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La 81e assemblée générale de l’ONU sous tension : Israël et les États-Unis au centre de violentes critiques

Par Salima Tlemçani•16 min de lecture
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La 81e assemblée générale de l’ONU sous tension : Israël et les États-Unis au centre de violentes critiques
Résumé IA

La 81e Assemblée générale de l'ONU s'est transformée en tribunal contre les violations du droit international, Israël et les États-Unis étant les cibles principales des critiques majoritaires.

Donald Trump a assumé ses menaces contre l'Iran, le Venezuela et Cuba, violé la Charte de l'ONU et menti sur un cessez-le-feu à Gaza tout en dépassant largement son temps de parole.

Le secrétaire général Guterres et la majorité des États, y compris des alliés américains, ont condamné la loi du plus fort et appelé à restaurer la confiance dans le multilatéralisme.

Lula da Silva a dénoncé l'abus du veto et l'embargo sur Cuba, Macron a rejeté le retour à la loi de la jungle, et le président angolais a mis en garde contre la fragmentation mondiale.

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La tribune de la 81e Assemblée générale de l’Onu s’est transformée en un tribunal contre les violations caractérisées du droit international et de la Charte des Nations unies, dénoncées d’ailleurs par la majorité des Etats. Israël et les Etats-Unis ont été les plus critiqués pour avoir prôné la politique du pouvoir et de la force des armes, assumée dès le premier jour de l’Assemblée par le président Donald Trump, alors que le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, a donné le ton, avant son passage aujourd’hui, en diffusant une vidéo montant l’ensemble des représentants des Etats sous forme de perroquets, qui répètent les attaques contre son pays.

Alors que l’écrasante majorité des interventions au siège des Nations unies, à New York, lors de sa 81e Assemblée générale a dénoncé la situation chaotique en Palestine et les violations du droit international par Israël et indirectement et les Etats-Unis, le président Donald Trump a assumé ses décisions contraires à la Charte de l’Onu, notamment le recours à la menace et à l’emploi de la force qui, selon lui, ont «ramené la paix». Durant les 45 minutes passées à la tribune (au lieu des 15 minutes imparties à l’ensemble des Etats membres), il est revenu, entre autres, sur l’Iran, Ghaza, la Cisjordanie, le Venezuela mais aussi sur la Cour pénale internationale (CPI). A propos de la guerre contre l’Iran, il a déclaré être «face à un choix entre un accord» et «l’anéantissement» de ce pays, Etat membre de l’Onu, le laissant «sans aucune chance de survie et sans espoir de grandeur future». Une menace bien assumée, en dépit de sa prohibition par la Charte de l’Onu. Le président américain est allé jusqu’à fixer une date pour la paix, en annonçant un accord «juste après l’élection», admettant de fait que sa guerre contre l’Iran sert en réalité son calendrier des élections de mi-mandat, prévues au mois de novembre prochain. Une guerre, faut-il le rappeler, marquée dès son lancement, le 28 février 2026, par le bombardement d’une école primaire à Minab, tuant plus de 160 petites écolières iraniennes âgées entre 5 et 12 ans, alors qu’elle était clairement identifiée en tant qu’établissement scolaire civil. Cette guerre devait, selon Trump, être achevée en six jours, mais sept mois après, elle est toujours en cours. Même le mémorandum d’Islamabad, signé en juin dernier et censé y mettre fin, a fini par voler en éclats, après sa décision de reprendre les bombardements. Lors de son discours, le président américain a juré que l’Iran n’aurait jamais d’arme nucléaire, alors qu’il y a quelques jours seulement, son propre chef des renseignements a affirmé aux législateurs que l’Iran n’en construisait pas. Il a aussi violé le contenu de la première ligne de la Charte des Nations unies, qui engage les Etats membres à «sauver les générations futures du fléau de la guerre» en menaçant de fermer l’avenir d’un des Etats membres et pour des «générations».
Trump a par la suite présenté l’agression contre le Venezuela comme «la preuve qu’aucune menace ne sera tolérée pour prendre pied dans l’hémisphère». Ainsi, les forces américaines ont bombardé Caracas et enlevé un chef d’Etat en exercice, désormais emprisonné à Brooklyn en attendant son procès, non pas pour «lutter contre les barons de la drogue», comme Trump l’a affirmé, mais pour empêcher la Russie et la Chine d’y avoir accès. Plus grave. Des experts de l’ONU avaient qualifié l’opération de «violation grave, manifeste et délibérée du droit international», alors qu’Antonio Guterres a jugé que «les règles du droit international n’avaient pas été respectées». L’immunité d’un chef d’Etat en exercice est pourtant reconnue par le droit international et aucune justice ne peut transformer un enlèvement en une arrestation. Devant l’Assemblée générale, Trump a affirmé que le gouvernement de Cuba «tombera» et annoncé qu’il veut «un changement fondamental là-bas».

Trump annonce aux états Membres qu’il ne reconnaît pas la Charte de l’Onu

Des propos qui ont fait grincer des dents la délégation cubaine, au point de la pousser à quitter la salle. Le blocus qu’il a imposé sur le pétrole vénézuélien visait en réalité à affamer les Cubains jusqu’à ce que leur gouvernement s’effondre. Une mesure coercitive interdite en vertu d’une des résolutions de l’Assemblée générale devant laquelle il fait son discours. Il s’est engagé à continuer d’affirmer «la puissance militaire américaine, là où c’est nécessaire, dans notre région et dans le monde entier» et annoncé deux grandes bases au Groenland après des mois de menaces de s’accaparer de l’île par la force. A haute voix et sans sourciller, il a tout simplement déclaré qu’il ne reconnaissait pas le contenu de l’article 2 (4) de la Charte de l’Onu, devant les Etats qu’il était censé protéger.
Sur Ghaza, il a déclaré : «Nous avons mis fin à la guerre à Ghaza, sauvant des milliers de vies incalculables», alors qu’au moment même où il parlait, le bilan officiel, annoncé par le ministre de la Santé du gouvernement de Ghaza, a fait état de 1394 Palestiniens tués par Israël depuis ce cessez-le-feu. Il a démenti les rapports sur l’épuisement des stocks américains de munitions, alors que l’inspecteur général du Pentagone avait, il y a à peine une semaine, indiqué aux membres du Congrès que la guerre avait causé des pénuries stratégiques d’inventaire, avec 22,3 milliards de dollars de munitions dépensés au cours des quatre premiers mois. Son discours constituait un chapelet de violations des règles et des lois internationales, mais aussi il était à l’opposé de l’écrasante majorité des interventions des Etats membres. Il a même exhorté plus d’une centaine d’Etats, membres de la CPI, «à se retirer officiellement et immédiatement de cette institution hors de contrôle». Tout son discours reposait sur la menace, le pouvoir et la puissance des armes.
A l’opposé, le secrétaire général de l’Onu, Antonio Guterres, et la majorité des Etats membres de l’Organisation, y compris parmi les alliés des Américains et d’Israël, ont pointé un doigt accusateur vers ce duo, la politique du plus fort qu’il prône et ses conséquences humanitaires désastreuses. «Si certains parmi la trentaine de dirigeants mondiaux à s’exprimer aujourd’hui ont parlé la langue de la puissance, une majorité d’entre eux ont appelé à la limiter et à restaurer la confiance, notamment en l’Onu», a déclaré Guterres ajoutant : «L’histoire du pouvoir, de ceux qui le détiennent et de ceux qui en sont privés.» Il a averti contre le risque de voir «advenir un monde fragmenté et transactionnel, gagné par la montée des tensions et l’aggravation de la méfiance, où la coopération céderait la place à des calculs à somme nulle».
De nombreux pays ont plaidé pour la «nécessité de la limitation de la force» tant vantée par Trump. Ainsi, le président du Brésil, Luiz Inácio Lula da Silva, a dénoncé «les excès des superpuissances» ainsi que l’usage abusif du droit de veto au Conseil de sécurité qui, selon lui, est un «vice» inhérent à la Charte des Nations unies, qui a conféré aux grandes puissances «le luxe de l’indifférence». Lula da Silva a aussi parlé de «l’effroi du monde face à la punition collective infligée à 10 millions de personnes à Cuba en raison de l’embargo», avant de conclure : «Quant au Brésil, il entend n’être dans l’arrière-cour de personne.»
Le président français, Emmanuel Macron, a estimé pour sa part que «la question qui nous est posée de manière très simple consiste à savoir si nous voulons vivre dans cet état de nature avec une forme de retour à la loi de la jungle, ou dans une société internationale civilisée». Lui aussi a dénoncé les «abus de pouvoir» et exhorté les Etats membres à refuser «le nouvel ordre d’impunité que certains voudraient bâtir» et «la tentation permanente du double standard».
Lui emboîtant le pas, le président angolais, João Manuel Gonçalves Lourenço, a averti que «les tentatives visant à dominer des régions entières par la force des armes conduisent le monde à la catastrophe», et souligné, comme la Belgique par la voix de son ministre des Affaires étrangères, «la nécessité de respecter le droit international et la Charte des Nations unies».

Erdogan attaque «la volonté génocidaire» et «les actes de terrorisme d’état» d’Israël

De son côté, le roi Abdullah II de Jordanie a accusé la communauté internationale de gérer le conflit israélo-palestinien plutôt que de s’y confronter. «Si le droit peut être ignoré pendant des décennies, dès lors, quelle en est sa valeur ?» Après avoir évoqué les destructions à Ghaza, le Roi a dénoncé les déplacements forcés en Cisjordanie, qualifiés de «crime de guerre».
Allant dans le même sens, le président Turc, Recep Tayyip Erdogan, s’est violemment attaqué à la «volonté génocidaire» d’Israël, les «actes terroristes d’Etat» qu’il commet à Ghaza et «les violences subies» en Cisjordanie. «Face à cette situation, l’Onu a été rendue incapable de s’acquitter de sa mission», a regretté le président turc, alors que de nombreux intervenants ont formulé des recommandations afin de rétablir la confiance de l’Onu. Pour l’émir du Qatar, Cheikh Tamim ben Hamad Al Thani, un ordre international juste est tout simplement impossible tant que la Palestine continue de souffrir. Le président de l’Assemblée a exhorté, quant à lui, le Conseil de sécurité à «diriger comme nous avons besoin qu’il dirige et d’agir quand nous avons besoin qu’il agisse».
Les interventions ont repris hier avec les représentants de nombreux pays. Le vice-Premier ministre belge, Maxime Prévot, a préféré parler de l’état du monde en citant l’œuvre théâtrale Les Aveugles, de son compatriote Maurice Maaterlinck : «Prenons-nous encore le temps d’entendre ce que l’autre nous dit ?» a-t-il lancé, ajoutant : «Face aux guerres, au dérèglement climatique et aux bouleversements technologiques, la Belgique estime que le monde dispose toujours d’une boussole commune : la Charte des Nations unies et le droit international.»

«La CPI doit continuer à jouer son rôle contre l’impunité»

Le président de l’Estonie, Alar Karis, a constaté que «le monde est en proie aux flammes» et que l’esprit de coopération dans les relations internationales est en train de s’estomper. Il a regretté que ce soit l’Onu qui «en pâtit» et appelé à «soutenir les efforts des mécanismes internationaux visant à documenter les crimes de guerre, à garantir l’obligation de rendre des comptes et à apporter une aide aux personnes dont les droits ont été violés».Il a rappelé que la CPI doit «continuer de jouer un rôle essentiel dans la lutte mondiale contre l’impunité pour les crimes internationaux les plus graves».
Allant à contre courant de nombreuses déclarations, le président de l’Argentine, Javer Geradi Milei, a déclaré que l’Onu «ne sert qu’à nourrir une caste de parasites d’une arrogance fatale, déguisés en bureaucrates bien intentionnés» et pourfendu «ceux qui devaient garantir la sécurité collective et les droits de l’homme» et qui «ont échoué dans leur mission», ceux qui «ont laissé libre cours au chaos, à la violence et au terrorisme international». Selon Milei, «les soi-disant défenseurs des droits de l’homme ont couvert des dictatures sanguinaires et des régimes qui lapident les femmes en pleine rue. Ils ont systématiquement voté contre Israël, tout en gardant le silence face au terrorisme islamique et aux génocides de chrétiens en Afrique». Le président iranien, Messaoud Pezeshkian, a lancé pour sa part : «Nous ne nous inclineront jamais. Le président Trump doit le comprendre.» Selon lui, les Etats-Unis et Israël «nous ont attaqués avec des technologies les plus sophistiquées et ont rendu martyrs nos hommes, nos femmes et nos enfants qui n’avaient commis aucun crime. Mais nous n’avons pas mis le genou à terre. Nous avons riposté, mais nous n’avons pas touché les populations civiles», a-t-il affirmé, accusant les défenseurs de la démocratie d’être les moteurs de la destruction. Le président iranien a dénoncé ce qu’il a appelé les deux poids, deux mesures dans le dossier nucléaire en disant : «Israël dispose de la bombe atomique et n’a pas autorisé la moindre inspection de l’AIEA. Or, on le laisse bombarder à volonté, tandis que l’Iran est l’objet de sanctions. Pas d’armes nucléaires et pas de limites aux technologies nucléaires pacifiques.» Au sujet du détroit d’Ormuz, il a souligné : «Nous ne pouvons permettre que certains bénéficient d’un libre accès pour ensuite nous interdire l’accès à nos propres voies navigables. On ne peut pas forcer l’Iran à se rendre. L’Iran n’a jamais été un agresseur. On nous a imposé la guerre, et nous avons prouvé que nous n’avons pas peur de nous battre. Nous défendrons notre Iran chéri jusqu’à notre dernier souffle.» Le président syrien, Ahmed Al Charaa, a vivement dénoncé les agressions contre le Golan, estimée à plus de 500 frappes aériennes israéliennes, ainsi que des centaines d’incursions et d’arrestations. «Le Golan demeurera un territoire syrien. Toute tentative sera contrée, conformément à la résolution 497 du Conseil de sécurité», a-t-il prévenu, en appelant Israël à se retirer, tout en rejetant «le fait accompli qu’Israël tente d’imposer».
Les travaux reprendront aujourd’hui, avec de nombreuses autres interventions, dont celle très attendue du Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu. Hier, il a annoncé la couleur de son discours, en diffusant sur les réseaux sociaux une vidéo, faite avec l’aide de l’intelligence artificielle, qui montre les représentants des Etats ayant critiqué sa politique génocidaire sous la forme de perroquets, qui répètent sans cesse les accusations contre Israël.

Cisjordanie : des dizaines de colons prennent d’assaut la mosquée Al Aqsa

Des dizaines de colons sionistes ont pris d’assaut mercredi l’esplanade de la mosquée Al Aqsa, dans la ville d’El Qods occupée, et y ont accompli des rituels talmudiques sous la protection des forces de l’occupation sioniste. Le Département des Waqfs islamiques à El Qods a indiqué que 91 colons sionistes avaient pris d’assaut la mosquée Al Aqsa par groupes depuis la porte des Maghrébins, pour se diriger vers l’esplanade. Selon la même source, ces incursions ont eu lieu dans différentes parties de la mosquée, où les colons sionistes ont accompli des rituels talmudiques. L’incursion d’aujourd’hui s’inscrit dans le prolongement d’une vague d’escalade ayant visé la mosquée Al Aqsa ces derniers jours, parallèlement à la période des fêtes sionistes, notamment dimanche et lundi derniers. Selon le gouvernorat d’El Qods, 1678 colons sionistes ont pris d’assaut la mosquée Al Aqsa les 20 et 21 septembre, dont 992 dimanche et 686 lundi, indiquant qu’il s’agissait des chiffres les plus élevés enregistrés à cette occasion. Le gouvernorat d’El Qods occupée a également souligné, dans un communiqué, que les forces de l’occupation sioniste imposaient un large silence médiatique sur ce qui se déroule dans les esplanades de la mosquée Al Aqsa. Il a affirmé que l’occupation sioniste avait restreint les déplacements et l’activité dans la ville d’El Qods occupée, imposant une fermeture générale des institutions et des commerces ainsi que des restrictions à la circulation. R. I.

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