Économie

Gaz en Algérie : la production augmente de 4 %, mais la consommation explose

Par Mohamed Rahmani•4 min de lecture
Brifa
Gaz en Algérie : la production augmente de 4 %, mais la consommation explose
Résumé IA

La production de gaz algérienne a progressé de 4 % sur les sept premiers mois de 2026, mais la consommation intérieure a bondi de 7 %, absorbant plus de la moitié des volumes produits.

Production et consommation (janvier–juillet, milliards de m³)

PériodeProductionConsommationPart consommée
202560,18430,94251 %
202662,62133,14953 %
Variation+4 %+7 %—

Juillet 2026 : détail des flux (milliards de m³)

IndicateurVolumeVariation annuelle
Production8,612+3 %
Consommation totale4,657+12,6 %
→ dont électricité3,208~+100 %
Exportations totales3,764–5 %

Exportations par canal en juillet (milliards de m³)

Canal20252026Variation
Gazoducs2,9383,184+8 %
GNL1,0320,580–44 %
O

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L’Algérie produit davantage de gaz en 2026. Mais elle en consomme aussi beaucoup plus. Entre janvier et juillet, la production nationale de gaz naturel a augmenté d’environ 4 %, tandis que la demande intérieure a progressé de 7 %. En été, l’écart s’est encore creusé, sous l’effet d’une consommation électrique record.

Sur les sept premiers mois de l’année, la production algérienne a atteint 62,621 milliards de mètres cubes, contre 60,184 milliards sur la même période de 2025. Le gain est donc d’environ 2,44 milliards de m³ en un an. Ces données proviennent de JODI, la Joint Organisations Data Initiative, et ont été reprises par le média spécialisé dans l’énergie Ataqa. Le niveau de production reste solide. Mais la hausse de la consommation intérieure est encore plus rapide.

Plus de 33 milliards de m³ consommés en sept mois

Entre janvier et juillet, l’Algérie a consommé 33,149 milliards de m³ de gaz, contre 30,942 milliards un an plus tôt. La progression dépasse donc légèrement 7 %. Cela signifie que près de 53 % du gaz produit sur la période a été absorbé par le marché national. Le mois de juillet résume à lui seul la tension qui s’installe.

La production a atteint 8,612 milliards de m³, en hausse d’environ 3 % sur un an. Dans le même temps, la consommation domestique a bondi de 12,6 %, à 4,657 milliards de m³. Plus de la moitié du gaz produit ce mois-là a donc été consommée en Algérie.

L’électricité devient le principal moteur de la demande

La première explication est la production électrique. En juillet, les centrales algériennes ont absorbé 3,208 milliards de m³ de gaz, soit près de 69 % de la consommation intérieure du mois. Un an plus tôt, elles n’avaient utilisé que 1,606 milliard de m³. La quantité de gaz destinée à l’électricité a donc pratiquement doublé.

Cette évolution correspond aux records enregistrés sur le réseau électrique. Le 19 août 2026, la demande nationale a atteint 21 828 MW, un record historique. Le précédent record de 2025 était de 20 628 MW. La hausse représente 1 200 MW en un an, soit près de 5,8 %. Le ministère de l’Énergie a attribué cette poussée notamment à la vague de chaleur et à l’humidité élevée dans plusieurs régions du pays.

La climatisation pèse fortement sur les pointes estivales. Mais la tendance est plus structurelle : croissance démographique, urbanisation, développement industriel et généralisation des équipements électriques augmentent progressivement les besoins énergétiques du pays.

Les exportations reculent en juillet

Cette hausse de la demande intérieure réduit mécaniquement les volumes disponibles pour l’exportation. En juillet, les exportations algériennes de gaz, par gazoducs et sous forme de GNL, ont reculé de plus de 5 %, à 3,764 milliards de m³, contre 3,971 milliards un an auparavant.

La situation diffère toutefois selon les canaux. Les exportations par gazoducs ont progressé à 3,184 milliards de m³, contre 2,938 milliards en juillet 2025, soit une hausse d’environ 8 %. À l’inverse, les exportations de gaz naturel liquéfié ont chuté à 580 millions de m³, contre 1,032 milliard un an plus tôt. La baisse du GNL atteint donc près de 44 %.

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