L’Iran maintient ses propositions malgré le rejet de Trump : Une situation d’impasse aux lourdes conséquences économiques

L'Iran maintient ses conditions pour rouvrir le détroit d'Ormuz malgré le rejet de Donald Trump, exigeant un cessez-le-feu général, le dégel de ses avoirs et la levée des sanctions américaines.
Trump a qualifié la proposition iranienne de « demi-mesures » et envisage une reprise des bombardements après les élections législatives de mi-mandat, tout en poursuivant une guerre financière par sanctions.
Les forces armées iraniennes avertissent que tout navire empruntant une route non autorisée dans le détroit ne sera pas en sécurité et menacent de ripostes massives en cas d'erreur américaine.
La crise, déclenchée par des bombardements américains fin février, continue de peser lourdement sur l'économie mondiale sans issue diplomatique visible avant les élections de novembre.
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Moins de vingt-quatre heures après le rejet par Donald Trump de la feuille de route iranienne proposée pour l’ouverture sous sept jours, du détroit d’Ormuz, l’Iran a répondu en maintenant ses conditions auxquelles elle refuse de renoncer, en déclarant, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, que «tout mouvement vers la réouverture du détroit d’Ormuz dépend de leur (ndlr : les Etats-Unis) satisfaction. Nous n’y renoncerons pas».
La proposition de l’Iran prévoit un arrêt immédiat des hostilités sur l’ensemble des fronts, y compris au Liban et au Yémen, le déblocage des avoirs iraniens gelés depuis 1979 et la levée des sanctions américaines.
Des conditions qui avaient été présentées et discutées dans des pourparlers directs en marge de la 81e Assemblée générale des Nations unies, à New York, la semaine écoulée. Le rejet de cette feuille de route par Donald Trump était prévisible et attendu. Pour les plus avertis, cette impasse dans laquelle se trouvent les deux belligérants depuis plus de sept mois, ne pouvait trouver d’issue avant les prochaines élections législatives américaines de mi-mandat prévues en début du mois de novembre prochain. Trump lui-même avait déclaré qu’il voulait un accord pour l’après élections.
Mieux encore, samedi dernier et quelques heures avant qu’il n’annonce son rejet de la feuille de route iranienne, il avait posté sur son réseau Truth Social, une carte du détroit d’Ormuz, avec la mention «détroit Trump». Quelques temps après, à sa sortie de la Maison Blanche, il avait déclaré aux journalistes : «Ils veulent conclure un accord et je trouve ça très bien. J’aimerais bien conclure un accord moi aussi. Mais cet accord ne serait pas acceptable.» Puis il a ajouté que l’Iran «était en train de perdre». Hier, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a confirmé la réception de la réponse de Donald Trump, par son pays, en précisant «n’avoir pas reçu de réponse par le biais des intermédiaires».
Hier, selon le site américain Axios, les pourparlers les «discussions positives et constructives se poursuivent entre Washington et Téhéran par l’intermédiaire d’intermédiaires», alors que le porte-parole des forces armées iraniennes a averti que «si les Américains commettaient une nouvelle erreur d’appréciation, l’Iran réagirait avec force et à une échelle plus vaste que lors des deux guerres précédentes».
Le même responsable a mis en garde contre «tout navire qui tenterait de franchir une route autre que celle que nous avons établie dans le détroit d’Ormuz et averti qu’il ne serait pas en sécurité».
Les mises en garde de Téhéran contre Washington
Il a affirmé en outre que «les Américains ne pourront jamais s’immiscer dans la gestion du détroit d’Ormuz, et s’ils s’immiscent, ils s’exposeront à nos frappes». Il est important de rappeler que depuis le 1er septembre, les Etats-Unis n’ont pas mené d’opérations militaires contre l’Iran, à l’exception de quelques attaques de navires dans le détroit d’Ormuz.
L’administration Trump a plutôt opté pour une guerre financière, pour asphyxier, Téhéran, à travers une cascade de sanctions économiques visant les secteurs des hydrocarbures, mais aussi, ceux de la finance, des banques et depuis peu, transport aérien civile. Cependant, selon Wall Street Journal, Donald Trump «envisagerait une reprise des bombardements après les élections législatives de mi-mandat», déterminantes pour son avenir politique.
Une perspective qui intervient alors que la crise au Moyen-Orient, impacte lourdement l’économie mondiale dont les Etats-Unis. Dans une déclaration aux médias américaines, le représentant américain auprès de l’Otan, Matthew Whitaker, a défendu le rejet par Trump, de l’offre iranienne qualifiée de «demi-mesures» et d’accords «illusoires» destinés, selon lui, «à améliorer son image » sur la scène internationale. Mais l’Iran reste encore en attente de la transmission de la réponse officielle américaine par les médiateurs.
A Téhéran, les médias, ont annoncé que «le président Massoud Pezeshkian avait quitté New York après la réunion des Nations unies qui a rassemblé les dirigeants mondiaux et au cours de laquelle l’Iran a eu des discussions directes avec les Etats-Unis».
Dans son discours devant l’assemblée, Pezeshkian avait réfuté la dernière menace de Trump d’«anéantir» l’Iran, mais il a conclu en affirmant que Téhéran «restait ouvert à la diplomatie». Son ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, encore à New York, avait affirmé que l’Iran «rouvrirait le détroit d’Ormuz et reprendrait les négociations sur son programme nucléaire dans un délai de sept jours si les Etats-Unis levaient leur blocus naval des ports iraniens, renonçaient aux sanctions sur les ventes de pétrole iranien et observaient un cessez-le feu qui inclurait tous les fronts y compris le Liban».
Tout porte à croire que la crise au Moyen-Orient, déclenchée par des bombardements américains, le 28 février dernier ne connaîtra pas de sitôt sa fin et le monde devra continuer à subir lourdement ses répercussions économiques. Salima Tlemçani
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