que la FAAPAC veut inscrire cette deuxième Conférence internationale : faire du patient non seulement le bénéficiaire du système de soins, mais le point de départ et la finalité d’une politique nationale coordonnée de lutte contre le cancer.
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