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Témoignages

Par R. N.•5 min de lecture
Brifa
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Résumé IA

Des personnalités algériennes de la littérature et du journalisme, dont Yasmina Khadra et Nabil Ferguenis, rendent hommage à Mohamed Benchicou, décédé le 24 septembre 2026 après de longues maladies.

Figure emblématique de la presse indépendante, il a dirigé le journal Le Matin et payé de sa liberté et de sa santé son engagement pour la vérité durant les décennies 1990 et 2000.

Né à Miliana en 1952, il laisse le souvenir d'une plume courageuse qui a refusé les compromissions, considérée comme une voix essentielle de la résistance intellectuelle en Algérie.

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El Watan

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Yasmina Khadra : «L’Adieu à Mohamed Benchicou»
«Encore un talent qui s’éteint dans un monde en perdition. Encore une plume qu’aucun encrier ne saurait désaltérer. Que c’est triste de devoir rendre hommage à un autre enfant prodige que notre patrie a déshérité, lui qui s’est tellement battu pour elle, pour la liberté, la justice et la démocratie. Parfois, j’ai le sentiment de subir la perte des braves d’Algérie comme une damnation. En particulier lorsque cette perte emporte des talents que j’ai connus et admirés. Les mots me paraissent dérisoires, rudimentaires, voire aphones. Face à un constat aussi amer, je reste perplexe, carrément patraque et j’ai peur de ceux qui vont suivre et appauvrir davantage le cercle fragile de nos élites. Ils ont été sur tous les fronts, à tous les carrefours, alertes, lucides, avertis, à nous éclairer et à nous rassurer. Avec eux, on ne se sentait pas seuls ;  lorsque le doute assombrissait nos vœux pieux, il nous suffisait de les savoir à nos côtés pour reprendre goût aux choses de la vie. Et puis, un claquement de doigts, et ils ne sont plus là, nous larguant sans préavis dans l’incertitude. Mohamed Benchicou a été, est et restera cette plume magnifique, claire et fraîche comme l’eau d’une source, une plume qui osait traquer l’indicible, provoquer la vérité et interroger nos propres silences, une plume qui nous manquera assurément à l’heure où l’intelligence a choisi d’être artificielle afin d’exclure l’homme de son contexte tel un hors de propos décadent, à l’heure où s’exhibe pompeusement la Grande ménagerie sur les plateaux de télé, derrière le micro des radios et à la une des canards aux ordres, à l’heure où les dernières pelletées de terre nous ravissent ceux et celles qui ont compté dans notre existence et qui, sans crier gare, nous faussent compagnie. Adieu l’ami, je t’aimais bien, tu sais, disait la chanson. Adieu l’ami, dirait mon chagrin de ne croire qu’à moitié aux lendemains qui chantent en gardant l’autre moitié pour continuer le combat que tu as mené. Dors en paix, maintenant, Mohamed. Et prie pour nous de là où tu es car nous en avons bougrement besoin.»

Nabil Ferguenis : «Pour lui, le journalisme n’est pas un simple métier»
«Avec sa disparition, l’Algérie perd une voix singulière de la presse et de la littérature, un homme qui aura marqué son époque par sa plume, son courage et son attachement à la liberté d’expression. A travers Le Matin, ses écrits et ses prises de position, Mohamed Benchicou aura été de ceux qui ont considéré le journalisme non pas comme un simple métier, mais comme un engagement et une responsabilité envers la société.
Au-delà des divergences et des débats, il restera le souvenir d’un journaliste qui a choisi d’écrire, de témoigner et de défendre ses convictions avec sa plume. A sa famille, à ses proches, à ses confrères et à tous ceux qui l’ont connu, j’adresse mes condoléances les plus sincères.»

Association des amis de Miliana art et culture : «Mohamed, l’enfant prodige de Miliana»

«Mohamed Benchicou, l’enfant prodige de Miliana, est né dans cette ville de savoir et de résistance, patrie du héros de la Bataille d’Alger, Ali La Pointe, le 2 juillet 1952.
Tel le chêne majestueux du Zaccar qui a affronté les tempêtes, il a traversé les épreuves de la vie avec une dignité inébranlable. Un grand homme peut être brisé ou terrassé par les difficultés, il peut tomber, mais il ne courbe jamais l’échine. Il nous a quittés le 24 septembre 2026, après de longues maladies.
Que Dieu l’accueille en Son Vaste Paradis.»

Ahmed Tessa : «Comment ne pas pleurer de rage ?»
«Les yeux sont à sec et les larmes coulent dans le cœur. L’âme de Mohamed Benchicou vient de monter au Paradis des Braves. Lui le journaliste pourfendeur des mauvais coups portés à l’Algérie durant les décennies 1990 et 2000. Il l’a payé de sa liberté et surtout de sa santé. Comment ne pas pleurer de rage devant un tel sort ?»

Nadjib Stambouli «Bench n’est plus»
«Le carnet noir ne désemplit pas, où se bousculent les tristes nouvelles. Mohamed Benchicou,  »Bench », n’est plus. Sincères condoléances à nous tous…»

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