L’IA, une idéologie et une poignée de milliardaires à la manœuvre

Par Abdelkader Leklek•24 min de lecture
Brifa
Résumé IA

La « PayPal Mafia » menée par Peter Thiel exploite l'IA pour concentrer un pouvoir mondial sans précédent entre les mains d'une techno-élite alliée au mouvement MAGA.

L'idéologie de Thiel mêle ultralibéralisme, droite populiste et transhumanisme, fondée sur la théorie du désir mimétique de René Girard qu'il étudia à Stanford.

Des figures comme Elon Musk, Reid Hoffman et David Sacks contrôlent désormais de grandes plateformes et détiennent une influence politique, Sacks étant le « tsar IA et crypto » de Trump.

L'expert Paolo Benanti alerte sur cette concentration de pouvoir menaçant la dignité humaine et réclame une gouvernance éthique de l'IA via l'Appel de Rome.

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Le Quotidien d'Oran

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PRELUDE

L’ordre en place qui structure la terre arrive-t-il à son terme ?

Même si aucun agencement structurel d’une quelconque organisation n’est immuable et que tout système à un moment donné atteint sa saturation. Le monde a bien connu divers cycles et qu’enfin de compte il y eut des adaptations, des acclimatations, des restructurations, des redistributions d’influences, mais la vie a toujours repris le dessus et les humains ont continué à cohabiter selon de nouvelles normes et d’autres modèles.

Les terriens ont toujours su trouvé le chemin pour s’adapter à tous les bousculements, même avec de la casse et des dégâts dans les constructions sociales élaborées durant des siècles. Souventefois, il y eut des génocides et autres ethnocides, cependant la vie a toujours triomphé.

Sans remonter au déluge ni à la révolution prométhéenne, il y a eu des guerres, des reconfigurations géographiques, des conceptualisations de corps doctrinaires, des théories philosophiques, des systèmes de croyances. Des révolutions et des ruptures substantielles jalonnent l’histoire de l’humanité avec des déclassements sociaux, des générations éteintes et des disparitions de civilisations remplacées par d’autres. Jusque là toutefois, les grands équilibres ont pu être sauvés et maintenus pour que la vie sur la planète continue, combien même avec des inégalités structurelles, des disparités létales, des injustices garrotant tous les droits et des gaps dégradants déniant toute dignité humaine à l’autre.

D’éminents penseurs ont élaboré des idées préconisant chacun selon ses références un gouvernement mondial pour que la paix règne, sans jamais parvenir à l’instaurer. Les formes institutionnelles de gouvernance à essence bureaucratique et d’autres considérations les ont, jusqu’à présent, fait échouer.

Les protagonistes modernes de la nouvelle révolution, il n’y a aucune femme dans le lot, s’appuyant sur l’Intelligence Artificielle, et leurs entreprises leader de la Tech et surtout de la deep Tech, entreprennent de prendre le contrôle de toutes les structures qui organisent le pouvoir à travers le monde, pas en les attaquant en un face à face, mais en les contournant.

En face il y a des interventions étatiques en concurrence pour le leadership et enfin ceux et celles qui devant le dilemme de la nécessité de l’utilisation de l’IA, d’un côté et le risque de perdre son contrôle de l’autre. Donc à l’impossibilité de la bloquer au cas où. Ainsi, que faire ? Si ces derniers proposent un endiguement de l’IA, les deux autres sont prêts à tout.

COMMENT ?

Les patrons de la Tech utilisent au maximum les capacités de l’I A et œuvrent à pousser continuellement ses limites. Ils manipulent, quasiment en toute liberté, la puissance des possibilités qu’offrent les nouvelles technologies parce qu’ils en sont les exclusifs receleurs monopolistes.

LEUR BUT ?

Ils projettent de mettre la main sur une concentration de pouvoirs jamais atteinte depuis la création du monde, et la séquestrer entre les mains d’une coterie, une pseudo techno-élite.

Cette façon de procéder est par excellence disruptive. Elle diffère de toutes les aliénations que la terre aura vu passer. La planète garde dans chaque recoin de ses continents des mémoires, des stigmates et autres traumas de folies fondées sur des certitudes dont les aboutissements se sont déclinés au final en massacres idéologico-politiques, en exterminations à motivations religieuses, et différents génocides et ethniques. En camps de concentration, en goulags et autres laogai, ces camps de rééducation par le travail.

QUI SONT-ILS ?

Leur filiation et leur extraction tiennent en cette dénomination : LA PAYPAL MAFIA.

Dans une publication au Grand Continent14 mars 2026, Paolo Benanti, prêtre franciscain, en donne une description. Ce dernier fut conseiller du pape François Bergolio, il est expert auprès de l’ONU et du gouvernement italien et fut un acteur principal lors de la rédaction de l’Appel de Rome pour l’éthique de l’I A. C’est un document qui- grosso modo- aspire à mander l’opinion publique internationale pour agir afin que les protagonistes de l’I A s’engagent à garantir que toutes leurs innovations technologiques observent une éthique préservant la dignité humaine et le respect de l’environnement. Ainsi son développement demeurera réellement au service de l’intérêt et du bien commun de l’humanité.

Benanti en brosse ce tableau dans sa contribution à la revue cité supra, il dit : ‘’ce groupe d’anciens employés et cofondateurs de PayPal qui représente sans doute l’une des plus fortes concentrations de talent entrepreneurial et de puissance économique de notre époque’’.

‘’Cette alliance n’a rien de théorique ; au-delà du mythe, elle s’est forgée dans l’intensité d’un environnement extrêmement compétitif et dans la lutte commune pour la survie de PayPal à ses débuts.

Parmi ses membres figurent des personnalités qui ont littéralement redessiné le paysage technologique - et donc social - du XXIe siècle. Pour ne citer que quelques noms, aux côtés de Peter Thiel, véritable parrain intellectuel du groupe, on trouve Elon Musk, qui fondera ensuite Tesla et SpaceX ; Reid Hoffman, créateur de LinkedIn ; Max Levchin ; Chad Hurley, Steve Chen et Jawed Karim, fondateurs de YouTube ; Jeremy Stoppelman de Yelp ou encore David Sacks, actuel « tsar IA et crypto » de Trump, et le très influent Marc Andreessen.’’

Il est également à noter que cette identification leur vient d’une photo prise en costumes de parrains mafieux qui fut diffusée après leur vente du système de payement en ligne sécurisé, pay pal au site étasunien de commerce en ligne eBay en juillet 2002.

Sauf que depuis début de cette odyssée entrepreneuriale florissante et génératrice d’immenses fortunes qui est née dans la silicon valley d’un coté. Et de l’autre sa jonction politique avec le mouvement MAGA, les uns avaient besoin de financement, les autres avaient une détermination pour protéger leur monopole sur l’IA et par conséquent leurs pouvoirs et leurs fortunes ; il fallait alors une doxa, un leader et un corps doctrinaire efficaces et décisifs pour que ce couplage fonctionne.

Dès lors Peter Thiel s’engagea à développer une idéologie où s’amalgament diverses théories ultralibérales et de droite populiste, voire de transhumanisme pour former un système de pensée qui depuis jalonne ce nouveau ce prétendu système de gouvernance.

Cet assemblage doctrinal propagateur tire ses fondements de la théorie du désir mimétique développée par le philosophe français René Girard, dont Peter Thiel fut l’étudiant à Stanford. Abreuvé des enseignements du philosophe, Thiel échafauda un management à la fois stratégique et opérationnel pour s’affirmer. Il fut le premier investisseur externe de facebook, en y injectant 500 000 dollars us. A ce sujet, on dit de lui qu’il avait su anticiper l’avenir. Il avait compris avant tous les autres, que l’utilisation de l’immense banque de données qu’allait générer et accumuler l’application, sa formidable expansion rapide ainsi que les gains qu’elle allait drainer étaient l’avenir du business et aussi du pouvoir. On lui attribut également la paternité et l’ingéniosité du bouton ‘’like’’, cet outil qui fait le bonheur des banques de données avait été en réalité conçu et déployé par les équipes d’ingénieurs et de designers de Facebook en 2009, mais cela atteste la matérialisation de la théorie du désir mimétique de René Girard. Qui affirme que : un individu ne désir pas d’une manière autonome, mais imite le désir d’un autre qu’il prend pour modèle. Selon Girard, le triptyque est le suivant : le sujet, l’objet désiré et le modèle imité.

Se sont Nastasia Hadjadji et Olivier Tesquet qui dépeignent au plus prés Thiel en lui consacrant un chapitre, pages 29/37, dans leur opus : Apocalypse Nerds, éd. Divergences 2025. Ils le décrivent ainsi ; ‘’ Thiel s’es progressivement imposé comme le centre de gravité d’une nouvelle droite technocratique. Qui veut au choix, dévorer la politique ou s’en emparer. Il est devenu un sismographe ; l’observer permet de détecter les secousses et les lignes de faille de l’ordre technofasciste naissant. Dans son ombre grandissent une constellation d’idéologues, de startups et même son extension politique à la Maison Blanche, le vice-président en personne. J D Vance’’. (...) il est à l’origine de l’idéologie qui a fini par définir la Silicon Valley : le progrès technologique doit être poursuivi sans relâche et sans se soucier, ou presque, des coûts potentiels ou des dangers pour la société’’. (...) la mission de paypal est très claire dans l’esprit de Thiel : éroder, si ce n’est corroder l’Etat nation, et poser la technologie en alternative à la politique. Il expliquait : la vision fondatrice initiale était que nous allions utiliser la technologie pour renverser le système monétaire international. Nous étions peu nombreux pour gagner une élection, mais nous pouvions peut-être changer le monde unilatéralement sans avoir à constamment convaincre l’opinion, la supplier et l’implorer.’’

Par ailleurs, Thiel a affirmé ceci:’’ je ne crois plus que la liberté et la démocratie soient compatibles’’.

Depuis il a créée en 2004 Palantir l’entreprise spécialisée dans l’analyse massive de données, par l’intelligence artificielle, qui selon les mêmes auteurs a été financée par In-Q-Tel, le fonds d’investissement de la CIA.

Bien que la PayPal Mafia soit composée de 19 membres, Benanti a choisi de ne retenir que quatre figures qui par leur façon d’agir menacent l’agencement contemporain du monde. Il s’agit de : Peter Thiel : cofondateur de PayPal et Fondateur de Palantir Technologies et, qui théorise la sortie de la démocratie par le monopole technologique.

Elon Musk : Cofondateur de PayPal et figure de proue de l’accélérationnisme de la Tech, aujourd’hui très lié à la restructuration de l’appareil d’État .Reid Hoffman : Membre éminent de la «PayPal Mafia», cofondateur de LinkedIn. Marc Andreessen : Investisseur majeur de la Silicon Valley, théoricien du techno-optimisme radical et du pouvoir des algorithmes.

QUELLE EST LEUR IDEOLOGIE ?

A y regarder de plus près, il s’agit d’une hybridité. Une nébuleuse fluctuante au gré des besoins de ses démiurges. Essentiellement d’obédience libertariste radicale, elle renferme la primauté de la liberté individuelle sans limites et du marché sur les attributs régalien de l’Etat. Cela se décline en le rejet de la démocratie et tous ses composants, qui selon cette camarilla entravent les libertés économiques, quand le suffrage universel est lui banni au profit du gouvernement d’une élite de technocrates visionnaire, prônant le techno-solutionnisme.

L’Etat est perçu comme un frein à l’innovation et aux libertés individuelles. Ils rejettent toutes les régulations légales, qu’elles soient économiques sociales. Désormais, Peter Thiel prône lors ses conférences et séminaires sur inscription et en présentiel uniquement, strictement fermés et confidentiels, un techno-prophétisme. A Rome en mars 2026 lors d’une série de quatre conférences il avait, selon certaines fuites, développé ses pensées synthétisées ainsi :’’ Et si l’Antéchrist du XXII” siècle n’était pas le technologue fou, mais celui qui promet de sauver l’humanité des dangers de la technologie en supprimant progressivement sa liberté ?’’

Ceci dit, il y a une autre facette de cette idéologie qui exalte le transhumanisme, porté particulièrement par Elon Musk à travers son entreprise Neuralink qui finance la recherche et le développement contre le vieillissement. Mais aussi, tout le programme pour élargir les perspectives dans le domaine de la neurotechnologie porté par ce transhumanisme.

En l’occurrence, le programme consiste en l’insertion d’implants cérébraux, c’est à dire de puçage du cerveau. D’ailleurs, le 30 janvier 2024, un premier patient a été greffé avec une puce Neuralink nommé Telepathy. Dans la même démarche, c’est Musk qui formulait en bon conseilleur prêcheur, sa théorie principielle et aussi son credo cardinal. Il recommandait : ‘’ Si vous ne pouvez battre la machine, le mieux est d’en devenir une’’. Cela se passait lors du sommet mondial des gouvernements, cet événement annuel qui se tient depuis 2013 à Dubaï. Ce conclave traite des questions du futurisme, des technologies et des innovations.

Au sujet du propriétaire de Tesla, au début d’un article sur la revue Philosophie magazine de février 2025, intitulé : ‘’ Dans la tête d’Elon Musk, la rédactrice en chef, Anne Sophie Moreau s’interrogeait : Mais qu’incarne au juste la figure de Musk ?

Elle répond ainsi : ‘’ le futur, sans doute. Un futur qu’il invente sans attendre que l’Etat s’en mêle, voire en piétinant les principes qui régissent la société’’.

Dans cette réplique il y a un véritable concentré du projet qui est mis en route par Musk. Pour cela, lui qui se dit libertarien, c’est-à-dire opposé à l’étatisme, cette doctrine qui prône l’intervention systématique de l’Etat. Lui qui conteste l’existence de toutes les structures gouvernementales, qui réfute toute forme d’impôts, s’est rapproché de l’Etat US, sans s’encombrer de qui le dirige, démocrates, républicains ou autres, pour bénéficier des subventions étatiques et de la commande publique à montants énormes, pour faire tourner et fructifier ses affaires.

C’est la même conduite pour Peter Thiel, qui à travers son entreprise Palantir possèdent des contrats faramineux avec beaucoup d’états. Il fournit des logiciels d’analyses de données massives, de d’intégration au gouvernement des USA, à ses armées, à la CIA, au FBI et particulièrement à l’ICE la police de l’émigration.

Il fournit également la Grande Bretagne, la France jusqu’à juin 2026 et bien entendu Israël. Dans le cas de l’état sioniste, Mathéo Malik rédacteur en chef de la revue Grand Continent, dit dans un article publié 09 mars 2026 :’’les systèmes connus sous le nom de Gospel et Lavender sont des outils de génération automatisée de cibles, qui produisent des recommandations d’objectifs militaires à un rythme et à une échelle qu’aucun analyste humain ne pourrait égaler. Des enquêtes journalistiques, notamment du média israélo-palestinien +972, ont documenté la manière dont ces systèmes contribuent à une logique de ciblage de masse, dans laquelle le seuil de tolérance aux dommages collatéraux a été algorithmiquement rehaussé. Gospel et Lavender sont des systèmes développés en interne par l’unité 8200 de Tsahal, et à ce titre ils ne sont pas des produits Palantir, mais cette distinction ne suffit pas à dédouaner l’entreprise. ‘’.

C’est de ce sujet là que traite et dénonce le film documentaire Naza , qui a reçu le prix spécial du jury à la Mostra de Venise 2026 et qui a été largement vilipendé en Israël et dont les auteurs sont menacés par Netanyahou de déchéance de la nationalité israélienne. C’est dans l’ordre de la stratégie de défense sioniste. Zéro critique de sa criminelle armée tueuse d’enfants.

Le titre fait référence à un acronyme militaire hébreu (nezek agavi), qui se traduit en français par ‘’ dommage collatéral ‘’. Le film explore et dénonce l’utilisation massive de l’intelligence artificielle et des technologies de surveillance par l’armée israélienne pour planifier les frappes aériennes et cibler systématiquement les suspects dans la bande de Gaza depuis le 7 octobre 2023. Dans le film, cet acronyme désigne précisément le seuil ou le nombre de victimes civiles jugé «acceptable» par les forces israéliennes sur leurs écrans de contrôle lors de la validation d’une frappe visant à éliminer une cible militaire.

LES REACTIONS A CE DETOURNEMENT DE L’IA PAR LES ETATS

Des voix autorisées commencent à se faire entendre pour rejeter cette stratégie hégémonique de l’utilisation de l’IA, pour l’orienter vers le bien être humain commun. Elles dénoncent pareillement la course effrénée de certaines entreprise de la Tech à une forme de surenchères à finalité humainement contre productive.

Dans livre intitulé : la déferlante, intelligence artificielle, pouvoir : le dilemme majeur du XXIe siècle, éditions Fayard 2023, Mustafa Suleyman et Michael Bhaskar, proposaient déjà une conduite à tenir. La voici résumée, justement par l’intelligence artificielle : ‘’ Comment conserver les bénéfices de la technologie tout en empêchant ses usages les plus dangereux ? Nous ne pouvons probablement pas arrêter la vague technologique, mais nous devons apprendre à la contenir et à l’orienter. Nous ne pouvons pas empêcher la vague technologique d’arriver ; notre seule véritable chance est de construire suffisamment de garde-fous pour pouvoir la traverser sans être submergés par elle. Le problème n’est pas de supprimer la vague, mais d’apprendre à naviguer avec elle’’.

Avant cette mise en garde et dans la même veine, l’essayiste italo-suisse Empoli Giuliano, dans son livre : ‘’ les ingénieurs du chaos’’, avait développé un modèle démontrant les menaces que pouvaient déclencher l’utilisation ténébreuse de l’IA, en politique. Il visait les spin doctors, ces idéologues occidentaux, connectés aux Big-Data qui utilisent une forme d’IA pour influencer et manipuler les opinions, au profit de leurs intérêts. Voici le schéma des ingénieurs du chaos vu également par l’intelligence artificielle :

1/La politique devient un produit personnalisé : grâce aux données numériques, les campagnes peuvent cibler différents groupes avec des messages adaptés.

2/La colère devient une ressource politique : plutôt que de chercher systématiquement le consensus, certains stratèges cherchent à provoquer l’indignation et le conflit, car les contenus émotionnels circulent davantage.

3/Les réseaux sociaux bouleversent le débat public : les algorithmes favorisent souvent les contenus qui suscitent réactions, commentaires et partages.

4/La provocation peut devenir une stratégie : scandales, erreurs, déclarations choquantes et polémiques permettent de rester constamment présent dans l’espace médiatique.

5/Les faits et les émotions entrent en concurrence : les théories complotistes et les fausses informations peuvent prospérer lorsqu’elles correspondent aux croyances ou aux frustrations d’un public.

6/Le « peuple contre les élites » devient un récit politique puissant : l’inexpérience d’un candidat peut être présentée comme une preuve qu’il n’appartient pas au système traditionnel.

QUE FAIRE ?

Considérant ces avertissements, serait-il avantageux ou pas de réguler ?

Les bienfaits, les avantages, le gain de temps et autres facilités que permet l’intelligence artificielle sont, il indéniable, vitaux, cruciaux et décisifs, que des protocoles de contrôle, de surveillance et d’alerte soient dès à présent envisagés et mis en place.

Grace à l’intelligence artificielle beaucoup de secrets de l’univers ont été pénétrés. Divers traitements de maladies qui étaient insaisissables, il y a peu de temps, furent maitrisés au profit des humains.

La biotechnologie permet aujourd’hui de manipuler le vivant pour lutter contre les maladies et apporter, par exemple, des solutions à l’agriculture, pour mieux nourrir les gens, préserver la planète et la rendre durable. Mais des manipulations pernicieuses de cette même biotechnologie, peuvent mener la civilisation humaine à des fortunes funestes.

C’est cette appréhension qui a décidé des chercheurs et des acteurs notables de la sphère mondiale de la Tech de sortir de leurs zones de confort et lancer des alertes. Ainsi le 09 septembre 2026, Jacob Coxon ancien ingénieur démissionnaire de Anthropic et Open IA, dénonçait une course sans aucun contrôle au leadership de la Tech. La crainte que le développement d’une super IA, auto-améliorante ne devienne incontrôlable.

En somme il affirmait que : ‘’ Les personnes qui construisent l’IA croient sincèrement qu’elle pourrait tous nous tuer d’ici la fin de la décennie. Ce n’est pas un coup marketing’’.

Cette version de l’IA dite super intelligence artificielle, une variante qui dit-on qui :’’posséderait une conscience d’elle-même, la faculté d’éprouver des souhaits et l’aptitude à s’améliorer de manière autonome et continuer sans intervention humaine’’.

Cette appréhension avait fait l’objet d’une publication du patron de Anthropic Dario Amodéi en janvier 2026 intitulée : ‘’l’adolescence de la technologie’’, dans laquelle il désignait : la perte de contrôle, l’utilisation malveillante, le bouleversement économiques et la concentration du pouvoir, comme risques envisageables en l’état des choses dans ce domaine qui attarde à être régulé. ‘’

Dès lors se pose la question résolutive : comment procéder pour garder toutes les fonctions qu’offre l’intelligence, sans tomber dans ses travers hostiles et malveillants qui mettraient en péril la civilisation humaine ?

Si l’on projetait sur une mappemonde digitale les zones de maitrise de l’ensemble, des détails, de l’apparent, du latent, du flouté et de l’invisibilisé dans le domaine recherche et développement de l’IA, on verrait apparaitre du mouvement uniquement dans trois régions, les USA, la Grande Bretagne et la Chine. De l’animation en Inde, à Singapour, au Japon, en Corée du sud et dans l’état sioniste d’Israël. Ailleurs de part le monde se manifesteront quelques frémissements un peu partout plus moins inégaux, mais qui ne peuvent avoir de l’autorité afin de décider de l’avenir sans risque de la croissance et du déploiement de l’IA.

LE DUEL DES GEANTS

Qui paie l’orchestre choisit la musique, dit le proverbe. Les économistes le reformulent en : celui qui finance commande. Quand les USA représentent un financement de 56% des investissements mondiaux, en matière d’IA ,la Chine de 9 à 18,voire 25% ,et la Grande Bretagne autour de 9%, le centre de prise de décision est manifestement identifié.

Dans la course de la démesure pour occuper la pole position en matière de développement de l’IA, peut-on raisonner les challengers et les convaincre de commencer à réguler face aux dangers à venir, encore plus quand il s’agit des deux géants qui se projettent dans une dimension d’être à la manœuvre de tout ce qui se fera, désormais, à travers l’univers ?

Le patron d’Anthropic Amodéi dit : ‘’ si chaque pays ralentit fortement son développement pour des raisons de sécurité, alors qu’il pense que l’autre continue à avancer, chacun peut avoir peur de perdre son avantage stratégique.’’

L’intelligence artificielle, quant à elle, condense l’équation de ce duel entre géants comme suit : ‘’ Course à la puissance ’! peur de perdre l’avantage ’! difficulté à ralentir ’! besoin de règles ’! difficulté à faire confiance à l’autre puissance.

A cet égard, le philosophe et futurologue suédois Nick Bostrom dit dans son livre : super intelligence, édition Dunod, 2014 : ‘’ la résolution du problème du contrôle est la tâche la plus importante de notre époque. Une fois la superintelligence née, il sera trop tard pour la brider, car elle saura anticiper et déjouer toutes nos tentatives de confinement (comme simuler la docilité pour mieux s’échapper) . ‘’Une IA dépassant largement l’intelligence humaine pourrait devenir extrêmement difficile à contrôler, et il faut donc résoudre le problème de son alignement avec les objectifs humains avant qu’elle n’atteigne ce niveau’’.

CONCLUSION

Une sagesse de mon village dit : ‘’Si vous pouvez concevoir l’inconstance vous pouvez l’atteindre’’.

En conséquence, pour quantifier la nocivité d’une utilisation macabre de l’IA, remplacez l’objet de ce que vous pouvez concevoir dans la sentence, par : justice, objectivité, mesure de sagesse, bon sens, discernement, modération ou bien lucidité pour sauvegarder la civilisation humaine et un début de réponse vous apparaitra peut-être.

Abdelkader Leklek

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