Diaspora algérienne : pourquoi les transferts d’argent restent loin derrière ceux du Maroc et de la Tunisie

L'économiste Zoheir Rouis révèle que les transferts officiels de la diaspora algérienne n'ont atteint que 1,799 milliard de dollars en 2025, loin derrière le Maroc (13,65 milliards) et la Tunisie (3,26 milliards).
Sur dix ans, les transferts enregistrés vers l'Algérie ont baissé de 10 % alors qu'ils ont bondi de 114 % pour le Maroc et de 79 % pour la Tunisie, reléguant l'Algérie au onzième rang africain.
L'écart s'explique notamment par un différentiel de change de 53 à 80 % entre le taux officiel et le marché parallèle, qui détourne une partie des fonds vers des circuits informels non comptabilisés.
Rouis propose de moderniser les circuits bancaires et de simplifier l'investissement pour mieux capter le potentiel économique d'une diaspora riche en cadres, entrepreneurs et chercheurs.
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Les transferts d'argent de la diaspora représentent une source importante de devises pour de nombreux pays. En Algérie, les montants officiellement enregistrés en 2025 montrent un écart avec ceux du Maroc et de la Tunisie, mais ces données ne permettent pas de mesurer l'ensemble des flux financiers liés à la diaspora.
Dans une contribution publiée ce mercredi 23 septembre 2026 sur sa page Facebook, l’économiste Zoheir Rouis analyse la situation des transferts de la diaspora algérienne à partir des données attribuées au Fonds international de développement agricole (FIDA). Il souligne notamment la différence entre les sommes recensées par les circuits officiels et les flux financiers qui peuvent ne pas apparaître dans les statistiques.
L’Algérie a enregistré 1,799 milliard de dollars de transferts en 2025
Selon les chiffres cités par Zoheir Rouis, les transferts officiellement enregistrés des Algériens établis à l’étranger ont atteint 1,799 milliard de dollars en 2025. Sur la même période, le Maroc aurait reçu 13,65 milliards de dollars et la Tunisie 3,26 milliards de dollars.
Ces montants placeraient l’Algérie au onzième rang africain pour les transferts officiels de sa diaspora en 2025, alors qu’elle figurait encore parmi les cinq premiers pays africains en 2016, selon l’analyse publiée par l’économiste.
Sur une période de dix ans, les transferts officiellement enregistrés vers l’Algérie auraient diminué d’environ 10 %. À l’inverse, les montants destinés au Maroc auraient progressé de 114 %, tandis que ceux de la Tunisie auraient augmenté de 79 % sur la même période.
Ces données concernent uniquement les sommes qui passent par les circuits officiellement recensés. Elles ne permettent donc pas, à elles seules, d’évaluer la totalité des montants envoyés par les Algériens établis à l’étranger.
Les chiffres officiels ne reflètent pas tous les flux de la diaspora
Dans sa contribution, Zoheir Rouis explique que l’écart entre les montants enregistrés et les flux financiers réels est lié à plusieurs facteurs. Selon lui, la situation ne relève pas d’un manque d’engagement de la diaspora, mais plutôt du fonctionnement global du système.
L’économiste souligne notamment que la différence entre le taux de change officiel et celui pratiqué sur le marché parallèle peut encourager une partie des opérations à sortir des circuits bancaires. Il indique que cet écart se situe entre 53 % et 80 %, ce qui constitue, selon lui, un facteur important dans le choix des canaux utilisés pour transférer les devises.
Une partie des fonds peut ainsi entrer en Algérie en dehors des circuits financiers officiellement recensés, notamment lors des déplacements des membres de la diaspora. Ces montants ne sont alors pas intégrés dans les statistiques officielles des transferts.
La comparaison avec le Maroc et la Tunisie concerne donc principalement les sommes captées par les systèmes financiers formels. Elle ne permet pas, à elle seule, de mesurer l’ensemble des contributions financières des différentes diasporas.
La diaspora algérienne représente aussi un potentiel économique
Au-delà des transferts destinés aux familles, Zoheir Rouis met en avant le rôle économique que pourrait jouer la diaspora algérienne. Il évoque notamment la présence de cadres, d’entrepreneurs, de chercheurs et d’investisseurs installés à l’étranger.
Selon son analyse, la relation avec les Algériens établis hors du pays pourrait dépasser les seuls transferts d’argent et intégrer davantage l’investissement, le transfert de compétences ainsi que la création de liens économiques avec les entreprises algériennes.
L’économiste avance plusieurs pistes pour renforcer cette relation, comme la modernisation des circuits bancaires, la simplification des démarches administratives et la création de mécanismes permettant aux ressortissants établis à l’étranger d’investir plus facilement en Algérie.
Les chiffres des transferts officiellement enregistrés mettent ainsi en évidence un écart entre l’Algérie et ses voisins maghrébins. Pour Zoheir Rouis, l’enjeu consiste à créer des conditions permettant de mieux intégrer les contributions économiques de la diaspora dans les circuits formels et de renforcer sa participation au développement économique du pays.