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10e anniversaire de l’Accord d’Alger du 28 septembre 2016 : «Succès majeur de la diplomatie pétrolière algérienne»

Par Nadjia Bouaricha•9 min de lecture
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10e anniversaire de l’Accord d’Alger du 28 septembre 2016 : «Succès majeur de la diplomatie pétrolière algérienne»
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L'Algérie célèbre le dixième anniversaire de l'Accord d'Alger de 2016, qui a relancé la coopération pétrolière mondiale et posé les bases de l'alliance OPEP+.

Adopté lors de la 170e réunion extraordinaire de l'OPEP, l'accord a fixé un plafond de production collective entre 32,5 et 33 millions de barils par jour.

La médiation algérienne, engagée dès février 2015, a permis de surmonter de profondes divergences et de créer le High Level Committee présidé par Alger.

Depuis, l'Algérie reste un pilier de la cohésion OPEP+, participant aux ajustements volontaires aux côtés de l'Arabie saoudite, la Russie et quatre autres producteurs majeurs.

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Le 28 septembre 2016, la capitale algérienne a marqué un tournant décisif dans l’histoire de la gouvernance pétrolière mondiale avec l’adoption, par la 170e Réunion extraordinaire de la Conférence de l’OPEP, de l’Accord d’Alger marquant «le retour à une action collective de réduction de la production après plusieurs années de fortes divergences».

Les membres de l’OPEP ont pu s’accorder sur la décision de ramener la production collective à une fourchette comprise entre 32,5 et 33 millions de barils par jour. Il s’agissait d’un pas décisif dans le processus de rééquilibrage du marché pétrolier.

Une telle décision, émanant d’une véritable prouesse en matière de médiation, ne pouvait être prise que dans la capitale algérienne, forte d’une longue expérience de médiation et de diplomatie pétrolière. «L’Algérie a joué un rôle important», rappelle dans une note, à l’occasion du dixième anniversaire de l’Accord d’Alger, le ministère des Hydrocarbures en expliquant, qu’étant «directement concernée par la dégradation du marché en tant que pays producteur et membre de l’OPEP, l’Algérie disposait également d’une expérience reconnue en matière de diplomatie pétrolière, de médiation et de recherche du consensus».

Et de rappeler qu’elle a «engagé une intense et discrète activité de diplomatie pétrolière à partir de février 2015 afin rapprocher les positions des différents producteurs et de créer les conditions nécessaires à une action collective». Rapprocher des «visions des positions nationales, économiques et géopolitiques divergentes», était loin d’être une simple ou facile manœuvre. «La construction d’un accord nécessitait non seulement des ajustements de production, mais également un important travail de dialogue et de construction du consensus», rappelle la même note.

Ceci et de souligner que l’accord obtenu dans un contexte de profondes divergences entre les principaux pays producteurs, constitue avant tout un succès majeur de la diplomatie pétrolière algérienne. «Son importance réside autant dans le compromis atteint que dans le processus diplomatique ayant permis de rétablir un dialogue de haut niveau et de créer les conditions politiques d’une action collective», précise encore la note du Ministère. La grande œuvre de l’Accord d’Alger, est d’avoir permis la naissance d’une coopération structurée entre l’OPEP et les principaux producteurs non-OPEP, transformant durablement le schéma de coopération pétrolière internationale.

Le document de référence qu’a été cet accord, et la Déclaration de coopération OPEP+ ont façonné la nouvelle gouvernance pétrolière mondiale marqué par une série de décisions d’ajustement des niveaux de production imposant de fait un rééquilibrage du marché et une réduction des déséquilibres entre l’offre et la demande.

Principales décisions de l’Accord d’Alger

Les membres de l’OPEP réunis à Alger se sont accordés autour d’une production collective dans une fourchette entre 32,5 et 33 millions de barils par jour. «Afin de transformer cette orientation politique en dispositif opérationnel, l’OPEP a mis en place un High Level Commitee (HLC), présidé par l’Algérie, chargé notamment d’examiner les niveaux de production de référence, les méthodes de calcul et la répartition des ajustements entre les différents pays membres».

Après l’adoption de l’Accord d’Alger, il était devenu possible d’ouvrir des consultations avec les principaux producteurs non OPEP afin «d’accélérer la résorption de l’excédent de stocks pétrolier, de favoriser le rééquilibrage de l’offre et de la demande, de réduire la volatilité du marché et de créer de conditions favorables à la reprise des investissements dans l’industrie pétrolière».

Si l’Accord d’Alger ne constituait pas encore l’OPEP+, il établissait par contre le principe d’une action coordonnée et créait les conditions nécessaires à l’association des principaux producteurs OPEP et Non OPEP, précise la note du ministère des Hydrocarbures. «D’Alger à Vienne : la construction de la coopération OPEP/non-OPEP après l’Accord d’Alger, les travaux du High Level Commitee présidé par l’Algérie ont permis de transformer l’orientation politique en un mécanisme opérationnel», lit-on dans le même document.

Des discussions techniques se sont tenues sur plusieurs semaines entre les délégations des principaux pays producteurs mondiaux, avant d’aboutir, le 30 novembre 2016, à la réunion de Vienne, au cours de laquelle l’OPEP, et sur la base d’une action algérienne, a décidé d’ajuster sa production de 1,2 million de barils par jour, avec une mise en œuvre à compter du 1er janvier 2017. «Cette décision a constitué la traduction opérationnelle de l’orientation politique arrêtée à Alger. Le processus s’est ensuite concrétisé le 10 décembre 2016 avec la réunion OPEP/non-OPEP de Vienne, qui a abouti, grâce aux efforts de l’Algérie, à l’adoption de la Déclaration de coopération et à la création de l’OPEP+». Une nouvelle architecture réunissant initialement 24 pays, est née en prévoyant un ajustement global de 1,8 million de barils par jour et mettant sur toute un cadre durable de coopération entre les principaux producteurs de pétrole OPEP et Non OPEP dont la Russie, le Kazakhstan, l’Azerbaïdjan, le Mexique, la Malaisie, Oman, Brunei, Bahrein, le Soudan et le Sud Soudan.

Rôle de l’Algérie dans la genèse et le maintien de la cohésion de l’OPEP+

Le mécanisme de suivi des décisions de la nouvelle structure de coopération, s’est traduit par la mise en place en janvier 2027, du Joint Ministerial Monitoring Commitee (JMMC) et du Joint Technical Commitee (JTC), dont l’Algérie est membre actif. Ces instruments de monitoring ont pu adapter les décisions de production en fonction de l’évolution des fondamentaux du marché, et des perspectives de l’offre et de la demande et des événements géopolitiques.

L’Algérie n’a pas cessé de jouer un rôle important ausein de la coordination des pays OPEP et non OPEP en étant un acteur clé prenant part aux mécanismes de décision, de consultation, de suivi et de coordination. «L’Algérie a poursuivi une approche fondée sur le dialogue, la recherche du consensus et la préservation de la cohésion entre producteurs.

Sa diplomatie pétrolière a toujours visé à rapprocher les positions lorsque des divergences apparaissent et à favoriser des compromis prenant en compte les réalités économiques et les contraintes spécifiques des différents producteurs», explique le même document en notant que cette approche s’est particulièrement illustrée lors des grandes perturbations du marché postérieures à 2016.

Ceci et de rappeler qu’en 2020, l’Algérie avait présidé la Conférence de l’OPEP dédiée à la réponse collective à la crise de la pandémie de COVID-19, marquée par un effondrement historique de la demande et des tensions exceptionnelles sur les capacités de stockage.
En 2022, l’Algérie a continué à défendre le principe de la décision collective et la préservation de la cohésion du groupe dans un contexte de fortes incertitudes sur les flux énergétiques internationaux.

En 2023 et 2024, elle a participé au sein du Groupe des sept pays aux ajustements volontaires de production en faveur d’un équilibre durable du marché aux cotés de l’Arabie Saoudite, de la Russie, de l’Irak, du Koweït, du Kazakhstan et de Oman. «L’Algérie est considérée non seulement comme un acteur historique de la genèse de l’OPEP+, mais également comme un participant actif à sa consolidation et à son fonctionnement».

En 2025/26, l’engagement de l’Algérie au sein de l’OPEP+, poursuit le document du Ministère des Hydrocarbures, «s’inscrit dans la continuité de cette trajectoire. Le pays participe activement aux consultations et aux mécanismes de coordination et de demeure attaché au respect des décisions collectives».

Avec la Russie, l’Irak, l’Arabie Saoudite, le Koweït, le Kazakhstan et Oman, l’Algérie «continuent de jouer en septembre 2026, un rôle central dans la coordination des ajustements de production, illustrant une approche prudente, progressive et fondée sur une évaluation régulière des conditions du marché».
Nadjia Bouaricha

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