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L’hydrogène vert : une opportunité historique pour l’Algérie !

Par Cherif Lahdiri•4 min de lecture
Brifa
Résumé IA

Le corridor SoutH2, long de 3 300 km et réutilisant le réseau gazier, acheminera quatre millions de tonnes d'hydrogène vert par an vers l'Italie, l'Autriche et l'Allemagne, couvrant 40 % de l'objectif européen 2030.

L'Algérie vise un co-développement industriel inspiré du modèle germano-chilien, avec formation d'ingénieurs, sous-traitance nationale et cadre réglementaire, le projet pilote de 50 MW à Arzew servant de première démonstration.

Un rapport allemand désigne l'Algérie comme site prioritaire grâce à son raccordement direct au corridor, un avantage de coût décisif face aux concurrents contraints de convertir en ammoniac.

Classé projet d'intérêt commun européen depuis décembre 2025, le corridor ouvre l'accès aux financements communautaires et confirme l'Algérie comme partenaire incontournable de la transition énergétique.

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Le corridor SoutH2 s’annonce comme l’un des projets énergétiques les plus ambitieux jamais conçus entre l’Algérie et l’Europe. Trois mille trois cents kilomètres de pipelines, en grande partie issus du réseau gazier existant, achemineront jusqu’à quatre millions de tonnes d’hydrogène vert par an vers l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne. Ce corridor doit couvrir plus de 40% de l’objectif d’importation que s’est fixé l’Union européenne à l’horizon 2030. L’équation se résume ainsi : l’ensoleillement exceptionnel de l’Algérie et sa proximité géographique avec l’Europe lui confèrent un avantage que peu de concurrents peuvent revendiquer.
Ce potentiel naturel, l’Algérie a choisi de ne pas le laisser en sommeil. L’Algérie conduit, avec méthode, une diplomatie énergétique qui ambitionne de faire de ce projet un véritable levier de développement industriel national, et non une simple opération d’exportation supplémentaire. Le protocole signé entre Sonatrach et VNG AG, prolongé depuis 2025 par l’Alliance de l’Hydrogène Algérie-Europe, illustre cette approche pragmatique et progressive : un cadre d’exploration commune qui pose les bases d’une coopération appelée à se structurer davantage dans les mois à venir.
L’Allemagne a déjà démontré, avec le Chili, qu’un modèle de co-développement industriel est possible : Siemens Energy y a implanté ses électrolyseurs de dernière génération ainsi que ses technologies de capture du CO2 et de synthèse de méthanol, permettant aux ingénieurs chiliens de maîtriser eux-mêmes la fabrication industrielle.
C’est précisément cette ambition que l’Algérie porte pour elle-même. Le pays s’attache à poser les fondations structurelles nécessaires (formation d’ingénieurs et de techniciens spécialisés, émergence de sous-traitants nationaux, cadre réglementaire adapté) pour que ce partenariat se traduise, à terme, par un tissu industriel national comparable à ce Mittelstand qui fait la force de l’industrie lourde allemande. Le projet pilote de Sonatrach à Arzew, avec ses cinquante mégawatts, en sera la première démonstration concrète.
Sur le plan géopolitique, la position de l’Algérie est particulièrement solide, et le pays en tire pleinement parti. Un rapport gouvernemental allemand désigne d’ailleurs explicitement le pays comme site prioritaire, en raison de l’avantage de coût de transport que confère le raccordement direct au corridor ; un avantage que ne peuvent revendiquer des producteurs plus lointains, contraints de convertir leur hydrogène en ammoniac avant expédition. Face aux projets rivaux d’Egypte ou du Golfe, l’Algérie dispose d’un atout structurel décisif : la réutilisation d’infrastructures gazières déjà amorties, fruit d’une politique énergétique de longue date.
Ce basculement du statut de troisième fournisseur de gaz naturel de l’Europe à celui de tête de pont hydrogène du continent n’est donc pas le fruit du hasard, mais celui d’une vision stratégique assumée. Porté depuis décembre 2025 au rang de projet d’intérêt commun européen, ce qui lui ouvre l’accès aux financements communautaires, le corridor SoutH2 confirme la capacité de l’Algérie à se positionner comme un partenaire fiable et incontournable de la transition énergétique européenne. A travers ce projet, l’Algérie répond certes à une demande extérieure, mais elle affirme également sa volonté de bâtir, sur la durée, une filière nationale de l’hydrogène vert au service de son développement économique et de sa souveraineté industrielle.

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