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Industrie électronique : De la logique d’assemblage à la maîtrise technologique

Par Kamel Benelkadi•6 min de lecture
Brifa
Industrie électronique : De la logique d’assemblage à la maîtrise technologique
Résumé IA

Bomare Company, acteur algérien de l'électronique, ambitionne de passer d'une logique d'assemblage à une véritable maîtrise industrielle et technologique, selon son PDG Ali Boumediène.

Lors d'une rencontre avec la presse à Alger, le fondateur a souligné la nécessité de bâtir un écosystème de sous-traitance et de cibler les marchés extérieurs plutôt que de se limiter au marché local.

Le groupe, initialement actif dans la distribution dès les années 1990, a évolué vers l'assemblage en 2002, puis vers la fabrication industrielle en 2006 via un partenariat américain destiné au marché européen.

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Pour Ali Boumediène, fondateur et PDG de Bomare Company, le développement d’une industrie algérienne passe désormais par la constitution d’un véritable écosystème de sous-traitance et la conquête des marchés extérieurs.

Bomare Company a organisé, mardi à Alger, une première rencontre avec la presse consacrée aux enjeux de l’industrie électronique en Algérie autour d’une question centrale : Comment passer progressivement d’une logique d’assemblage à une véritable maîtrise industrielle et technologique ? Cette rencontre, conçue comme un espace d’échange et de dialogue avec les médias, s’inscrit dans une réflexion plus large sur la capacité de l’industrie électronique nationale à contribuer à la construction d’une économie plus intégrée. La souveraineté industrielle ne se résume pas à produire localement. Elle implique également la capacité à développer et maîtriser progressivement les technologies, les processus industriels, les compétences, les savoir-faire et les différentes étapes de la chaîne de valeur. A travers son expérience, l’entreprise souhaite ainsi partager une trajectoire industrielle construite en Algérie, en mettant l’accent sur les choix technologiques, le développement des compétences et les processus permettant de renforcer progressivement la valeur ajoutée locale.
Dans ce contexte de l’assemblage à l’intégration industrielle, le groupe Bomare Company revendique «vingt-cinq années d’apprentissage et d’investissement dans l’électronique». Pour Ali Boumediène, fondateur et PDG de Bomare Company, «le développement d’une industrie algérienne passe désormais par la constitution d’un véritable écosystème de sous-traitance et la conquête des marchés extérieurs». Pendant que certains pays voisins ont accéléré leur industrialisation en attirant davantage de sociétés étrangères et en développant des politiques d’incitation, l’Algérie a, elle aussi, engagé dès les années 2000 une politique visant à accompagner les opérateurs dans la fabrication locale. Pour lui, cette construction industrielle doit cependant être envisagée dans la durée.
«Une industrie, c’est comme un bébé. Elle commence par apprendre, elle grandit, elle développe son corps et ses capacités. Mais si l’on ne l’accompagne pas, elle peut rester un bébé pendant un siècle», explique-t-il. L’histoire de Bomare s’inscrit précisément dans cette logique.

«Samsung et LG n’ont pas grandi seuls»

Le groupe commence à se développer dans la distribution de produits électroniques et électroménagers au cours des années 1990. Une expérience qui pousse son dirigeant à regarder ce qui se fait ailleurs. «J’ai commencé à voyager en Asie en 1997 pour voir comment cela se passait derrière. Je voulais comprendre comment on passe de la distribution à la fabrication, puis de la fabrication à la maîtrise technologique», a-t-il affirmé. Le passage à l’industrie se fait progressivement.
Après une première phase consacrée à l’assemblage entre 2002 et 2005, Bomare franchit une nouvelle étape en 2006 avec l’installation d’équipements industriels et la conclusion d’un partenariat américain dans la fabrication électronique. «Notre objectif était de fabriquer pour le marché européen. C’est un marché mature, avec un consommateur exigeant. Cela nous oblige à régler en interne la qualité, les délais, le service», a-t-il souligné. Pour le PDG de Bomare, la véritable question n’est toutefois plus aujourd’hui de savoir si l’Algérie peut assembler des produits électroniques. L’enjeu est de franchir un nouveau palier dans l’intégration industrielle : «Aujourd’hui, nous avons un produit fabriqué localement dans l’électronique, notamment dans la télévision. Mais si nous voulons continuer, il faut passer à d’autres produits, y compris des produits professionnels comme les écrans, les serveurs et d’autres équipements.» Cette évolution suppose de dépasser une vision limitée de la production nationale. Une usine ne peut, à elle seule, fabriquer tous les composants nécessaires à son activité.
«Quand on parle de fabrication, il est impossible de fabriquer tous les composants. Il faut construire un écosystème», a-t-il ajouté. «Samsung et LG n’ont pas grandi seuls. Ils ont créé autour d’eux tout un tissu d’entreprises qui travaillent pour leurs activités. C’est cela l’écosystème», a-t-il expliqué. Au terme de son intervention, le PDG de Bomare revient à ce qui constitue, selon lui, le fil conducteur de sa stratégie industrielle : ne pas limiter l’entreprise au marché algérien. «Nous pouvons faire des efforts et accompagner des partenaires pour le marché local. Mais notre sujet, ce n’est pas le marché local. C’est l’export.» Une ambition qui suppose de consolider simultanément la production, la sous-traitance, les compétences, les services et les débouchés.


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