Travail aux États-Unis : une taxe de 100 000 dollars pour recruter un Algérien

L'administration Trump a prolongé d'un an un dispositif imposant un paiement de 100 000 dollars aux employeurs pour certaines nouvelles demandes de visa H-1B concernant des travailleurs étrangers recrutés depuis l'extérieur des États-Unis.
Cette somme, qui devra être versée par l'entreprise américaine et non par le salarié, concerne les postes spécialisés en informatique, ingénierie, sciences ou recherche, et pourrait freiner le recrutement de professionnels algériens depuis l'étranger.
La mesure reste toutefois bloquée par la justice : un juge fédéral du Massachusetts l'a invalidée le 8 juin 2026, et une cour d'appel a refusé le 24 juillet d'en suspendre l'effet pendant la procédure.
L'administration Trump cherche désormais à imposer une charge permanente similaire par voie réglementaire, alors que la bataille judiciaire demeure déterminante pour l'avenir du dispositif.
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Les Algériens qui ambitionnent de décrocher un emploi qualifié aux États-Unis pourraient être directement concernés par le durcissement du programme de visa H-1B voulu par l’administration Trump. Washington a décidé de prolonger pendant une année supplémentaire un mécanisme prévoyant un paiement de 100 000 dollars pour certaines nouvelles demandes concernant des travailleurs étrangers recrutés depuis l’extérieur des États-Unis.
La mesure n’est pas spécifiquement dirigée contre les Algériens. Elle concerne les travailleurs étrangers relevant du dispositif H-1B, quelle que soit leur nationalité. Concrètement, un ingénieur, informaticien, chercheur ou autre professionnel algérien recruté depuis l’Algérie par une entreprise américaine pourrait donc entrer dans son champ d’application.
Une précision est cependant essentielle : ce n’est pas le travailleur algérien qui doit payer personnellement les 100 000 dollars. La proclamation américaine impose ce paiement à l’employeur qui dépose la demande H-1B pour faire venir le salarié aux États-Unis.
100 000 dollars supplémentaires pour l’employeur
Le visa H-1B permet aux entreprises américaines d’embaucher temporairement des étrangers pour des postes nécessitant des compétences spécialisées. Il est particulièrement utilisé dans les secteurs de l’informatique, de l’ingénierie, des sciences, de la recherche ou encore de certaines professions techniques.
Dans le dispositif prolongé par Donald Trump le 18 septembre 2026, l’entrée aux États-Unis d’un travailleur H-1B se trouvant à l’étranger est conditionnée, sauf exception, à un paiement de 100 000 dollars lié à sa demande. L’employeur doit conserver la preuve du paiement, que les autorités américaines sont chargées de vérifier.
La Maison-Blanche justifie cette politique par sa volonté de limiter ce qu’elle décrit comme des abus du programme H-1B et de favoriser l’embauche de travailleurs américains. Ce sont les arguments de l’administration Trump ; ils restent contestés par des entreprises, des organisations professionnelles et plusieurs États américains.
Pour un candidat algérien, l’effet potentiel est évident : une entreprise américaine peut hésiter davantage à recruter directement à l’étranger si cette embauche entraîne un surcoût aussi important. Il serait néanmoins incorrect de présenter cette somme comme le nouveau prix général d’un « visa de travail américain ».
La mesure vise certaines nouvelles pétitions H-1B concernant des personnes situées hors des États-Unis. Des dérogations sont également prévues lorsque les autorités américaines estiment que le recrutement répond à l’intérêt national.
Une mesure actuellement bloquée par la justice
Autre élément majeur : le bras de fer judiciaire n’est pas terminé. Le 8 juin 2026, un juge fédéral du Massachusetts a invalidé le paiement de 100 000 dollars, estimant que l’exécutif avait créé une taxe sans autorisation du Congrès. L’administration a fait appel. Le 24 juillet, une cour fédérale d’appel a refusé de suspendre cette décision pendant la procédure.
Cela signifie qu’au moment où Donald Trump vient de prolonger politiquement le dispositif jusqu’en septembre 2027, son application reste confrontée à cet obstacle judiciaire. Parallèlement, l’administration cherche à mettre en place par voie réglementaire une charge permanente dépassant même légèrement les 100 000 dollars.
Pour les professionnels algériens intéressés par les États-Unis, le principal enjeu est donc moins de devoir eux-mêmes sortir 100 000 dollars que de savoir si leur futur employeur américain devra supporter cette somme pour les recruter. L’évolution de la bataille judiciaire sera déterminante pour savoir si cette barrière financière pourra effectivement être appliquée.