Zéro décès dû à la rage d’ici à 2030 : L’Algérie renforce son dispositif de prévention et de lutte

L’Algérie a réaffirmé son objectif «zéro décès» dû à la rage d’ici 2030 lors de la Journée mondiale contre la rage, placée sous le thème «Une seule santé, zéro décès».
Le pays enregistre encore une quinzaine de morts humains par an, dont 40 % d’enfants de moins de 15 ans, malgré la gratuité des vaccins et un dispositif multisectoriel en place depuis des décennies.
Le plan stratégique national 2023‑2027, élaboré avec l’OMS, s’articule autour de cinq axes : vaccination massive des chiens, contrôle des populations errantes, surveillance épidémiologique, prise en charge rapide des morsures et campagnes de sensibilisation.
L’OMS rappelle que la rage est quasi toujours mortelle dès l’apparition des symptômes, mais évitable par une vaccination préventive et un lavage immédiat de la plaie pendant 15 minutes.
Publié par
El Watan
Publié le
Article Original
Contenu complet de la source
Symptômes de la maladie : fièvre, myalgies, troubles digestifs, atteinte respiratoire pouvant évoluer vers un syndrome pulmonaire sévère.
La rage demeure endémique en Algérie, où le pays enregistre en moyenne 15 décès humains par an, dont plus de 40% concernent des enfants âgés de moins de 15 ans.» C’est ce qu’a affirmé le chef de cabinet du ministère de la Santé, le Dr Hadj Maâti Khalil Reda, lors de son allocution prononcée au nom du ministre de la Santé, le professeur Mohamed- Seddik Aït Messaoudane, à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale contre la rage. Selon lui, la rage demeure un défi de santé publique à l’échelle mondiale, étant donné que la maladie sévit dans plus de 150 pays et provoque près de 60 000 décès chaque année, dont la majorité survient en Asie et en Afrique. C’est pourquoi le ministre de la Santé a estimé que la célébration de cette Journée constitue une étape importante pour renouveler l’engagement à poursuivre les efforts nationaux visant à prévenir et combattre cette maladie, renforcer la sensibilisation à ses risques et à ses répercussions sur la santé publique, tout en mobilisant les différentes parties prenantes et en consolidant les comportements préventifs auprès des citoyens.
Célébrée le 28 septembre de chaque année, la Journée mondiale contre la rage est placée cette année sous le thème : «La rage : une seule santé, zéro décès», avec pour slogan national : «Ensemble pour l’élimination de la rage à l’horizon 2030». Transmise principalement à l’homme par la morsure d’un chien infecté, la rage demeure une maladie évitable, mais potentiellement mortelle. Dans ce sens, le ministre a insisté sur l’importance de poursuivre et de renforcer les mesures de prévention et de lutte, notamment à travers la vaccination efficace des animaux, la prise en charge rapide et appropriée des personnes exposées aux morsures, et la mise à disposition d’une prophylaxie post-exposition. «Il est tout aussi essentiel d’intensifier les campagnes d’information et de sensibilisation, notamment au profit des catégories les plus exposées au risque», a-t-il ajouté. En termes de prévention, le ministre a rappelé que l’Algérie mène, depuis plusieurs décennies, des actions soutenues de prévention et de lutte contre la rage. Parmi les principaux acquis, il y a, à titre d’exemple, la mise à disposition gratuite de vaccins sûrs et efficaces, permettant une prise en charge rapide des personnes exposées, ainsi que la mise en place d’un dispositif multisectoriel de prévention et de lutte contre les maladies transmissibles de l’animal à l’homme.
Le ministre de la Santé a également mis en avant le maintien d’un comité d’experts dédié à la rage, l’adoption de protocoles de prise en charge harmonisés à l’échelle nationale et la formation continue des professionnels de santé. «Tous ces acquis ont permis de consolider le dispositif national de prévention et de prise en charge de la maladie», a-t-il indiqué.
Outre ces actions, le ministre de la Santé a fait savoir que le Plan stratégique national multisectoriel de prévention et de lutte contre la rage pour la période 2023-2027 a conjointement été élaboré par son département et l’Organisation mondiale de la santé (OMS), et ce, conformément à la Stratégie mondiale visant à éliminer, d’ici 2030, les décès humains dus à la rage transmise par les chiens. Selon le premier responsable du secteur, ce plan repose sur l’approche : «Une seule santé», fondée sur l’interdépendance entre la santé humaine, la santé animale et l’environnement. «Et sachez que ce Plan s’articule autour de cinq axes stratégiques majeurs», a-t-il expliqué. Le premier est la vaccination de masse des chiens. Le second axe concerne le contrôle de leur population et la gestion du phénomène des chiens errants. Le troisième pilier de ce plan est, selon le ministre de la Santé, le renforcement de la surveillance épidémiologique.
Pour ce qui est du quatrième axe, il s’articule autour de la prise en charge rapide des victimes de morsures. Et enfin, le dernier pilier concerne l’organisation de campagnes nationales et locales d’information et de sensibilisation. Sachant que l’atteinte de l’objectif de «zéro décès humain dû à la rage d’ici 2030» nécessite, selon M. Aït Messaoudene, non seulement la conjugaison des efforts de l’ensemble des secteurs et organismes concernés, mais aussi le renforcement de la coordination et de la coopération, ainsi que l’implication active de la société civile et des citoyens dans les efforts de prévention et de lutte. Par ailleurs, le ministre a mis en exergue la mobilisation et la contribution de l’ensemble des secteurs, organismes et partenaires concernés, ainsi que de la société civile et des citoyens dans les efforts nationaux de prévention et de lutte contre la rage, saluant au passage l’appui technique et l’accompagnement de l’OMS, notamment dans l’élaboration du Plan stratégique national multisectoriel de prévention et de lutte contre la rage. «L’Algérie est pleinement engagée à poursuivre et à renforcer ses efforts, ainsi que la coordination multisectorielle, en vue de contribuer à l’atteinte de l’objectif mondial d’élimination des décès humains dus à la rage à l’horizon 2030», a-t-il conclu. S. O.
- Rage : ce qu’il faut savoir
«La rage est une zoonose virale qui affecte le système nerveux central et peut être prévenue par la vaccination», indique l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Celle-ci se transmet principalement par la salive d’un animal infecté, notamment à la suite d’une morsure ou d’une griffure, et demeure presque toujours mortelle dès l’apparition des symptômes cliniques. «Après une période d’incubation généralement de deux à trois mois, la maladie peut évoluer sous une forme furieuse ou paralytique», poursuit l’OMS. En effet, la rage se manifeste principalement sous ces deux formes. Sachant que la première (la forme furieuse) est marquée par une hyperactivité, une excitabilité, des troubles de la coordination, des hallucinations ainsi que l’hydrophobie et l’aérophobie, évoluant rapidement vers le décès. Pour ce qui est de la seconde forme (paralytique), celle-ci représente, selon l’OMS, environ 20% des cas humains et se caractérise par une paralysie progressive, un coma puis le décès. «Moins caractéristique, cette dernière forme est souvent difficile à diagnostiquer, contribuant ainsi à la sous-notification des cas», prévient l’OMS. C’est pourquoi en cas d’exposition à un animal potentiellement enragé, l’Organisation recommande de laver immédiatement la plaie à l’eau et au savon pendant au moins 15 minutes et de consulter rapidement un professionnel de santé.S. O.
Posez votre question à la rédaction
Votre question…
Prénom ou pseudo *
Adresse e-mail * Votre e-mail ne sera pas publié.
Votre question * 0/1000
Envoyer Annuler