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Législatives au Maroc : Un scrutin sur fond de crise sociale et de défiance politique

Par Chahreddine Berriah•4 min de lecture
Brifa
Législatives au Maroc : Un scrutin sur fond de crise sociale et de défiance politique
Résumé IA

Les Marocains ont voté mercredi pour renouveler la Chambre des représentants dans un scrutin marqué par une abstention record de 38 %, la plus basse depuis vingt ans, et un boycott massif de la jeunesse.

Le Parti authenticité et modernité (PAM) arrive en tête avec 97 sièges, devant le Rassemblement national des indépendants (RNI, 66), le Parti de l’Istiqlal (65) et le Parti de la justice et du développement (PJD, 54), qui quadruple sa représentation.

Le PAM et le RNI, tous deux proches du Palais, dominent l’échiquier tandis qu’Aziz Akhannouch fait face à des accusations de conflits d’intérêts et que Fatima Ezzahra, figure du PAM, est pressentie pour Matignon.

Le chef du PJD a déclaré que « si nous travaillons bien, le Roi finira par fermer l’ambassade d’Israël ».

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La jeunesse marocaine a préféré boycotter ces législatives. Interrogée par l’AFP à Rabat, une femme âgée de 50 ans a déclaré : «Je ne vais pas voter, car j’ai perdu toute ma confiance dans la classe politique…»

Les Marocains (près de 16 millions d’électeurs inscrits) sont allés, mercredi dernier, aux urnes pour élire les 395 députés de la Chambre des représentants. Un vote dominé par les préoccupations liées au pouvoir d’achat, à l’emploi et aux inégalités, dans un contexte de défiance envers les partis politiques. A midi, selon un premier communiqué du ministère de l’Intérieur, le taux de participation a atteint 11,34%. Un événement qui a révélé au monde entier le malaise social et le manque de perspectives d’une partie de la population juvénile. Une jeunesse qui a préféré boycotter ces législatives. Interrogée par l’AFP à Rabat, une femme âgée de 50 ans a déclaré : «Je ne vais pas voter, car j’ai perdu toute ma confiance dans la classe politique. Nous voulons que notre pays aille de l’avant, mais les politiques ne semblent pas se soucier de nos problèmes liés à la santé, l’éducation et le pouvoir d’achat.» Des inquiétudes justifiées au regard des promesses illusoires faites tout au long de la campagne électorale. «Nous organiserons la finale de la Coupe 2030 au Maroc», avait lancé, lors d’un meeting, Fouzi Lakdjaa, ministre chargé du Budget et président de la Fédération royale marocaine du football, nouvelle recrue du Parti authenticité et modernité (PAM). Selon les résultats provisoires des élections législatives qui se sont déroulées mercredi, c’est le PAM, membre de l’actuelle coalition gouvernementale, qui arrive en tête. Il remporte 97 des 395 sièges de la Chambre des représentants, selon le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit. Le Rassemblement national des indépendants (RNI), parti de l’actuel chef du gouvernement Aziz Akhannouch, arrive à la deuxième place avec 66 sièges, soit une trentaine de sièges en moins qu’aux dernières législatives de 2021. Il est talonné par le troisième parti de la coalition (Parti de l’Istiqlal) qui remporte 65 sièges. Le Parti de la justice et du développement (PJD, islamiste) quadruple le nombre de ses sièges en en remportant 54, contre 13 lors des dernières législatives.

PAM ou RNI ?

Mais le grand gagnant est l’abstention : le taux de participation annoncé est de 38,08%, le plus bas depuis près de 20 ans, précise-t-on. Riche homme d’affaires, Akhennouch n’a pas échappé au déballage sur ses conflits d’intérêts en lien avec sa société de distribution d’hydrocarbures Afriquia et autres accusations…
Un parti dont deux de ses cadres ont été condamnés à 10 et 12 ans de prison ferme pour «trafic de drogue».
De toutes les façons, au Maroc, ce n’est un secret pour personne, qu’il s’agisse du PAM ou du RNI, les deux formations politiques «appartiennent» au Makhzen, puisque leurs personnalités sont proches du Palais royal. A l’issue de ce scrutin, l’on ne s’attendait pas à un grand changement dans la configuration politique du pays : beaucoup pensent que Fatima Ezzahra, l’autre figure du PAM, ministre de l’Aménagement du territoire et maire de Marrakech, est pressentie pour devenir la première cheffe du gouvernement. Enfin, un autre parti, celui de l’Istiqlal, conduit par Nizar Baraka, actuel ministre de l’Equipement, pourrait glaner quelques sièges. Quant au parti islamiste (Parti de la justice et du développement), mené par l’ex-chef du gouvernement, il a déclaré : «Si nous travaillons bien, le Roi finira par fermer l’ambassade d’Israël.» Rien que cela…

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