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Interview de Massad Boulos : les quatre phrases qui font mal à Rabat

Par Amar Belani•4 min de lecture
Brifa
Interview de Massad Boulos : les quatre phrases qui font mal à Rabat
Résumé IA

L'ancien ambassadeur algérien Amar Belani analyse l'interview de Massad Boulos, émissaire de Trump, qui contredit en quatre phrases le récit marocain sur le Sahara occidental.

Boulos reconnaît l'absence de solution concrète malgré la résolution 2797, attend la réponse du Polisario sans ultimatum, salue le partenariat constructif avec l'Algérie et précise qu'Alger ne peut imposer de solution mais encourage le processus.

Ces déclarations rappellent que Washington n'a jamais donné de chèque en blanc au Maroc et qu'un accord nécessite l'adhésion libre du Front Polisario, seule partie au conflit avec le Maroc selon le cadre onusien.

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TSA Algérie

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L’entretien accordé cette semaine par Massad Boulos à France 24 n’a rien d’un exercice de style diplomatique. En quatre phrases, l’émissaire de Trump vient de mettre à mal le récit que le Maroc répète depuis un an.

Première phrase, le constat d’une impasse momentanée là où Rabat annonçait le triomphe

« Il n’existe pas, à l’heure actuelle, de solution qu’on puisse sentir ou toucher. » Le Maroc a construit toute sa communication sur un postulat simple. La résolution 2797 du Conseil de sécurité aurait tranchée et il ne resterait plus qu’à en récolter les dividendes.

Cette phrase remet directement en cause ce postulat. La réalité est qu’après trois cycles de pourparlers, le dossier patine. Deuxième phrase, l’attentisme qui humilie ceux qui réclamaient l’ultimatum

Massad Boulos attend la réponse du Polisario. Pas de délai, pas de sommation, alors que Rabat réclamait une diplomatie américaine beaucoup plus agressive. La diplomatie marocaine avait misé sur l’impatience américaine pour accélérer le processus. Washington préfère pour l’heure attendre sa réponse.

Troisième phrase, Alger félicitée et non montrée du doigt

Depuis des années, Rabat répète sue l’Algérie constitue le véritable verrou du dossier. Elle serait l’obstacle qu’il faudrait désigner pour débloquer les négociations.

Massad Boulos choisit précisément ce moment pour faire l’inverse. Il salue un partenariat constructif et remercie les autorités algériennes.

Quatrième phrase, l’Algérie ne peut pas imposer une solution

C’est la phrase qui fait siffler les oreilles à Rabat. Le conseiller de Donald Trump précise surtout que l’Algérie ne peut pas imposer une solution au Sahara occidental, mais qu’elle peut encourager le processus, ce qu’elle a fait selon Washington.

Cette position va directement à l’encontre du narratif marocain qui cherche depuis des années à présenter l’Algérie comme la partie principale du conflit. Or, dans le cadre onusien, les deux parties au conflit sont le Maroc et le Front Polisario. L’Algérie et la Mauritanie sont appelées à coopérer au processus en tant que pays voisins.

Ce que Rabat refuse de voir

Ces quatre phrases disent une seule chose. L’administration américaine n’a jamais signé un chèque en blanc au Maroc. Dans son triomphalisme fébrile et de mauvais aloi, le Maroc a pris la résolution 2797 pour une reddition algérienne actée.

Le responsable américain vient de rappeler qu’il ne s’agissait que d’un cadre de négociation. Or un cadre ne produit pas de résultat à lui seul. Il faut encore parvenir à un accord et surtout obtenir l’adhésion franche et librement consentie du Front Polisario, seule condition permettant de parvenir à une solution mutuellement acceptable.

*Amar Belani est ancien ambassadeur d’Algérie


Important : Les tribunes publiées sur TSA ont pour but de permettre aux lecteurs de participer au débat. Elles ne reflètent pas la position de la rédaction de notre média.

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