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Haut-conseil de la communauté scientifique nationale à l’étranger : Une première session pour lancer une feuille de route

Par Kamel Benelkadi•9 min de lecture
Brifa
Haut-conseil de la communauté scientifique nationale à l’étranger : Une première session pour lancer une feuille de route
Résumé IA

L'Algérie a lancé la première session du Haut-Conseil de la communauté scientifique nationale à l'étranger, nouvelle instance consultative présidentielle pour mobiliser institutionnellement l'expertise de la diaspora.

Le conseil compte 39 membres, surtout des scientifiques de la diaspora en IA, cybersécurité, santé et énergies renouvelables, pour proposer des visions stratégiques et évaluer les projets nationaux.

Le président Tebboune a reçu les membres, marquant le passage de la «fuite des cerveaux» à la «circulation des talents» via partenariats, mentorat et recherches communes plutôt que retour définitif.

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L’Algérie a lancé, hier à Alger, les travaux de la première session du Haut-Conseil de la communauté scientifique nationale à l’étranger.

Cette instance consultative supérieure, placée directement auprès du président de la République, consacre l’entrée de la stratégie algérienne de mobilisation des compétences de la diaspora dans une phase entièrement nouvelle : celle d’un cadre institutionnel permanent, opérationnel et doté d’une personnalité morale et d’une indépendance financière.

La création du Haut-Conseil s’inscrit dans une séquence gouvernementale lancée le 21 juin, lorsque le Conseil des ministres réuni sous la présidence d’Abdelmadjid Tebboune avait décidé d’ériger cette instance, suscitant l’adhésion d’associations algériennes de France et de Belgique qui y avaient vu «la vision du président de la République et son engagement constant en faveur de la diaspora algérienne». L’instance a été conçue d’emblée comme un organe consultatif rattaché à la présidence de la République, doté d’une autonomie financière et administrative, et associant scientifiques, chercheurs et experts du pays comme de la diaspora.

La phase constitutive avait débuté le 28 juin au pôle scientifique et technologique Chahid Abdelhafid-Ihaddaden de Sidi Abdellah, à Alger, avec une réunion inaugurale rassemblant 31 chercheurs et experts algériens établis dans plusieurs pays, en présence du professeur Elias Zerhouni. Trois mois plus tard, le décret présidentiel fixait les missions, la composition et l’organisation de l’instance, qui compte 39 membres issus en grande partie de la diaspora.
Dans son allocution d’ouverture, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari, a salué «le très haut esprit patriotique» des compétences et scientifiques algériens de l’étranger, qui ont répondu à l’appel de la nation.

L’objectif affiché est de passer «de relations conjoncturelles et de contacts épars à un partenariat institutionnel durable». Le ministre a également rappelé que l’Algérie dispose d’un réservoir considérable de cerveaux et d’expertises mondiales capables de donner un coup de fouet décisif à la modernisation institutionnelle et technologique du pays.

Pour sa part, le coordonnateur du Conseil, le professeur Elias Zerhouni, a détaillé les dimensions stratégiques des missions confiées à l’instance : proposer des visions sur les projets d’importance nationale, en évaluer la pertinence scientifique et technologique, contribuer à la renaissance nationale, participer à la circulation des savoirs et à la veille stratégique sur les technologies de pointe ou en développement, et enfin renforcer le dialogue scientifique national et international sur les questions d’actualité.

«On a pensé à établir une feuille de route qui va être présentée au président de la République. On ne veut pas se baser sur une organisation compliquée, mais plutôt agile qui s’adapte aux besoins prioritaires définis ensemble avec nos collègues des ministères pour définir un plan de travail avec deux piliers : comprendre l’écosystème, apprendre et écouter, et dans une deuxième phase, définir des programmes avec lesquels on pourra apporter une valeur ajoutée. Malgré sa qualité, ce Conseil ne pourra pas couvrir tous les sujets, la communauté scientifique, technique et entrepreneuriale à l’étranger va apporter un plus», a déclaré le Pr Elias Zerhouni.

De la «fuite des cerveaux» à la «circulation des talents»

La première session a réuni le président du Conseil et 28 membres composant l’assemblée générale : 27 scientifiques et experts de la communauté à l’étranger, sélectionnés en fonction de leur poids scientifique international et de leurs spécialités, intelligence artificielle, transformation numérique, cybersécurité, santé, énergies renouvelables et veille technologique, ainsi que 6 représentants des départements ministériels stratégiques et 3 dirigeants d’entreprises économiques établies à l’étranger contribuant à la recherche et au développement.

Les travaux de cette session seront consacrés à des questions d’ordre purement opérationnel, gage de la volonté de passer rapidement aux actes. Pour saisir la portée de cette première session, il faut la replacer dans l’évolution profonde de la relation entre l’Algérie et sa diaspora. Longtemps racontée à travers le prisme des tensions diplomatiques, des questions de visas ou des débats identitaires, la diaspora algérienne, estimée entre 3 et 4 millions de personnes réparties à travers le monde, change de statut.

En France, près de 650 000 ressortissants détenaient un titre de séjour valide fin 2024, dont 27 700 étudiants inscrits dans l’enseignement supérieur, en hausse de 18% en cinq ans ; sur le plan médical, quelque 15 000 médecins de formation algérienne exercent désormais en Europe. La question du retour des cerveaux cède la place à celle des passerelles : «stages, projets communs, mentorat, codirections de recherche, réseaux universitaires et accompagnement de start-up».

Cette inflexion est déjà visible dans une série d’initiatives récentes : la réception, le 7 juillet, de vingt étudiants d’excellence de la communauté nationale établie à l’étranger, dans le cadre d’un programme pilote déployé à l’occasion du 64e anniversaire de l’indépendance et de la jeunesse, les travaux constitutifs lancés fin juin et désormais le lancement effectif du Haut-Conseil.
Le symbole est désormais acté, reste la crédibilité des mécanismes concrets.

Pour transformer l’essai, l’Algérie devra inscrire cette stratégie dans la durée : construire une base de données des talents de la diaspora, déployer des programmes d’été dans les universités nationales, des bourses de mobilité, des incubateurs ouverts aux projets portés par des Algériens de l’étranger, des partenariats entre laboratoires et des plateformes de mentorat.
Kamel Benelkadi

Tebboune reçoit les membres du Haut-conseil

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a reçu, hier, les membres du Haut-Conseil de la communauté scientifique nationale à l’étranger. La rencontre s’est déroulée en présence du ministre d’Etat, chargé de l’Inspection générale des services de l’Etat et des Collectivités locales, Brahim Merad, du ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale, chef d’état-major de l’Armée nationale populaire, le général d’armée Saïd Chanegriha, du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari, du ministre de la Santé, Mohamed-Seddik Aït Messaoudene, du ministre de l’Industrie pharmaceutique, Ouacim Kouidri, du ministre de l’Economie de la connaissance, des Start-up et des Micro-entreprises, Noureddine Ouadah, du conseiller auprès du président de la République, chargé de l’éducation, de l’enseignement supérieur, de la formation professionnelle et de la culture, Nasreddine Bentifour, et du secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé de la Communauté nationale à l’étranger, Sofiane Chaïb.
R. S.

les Membres
du Haut-conseil
Le Haut-Conseil de la communauté scientifique nationale à l’étranger, dont les membres ont été reçus, hier, par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, est un organisme
consultatif regroupant une élite de compétences scientifiques algériennes reconnues à l’échelle internationale dans plusieurs domaines vitaux. Voici la liste de ses membres :

1- Elias Zerhouni, génie biomédical.
2- Kamal Youcef-Toumi, génie mécanique.
3- Belgacem Haba, science des matériaux.
4- Karim Zaghib, science des matériaux.
5- Mohamed Lachemi, génie civil.
6- Lydia Bourouiba, mathématiques et physique.
7- Malika Aïd-Boudriès, biologie.
8- Smaïne Zeroug, géophysique.
9- Bachir Taouli, médecine.
10- Laoucine Kerbache, logistique.
11- Noreddine Ghaffour, sciences de l’environnement.
12- Athman Bouguettaya, informatique.
13- Karim Djouani, intelligence artificielle.
14- Mohammed Bennamoun, informatique.
15- Touhami Mokrani, chimie.
16- Karim Chelli, président d’université.
17- Yasmine Belkaïd, immunologie.
18- Mohamed Bourennane, physique.
19- Azzedine Bousseksou, science des matériaux.
20- Abdelaziz Hamzaoui, génie automatique.
21- Boualem Benatallah, informatique.
22- Mohamed Benaoumeur Senouci, génie informatique.
23- Abdelhamid Mellouk, intelligence artificielle.
24- Abdelhak Zoubir, génie électrique.
25- Mohammed Gagaoua, production animale.
26- Yahia Chebloune, biologie.
27- Fayçal Djeridane, médecine.
(APS)

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