Journée mondiale du tourisme : La destination Algérie face au défi du numérique

La Journée mondiale du tourisme du 27 septembre, placée sous le thème du numérique et de l'intelligence artificielle, met en lumière le retard structurel de la destination Algérie sur le plan digital.
L'absence de stratégie numérique globale, de plateformes partagées entre administrations et d'un plan marketing cohérent laisse les portails officiels peu interactifs et quasi invisibles face aux standards méditerranéens.
Les quelque 1500 agences agréées privilégient massivement le tourisme émetteur, négligeant le réceptif faute de produits structurés et d'exploitation du Big Data pour cibler les marchés.
L'hôtellerie classée pratique des tarifs supérieurs à 10 000 DA la nuitée, inaccessibles pour 80 % des ménages, tandis que le segment moyen (2-3 étoiles) et l'hébergement alternatif restent sous-développés, et que les établissements n'investissent presque pas dans les relations presse.
Publié par
El Watan
Publié le
Article Original
Contenu complet de la source
La Journée mondiale du tourisme est célébrée chaque année le 27 septembre. L’objectif est de sensibiliser la communauté internationale à l’importance du tourisme et à sa valeur sur les plans social, culturel, politique et économique. Le thème retenu ainsi que le slogan est «Le numérique et l’intelligence artificielle pour repenser le tourisme».
Elle constitue pour l’Algérie une halte essentielle pour évaluer le parcours, mesurer les progrès accomplis et relever les défis. Plusieurs enseignements sont à tirer. Sans stratégie digitale globale ni promotion ciblée, la «destination Algérie» risque de rester invisible sur un marché mondial hyperconnecté et ultra-concurrentiel. L’instauration du «visa à l’arrivée» pour le tourisme saharien, qui a bénéficié à près de 39 000 visiteurs étrangers, est régulièrement mise en avant comme un marqueur de cette mutation numérique.
Les évaluations soulignent que les portails et sites web officiels du tourisme algérien souffrent d’un faible niveau d’interactivité et d’une visibilité numérique très limitée par rapport aux standards des pays voisins du bassin méditerranéen. Au niveau de la gouvernance, l’administration manque de plateformes partagées entre la centrale, les directions de wilaya et les opérateurs pour assurer un suivi en temps réel de la qualité des prestations et des données statistiques.
En outre, notent les experts, le secteur pâtit de l’absence d’un plan stratégique de communication et de marketing cerné, cohérent et pérenne. La promotion internationale repose encore trop sur une présence épisodique dans des foires traditionnelles, sans véritable campagne d’attractivité de marque.
Tourisme émetteur privilégié
La majorité des quelque 1500 opérateurs et agences de voyages agréés privilégient le tourisme émetteur (la vente de séjours à l’étranger) au détriment du tourisme réceptif et domestique. Faute de produits réceptifs structurés et de campagnes de promotion incitatives, ces acteurs peinent à commercialiser l’exceptionnelle richesse des sites culturels, historiques et sahariens du pays. Très peu utilisent le «Big Data» pour analyser le comportement des visiteurs, segmenter les marchés et adapter les offres aux tendances.
Côté hôtellerie, l’accessibilité financière pose un problème critique pour le développement du tourisme domestique. Dans les établissements classés des grandes villes ou des zones balnéaires, les tarifs franchissent couramment le seuil des 10 000 DA la nuitée, voire davantage. Cette grille tarifaire s’avère prohibitive pour la majorité des ménages, alors même que 80% des consommateurs touristiques disposent de revenus faibles ou moyens. Le marché souffre d’une pénurie chronique d’hôtels moyens (2 à 3 étoiles) offrant des prestations décentes à des prix abordables. De plus, les formules palliatives, telles que les auberges de jeunesse aux normes ou l’hébergement encadré chez l’habitant, demeurent très peu développées.
Les hôtels souffrent également de l’absence quasi totale de relations publiques. Ni voyages de presse ni invitations ciblées de journalistes spécialisés pour tester l’expérience client, au mieux, les directions se contentent de communiquer via de rares communiqués de presse institutionnels et austères.
K. Benelkadi
Posez votre question à la rédaction
Votre question…
Prénom ou pseudo *
Adresse e-mail * Votre e-mail ne sera pas publié.
Votre question * 0/1000
Envoyer Annuler